Médecine : Le problème des modes

Hier je demande à un sexagénaire :
" Vous avez des problèmes pour uriner ? Oui ? Je vous fais un PSA ( marqueur du cancer de la prostate). Car voyez-vous, il ne faut plus les faire systématiquement, ce n'est plus la mode.
- La mode en médecine ?
- Oui Monsieur ".
Et cette petite remarque a évoqué en moi un tas de trucs qui relèvent plus de la mode que du bon sens et du pragmatisme :
- Donner des hormones à toutes les femmes ménopausées comme on l'a fait pendant des années équivalait à dire que la ménopause est une maladie. heureusement non, j'avance doucement vers cet état et cela me déplairait d'être cataloguée comme relevant de traitements systématiques.
- Donner des benzodiazépines à tous les vieux sous prétexte qu'ils supportent mieux leur état de vieillesse, surtout en maison de retraite n'est pas une réussite : il y a des risques supplémentaires de chutes. Et concernant cette classe thérapeutique, l'AFSSAPS fait une grand étude sur la corrélation possible benzodiazépines-démences en tous genre.
- Mettre tous les enfants sur le dos sans se soucier des particularités de chacun est une hérésie : combien de mamans m'ont dit en sourdine " il dort sur le ventre, c'est la seule position qu'il tient sans pleurer".
- Et la diversification alimentaire : autrefois il fallait commencer à trois mois, puis à six mois afin de diminuer les allergies. Maintenant c'est à quatre mois, et j'ai lu une étude russe je crois, disant que plus tôt le bébé est diversifié, moins il développe d'allergies.
- Et les antibiotiques donnés à tout va en prévention, par exemple pour une grippe simple ; c'est fini, la Sécu a tiré la sonnette d'alarme parce que des résistances se multiplient.
- Pour les lombalgies autrefois il fallait respecter un repos strict au lit, y compris pour les phlébites, les jeunes accouchées devaient se reposer un temps certain, exit tout ça ! Et je n'ai pas parlé de l'allaitement, tantôt honnis, tantôt pratiquement obligatoire sous peine de regard désapprobateurs généraux !
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