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Méga-virus et bactéries : la crainte d’une super menace ?
Méga-virus et bactéries : la crainte d'une super menace ?
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7 février 2012 | 2 commentaires
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R. Bartet, 52 articles (Journaliste )

R. Bartet

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Méga-virus et bactéries : la crainte d’une super menace ?

Méga-virus et bactéries : la crainte d'une super menace ?

Le cinéma s’en fait l’illustration chronique…C’est au travers de films comme Contagion, Alerte, ou Resident Evil, entre fantasme et réalité, que le public peut découvrir à quoi ressemblerait le monde soumis à un virus supermortel et contagieux. En décembre dernier, des chercheurs néerlandais créaient en laboratoire un virus mutant issu de la souche H1N1, mais encore plus dangereux, créant l’inquiétude et la polémique. Dans le même temps, des bactéries résistantes aux antibiotiques se développent et font craindre le pire. Est-on aujourd’hui à l’abri d’une crise sanitaire à l’échelle mondiale ? Entre sur-médiatisation et craintes légitimes d’une recherche qui n’avance pas aussi vite que les virus ne mutent, pourrait-on un jour connaître le scénario du pire ?

Histoire de virus et de psychoses, risques réels de pandémies ?

En 2003, la peur s’installe. Le monde découvre le terme de pandémie avec le virus du SRAS ou Syndrome respiratoire aigu. Cette nouvelle forme de pneumonie virulente occasionne en quelques mois plus de 1600 cas et 58 décès. Elle s’éteint avant même que l’on ne trouve un vaccin efficace.

C’est ensuite au tour du virus H1N1 de faire parler de lui. Cette souche, non transmissible entre humain, mais hautement pathogène, sème la panique. Parti d’Asie, le virus se propage très rapidement au contact de voyageurs malades. En 2009, la France, comme de très nombreux autres pays, est victime d’une seconde épidémie et s’alarme des deux mutations du virus qui provoque des complications pulmonaires et tue des personnes jeunes et en bonne santé. Une nouvelle souche virale composée d’une mosaïque de gènes provenant de virus grippaux humains, aviaires et porcins est en cause.

En 2004, nouveau vent de panique. C’est cette fois ci la souche du H5N1 de type A qui est en cause. Mieux connue sous le nom de « grippe aviaire », le virus est principalement véhiculé par les oiseaux et canards sauvages. Seuls quelques rares cas sporadiques transmis des volatiles aux hommes surviennent en Asie du Sud-est. En 2008, seules 245 personnes avaient été touchées. Mais l’Organisation mondiale pour la santé (OMS) craint toujours une pandémie mondiale rendue possible par la migration des oiseaux. Les estimations les plus pessimistes évoquent le nombre de plusieurs centaines de millions de morts. Une mutation du virus qui pourrait le rendre aussi dangereux que l’épidémie de grippe de 1918, reste toujours à l’étude. C’est enfin le virus du Sida qui a menacé quant à l’émergence d’un « super virus du VIH ». En 2005, la communauté internationale découvre le cas d’un homme américain, la quarantaine, porteur d’une souche fulgurante du virus du sida. Ce cas exceptionnel fait craindre aux autorités l’apparition d’un super virus, résistant aux 3 classes thérapeutiques de médicaments et antiviraux. Sa résistance et sa virulence lui confèrent en effet un caractère inquiétant, mais resté sans suite quant à une éventuelle propagation à ce jour. 

Un virus hautement pathogène fabriqué en laboratoire

En décembre dernier, une nouvelle alerte survient, suscitant la polémique et l’inquiétude. Le Centre médical Erasmus de Rotterdam, spécialisé dans la grippe aviaire, a réussi à faire muter un virus grippal H5N1, créant ainsi les conditions de sa propagation d’homme à homme. Il s’agit de « l’un des plus dangereux virus que l’on puisse fabriquer  » selon les termes du scientifique qui en est son créateur, Ron Fouchier. Cet artefact est potentiellement très contagieux et mortel pour l’homme, ce qui lui vaut ce commentaire du président de l’Agence de biosécurité américaine : « Comparé à ce virus, l’anthrax ne fait plus du tout peur ». La démarche, si elle reste purement scientifique, fait couler beaucoup d’encre. Risque de détournement bio-terroriste, de fuite, rappelons qu’en 1977, le virus H1N1 s’était échappé d’un laboratoire, la communauté internationale craint un scénario dramatique. Faut-il garder ce virus pour en percer les secrets et ainsi aider la médecine, ou le détruire ?

De nombreuses molécules et virus les plus dangereux, comme la variole ou l’Ébola, sont conservés dans des laboratoires spéciaux, comme au P4 à Lyon. Leur rôle n’en est pas moins des plus importants : traquer les virus émergents et très pathogènes, comme le MIPA en Malaisie, au Bangladesh ou en Inde. « La plupart des virus dangereux sont déjà dans la nature » expliquait au Figaro, le mois dernier, Jean-Louis Manugerra, directeur d’intervention de la Cellule d’intervention biologique d’urgence à l’Institut Pasteur.

Dans un territoire globalisé où les virus sont partout, sans qu’aucune poche de résistance n’existe aujourd’hui, la crainte est aujourd’hui contagieuse, ce que nuance Bruno Lina, virologue à Lyon. « L’hospitalisation systématique de tous les cas de virus hautement pathogènes bloque la chaîne de transmission et fait baisser leur virulence » explique le scientifique qui doute de l’hypothèse catastrophiste selon laquelle l’humanité toute entière pourrait être décimée par une épidémie mortelle. D’autre part, notre système immunitaire nous protège, sauf si le virus mute, déclare Bruno Lina qui explique aussi que les virus, qui existent depuis la nuit des temps, ne sont pas en recrudescence, bien au contraire. Ce qui n’est pas forcément le cas des bactéries…

Bactéries multi résistantes : un problème de santé publique actuel

Elles s’appellent Escherichia Coli ou NDM-1 et sont redoutées des scientifiques. Les BMR ou Bactéries multirésistantes sont, à ce jour, aussi inquiétantes que les super virus qui se propagent. Elles seraient responsables de près de 25 000 morts par an au sein de l’Union européenne. Un rapport du Sénat sur la politique de lutte contre les infections nosocomiales de 2006 alarmait déjà : la France détient le record en Europe du taux de résistance aux antibiotiques : soit 50% pour la pénicilline et 28% pour la méticiline utilisée notamment pour lutter contre les staphylocoques dorés.

Or, à force de trop utiliser les antibiotiques, des bactéries connues et mutantes leur résistent aujourd’hui aisément. Largement prescrits pour traiter, parfois indistinctement bactéries ou virus et même utilisés de manière intensive dans l’élevage, les antibiotiques ont engendré des monstres ou super bactéries utilisant leur intelligence pour se défendre.

Le cas du NDM-1 en témoigne. Ce gène neutralise les antibiotiques, même les plus résistants, et s’introduit dans les bactéries. Il les rend ainsi quasi invincibles. Venues d’Inde, des entérobactéries au gène NDM-1 ont, l’an passé, été responsables d’un véritable fléau sanitaire. Elles ont en effet été identifiées chez des voyageurs de retour d’Asie après avoir subi une opération de chirurgie esthétique. Le tourisme médical pourrait bien favoriser la propagation rapide de ces bactéries qui causent, chez la plupart des patients, des infections urinaires ou respiratoires.

En 2011, une flambée épidémique meurtrière de la bactérie E-coli, nouvelle souche de la bactérie hautement toxique, a semé la terreur en Allemagne et démontré que personne n’était à l’abri d’une contamination mortelle. Contrairement aux virus, les bactéries sont moins transmissibles, mais peuvent rester potentiellement dangereuses, tel l’exemple de l’E-coli. Surtout lorsqu’elles arrivent à récupérer de l’ADN ou de la résistance à la virulence, en fonction du contexte dans lequel elles se trouvent afin de survivre plus longtemps.

Les bactéries deviennent donc de plus en plus difficiles à traiter, surtout lorsque les antibiotiques de première intention ne sont plus efficaces. Cette pharmacorésistance est un tel problème de santé publique que l’OMS a choisi en 2011 de mettre en avant le thème de la résistance aux antimicrobiens.

A l’horizon 2050, le nombre de personnes habitant en ville aura doublé à l’échelle du globe. Véritables incubateurs et vecteurs d’épidémies, notamment dans les pays en voie de développement, les villes sont aussi le foyer de maladies infectieuses qui se développent aujourd’hui à une vitesse difficilement maîtrisable.

D’autre part, virus et bactéries évoluent rapidement aujourd’hui. Plus rapidement que l’industrie pharmaceutique, prise de court et dont le temps nécessaire à la recherche n’est pas aussi rapide que celui mis par les bactéries pour progresser.
 

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Commentaires
2 votes
(IP:xxx.xx8.236.141) le 8 février 2012 a 09H23
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Bonjour,

"En 2003, la peur s’installe.", rectificatif : "on installe la peur"

Mr (ou Mme) l’auteur, votre article y participe grandement !

1 vote
par Se connecter (IP:xxx.xx2.31.234) le 8 février 2012 a 12H21
Se connecter (Visiteur)

Effectivement, cette fascination pour les "tueurs" invisibles (alors qu’en fait ce sont nos habitudes de vie dégénérées qui tuent) occulte les dégâts occasionnés par des tueurs visibles comme les corporamorpions, les banquo-parasites, les politocoques, les bactéries cérébrophages de la famille Media-Publicoli, etc.. l’essentiel de leur pouvoir est dans le plan du fantasme généré par la matrice fictionnelle, dont font partie les "oeuvres cinématographiques" citées par l’auteur au début de l’article. Un discours raisonnable serait de dire que mieux vaut prévenir que guérir, en s’astreignant à une bonne hygiène de vie avant d’aller se faire prescrire des anti-idiotiques ou de se faire vacci-niquer par un clerc en blouse blanche. Et manger de l’ail.