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Médecine : Que reste-t-il de nos erreurs ?
Médecine : Que reste-t-il de nos erreurs ?
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22 novembre 2012
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Médecine : Que reste-t-il de nos erreurs ?

Médecine : Que reste-t-il de nos erreurs ?

Nicholas, Raphaël, Capucine, trois prénoms d’enfants et trois histoires d’erreurs au cours d’un soin. A l’initiative de Dominique Davous, mère de Capucine, Nils Tavernier et Gil Rabier ont réalisé un documentaire dans les hôpitaux de l’AP-HP : Que reste-t-il de nos erreurs ? Familles et professionnels de santé témoignent pour lever les tabous sur l’erreur médicale et questionner les pratiques.

Réaliser un film sur ce thème pour former les professionnels est en soi une expérience. Quelle est l’histoire de ce documentaire ?

Dominique Davous : Au sein du groupe de travail « Parents et soignants face à l’éthique en pédiatrie » de l’Espace éthique de l’AP-HP, nous avons travaillé sur beaucoup de thématiques. Compte tenu de mon expérience propre, il m’a fallu près de quinze ans pour oser travailler en groupe l’erreur au cours d’un soin. Nous avons sollicité des témoins, à la fois des parents, et des équipes soignantes… Notre choix a été de positionner le film dans la notion de relation entre les équipes et les familles.
Nils Tavernier : Dominique Davous est une personne extraordinaire. Elle m’a beaucoup apporté, m’a permis de réfléchir sur cette question fondamentale : jusqu’où va la vérité ? J’ai voulu adopter une forme la plus simple, la plus neutre, rester sur les témoignages et les images. La remise en question, c’est déjà le plus gros du chemin.

Quels sont les messages essentiels ?

Dominique Davous : Tout d’abord, l’erreur n’est jamais celle d’un individu, c’est une chaîne. Des traitements ou des parcours complexes, de même que lorsque les équipes sont confrontées à des charges de travail importantes, sont des facteurs qui peuvent favoriser la survenue d’une erreur. Il peut aussi y avoir un manque d’attention des soignants aux signaux d’alerte lancés par les parents : écouter les parents, les croire quand il signale un problème chez leur enfant. Ensuite, il faut reconnaître l’erreur. Il doit y avoir des rencontres entre médecins, équipes et familles. La qualité de la relation initiale est déterminante dans le vécu de l’erreur. Dans mon cas personnel, les relations entre l’équipe soignante, Capucine et nous, les parents, étaient intenses et vraies. Cela a été très important. Après, il faut un accompagnement des parents, mais aussi des soignants. Il est possible de traverser ensemble une erreur.
Nils Tavernier : L’essentiel, c’est de préserver le lien entre les soignants et le patient, sa famille, de conserver une relation de confiance. Il n’y a pas de savoir absolu. Si le médecin se remet en question, l’équipe pourra aussi faire ce chemin Cela passe aussi pour les soignants notamment en acceptant sa propre fragilité, ses doutes, ses propres difficultés face à l’erreur.

 

Ce documentaire est un point de départ. Quel sera son prolongement ?

Nils Tavernier : C’est un outil de formation et de réflexion pour les soignants, qui peut contribuer à délier la parole.
Dominique Davous : Nous sommes déjà sollicités par des internes, des infirmières, des membres d’équipes hospitalières. L’espoir, c’est qu’il contribue à lever le tabou, le silence, qui est à l’origine de beaucoup de souffrances. Et pourquoi pas, faire ensuite un film pour le grand public.

Propos recueillis par Cyrienne Clerc

DVD disponible : erreurlefilm@gmail.com – 15 euros – 42 minutes – peut être présenté par séquences (Nicholas, Raphaël ou Capucine)

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Mots-clés :
Médecine