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Médecin phobique et médecin en "burn-out" : que faire en tant que patient ?
Médecin phobique et médecin en "burn-out" : que faire en tant que patient ?
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1er juillet 2011 | 7 commentaires
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Martin Winckler, 23 articles (Médecin, Ecrivain)

Martin Winckler

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Médecin phobique et médecin en "burn-out" : que faire en tant que patient ?

Médecin phobique et médecin en "burn-out" : que faire en tant que patient ?

Un médecin est une personne comme une autre mais certains médecins ont systématiquement une attitude maltraitante (volontairement ou non).
En dehors des situations de stress, le fait qu’un médecin se comporte de manière désagréable, brutale, autoritaire, intrusive ou insultante n’est pas acceptable. Les gestes et attitudes maltraitants pratiqués systématiquement ne doivent pas être tolérés. Et ils correspondent, en première approximation, à plusieurs personnalités ou comportements précis, que je détaille dans ces articles. Cette liste n’est pas exhaustive et elle est bien sûr schématique. Un même médecin peut cumuler plusieurs types d’attitude maltraitante. Si vous connaissez d’autres archétypes de médecins maltraitants, vos témoignages sont les bienvenus.
Pour inaugurer cette typologie des médecins maltraitant, je parlerai de deux catégories de praticiens en nombre hélas croissant... mais qui ont des circonstances atténuantes. Ceux qui sont décrits ci-dessous sont maltraitants parce qu’ils sont ou ont été maltraités : je veux parler des médecins phobiques et des médecins en "burn-out".

Les médecins maltraitants, deuxième épisode
Lire l’épisode précédent : La maltraitance est un abus de pouvoir
 

Le médecin phobique

Il (ou elle, car le genre compte moins que la personnalité) voit tout en noir. Tout symptôme est inquiétant ; toute question posée par les patients est une remise en cause de ses compétences ; tout refus, même poli, de se plier à ses prescriptions est présenté comme une conduite suicidaire ; tout comportement du patient considéré comme étant « à risque » (je pense au tabac, à l’alimentation, au sexe multipartenaire) est immédiatement dénoncé comme mortel à court ou moyen terme. Bref, aux yeux du médecin phobique, le simple fait de traverser la rue est dangereux. Au point que vous vous demandez : « Est-ce que je devrais même prendre le risque de traverser la ville pour aller le consulter ? » Ce à quoi il va répondre : « Quoi ? Ne jamais aller consulter de médecin ? Vous voulez mourir d’un cancer sans le savoir ? »
 
J’exagère à peine.
 
Le médecin phobique n’a pas le même objectif que le médecin terroriste (voir plus bas) car il ne tient pas à maintenir le patient dans la crainte - et donc, dans sa dépendance. Son principal problème : il a peur de tout, et d’abord qu’on lui reproche d’être un mauvais médecin. C’est pour cela qu’il prescrit des prises de sang ou des ordonnances longues comme le bras et se décharge facilement de la demande du patient en l’adressant à un spécialiste.
 
Le médecin phobique a si peur qu’il peut avoir des effets contradictoires sur ses patients : s’il ne les inquiète pas encore plus qu’ils ne l’étaient avant d’entrer, il leur apparaît comme exagérément préoccupé, au point qu’ils essaient de le rassurer. Ce qui est tout de même l’inverse du but recherché : quand on consulte, ce n’est pas pour se trouver plus angoissé qu’on ne l’était en venant, ni contraint à calmer les angoisses du médecin !
 

Pourquoi un médecin est-il phobique ?

 
Ça peut être une phobie temporaire et récente  : il a commis une erreur - tout le monde en commet, mais il l’a très mal vécu. Peut être parce que le patient qui l’a subie le lui a reproché, mais peut être aussi parce que le médecin se le reproche tout seul, ce qui n’est pas mieux. Cette culpabilité (vous lirez le mot souvent dans ce texte, car la culpabilité est le sentiment le mieux partagé par les médecins et les patients...) le pousse à adopter une prudence exagérée. D’où les avertissements redoublés qu’il fait à ses patients : il veut les protéger contre eux-mêmes. Avec le temps, si le médecin n’a pas toujours été phobique, ça peut s’arranger.
 
Un médecin peut aussi être phobique depuis longtemps - et en particulier depuis ses études... - parce qu’il a appris à être comme ça ! En effet, s’il a subi de plein fouet les médecins terroristes (voir plus loin) qui abondent dans les hôpitaux, il a été déformé pour penser que s’il ne fait pas « tout bien comme on lui a dit », il va tuer quelqu’un. Ça ne peut pas l’aider à se détendre. L’une des choses qu’il redoute le plus (même si c’est très rare dans les faits) c’est qu’un patient lui fasse un procès pour n’avoir pas « tout bien fait ». Son problème, c’est qu’il croit qu’il est du côté des patients et cherche à les protéger alors qu’en réalité, c’est lui qu’il protège.
 
Le médecin phobique chronique est une proie aisée pour les marchands : il sera toujours tenté de prescrire les médicaments les plus récents, réputés « meilleurs et plus sûrs » ; s’il est spécialiste, il sera tenté de prescrire l’examen le plus récent, le plus sophistiqué et donc le plus cher. Il est sensible aux sirènes de l’industrie qui lui présentent leurs produits vedette en lui disant que c’est « ce qu’il y a de mieux pour les patients ». Les médecins phobiques peuvent, à force d’avoir peur, devenir eux aussi des médecins terroristes, par surcompensation. Ils harcèlent les patients « non obéissants », tyrannisent les personnes en surpoids, les fumeurs et dénoncent tout comportement à risque. Bref, ils sont insupportables.
 
Mais il ne faut pas oublier que le médecin phobique est essentiellement le produit d’une formation confiée à des professeurs de médecine autoritaires, conçue comme une course à la compétition et abandonnée (ou manipulée par) des industriels sans scrupules. Le seul moyen de se débarrasser des médecins phobiques est de former des soignants qui résistent à l’intimidation, à la culpabilisation, au terrorisme intellectuel et affectif.
 

Que faire quand on croise un médecin phobique ?

 
D’abord, garder à l’esprit ceci : tout ce qui a pour objectif de vous faire peur est nul et non avenu.
 
Tout discours inquiétant est contraire aux objectifs éthiques et pratiques des soignants, pour des raisons parfaitement compréhensibles : on ne (se) soigne pas correctement, on ne peut pas prendre des décisions sensées dans un climat de peur. Un médecin phobique est FORCEMENT un mauvais médecin et ses conseils d’hyperprudence sont FORCEMENT inadéquats. La phobie disqualifie (temporairement ou durablement) le médecin.
 
En pratique, de deux choses l’une :
 
  • si le médecin n’a pas toujours été phobique, et vous pouvez (voir plus haut) lui dire (ou lui écrire, si vous préférez) que de votre point de vue, son souci est excessif et ne vous aide pas ; vous pouvez aussi lui dire que vous ne lui demandez pas de vous protéger contre tout l’univers, mais seulement de vous aider à mieux vivre en prenant les problèmes de santé les uns après les autres. Dites-lui que vous vous faites suffisamment de souci pour vous, que son boulot n’est pas d’en rajouter, mais de vous soulager en vous aidant à faire la part des choses entre ce qui est urgent et ce qui peut attendre.(Le dernier article de ce feuilleton donne des conseils généraux pour rédiger cette lettre.) C’est une approche délicate, mais nécessaire si vous voulez que ce praticien se détende - et vous avec.
  • si le médecin est phobique depuis toujours, s’il cumule la phobie et le terrorisme (voir ci-dessous ce qui permet de distinguer un phobique terroriste d’un terroriste non phobique) il n’y a qu’une chose à faire : ne plus le consulter. Vous allez vous sentir bien mieux. Et, encore une fois, il faut lui écrire et lui dire pourquoi. Très précisément, en donnant des exemples. Il n’apprendra peut-être rien mais ça vous fera du bien, ça laissera une trace écrite, et en disant autour de vous que vous l’avez fait, vous inciterez à s’exprimer, avec ce médecin-là ou d’autres.

 

Le médecin en burn-out

 
Bon nombre de bons médecins sont surchargés de travail, surtout les généralistes et en particulier en milieu rural, du fait de la diminution de la densité médicale. Plus que les praticiens oeuvrant en ville, dans des spécialités plus faciles à organiser et mieux rémunérées, les médecins de famille sont contraints de voir beaucoup de patients et ce, pour plusieurs raisons : 1° ils exercent en première ligne dans des conditions de mauvaise qualité croissante ; de plus, en France, il est nécessaire de passer par eux pour qu’une visite spécialisée soit prise en charge par les assurances sociales ; 2° ils doivent faire face à beaucoup de demandes non médicales et à des pressions administratives (réquisitions pour gardes, par exemple) en nombre accru ; 3° ils trouvent de plus en plus difficilement des remplaçants (et ne peuvent donc pas prendre de vacances) ou des successeurs. La fatigue, les exigences administratives, la frustration de ne pas pouvoir vivre une vie de famille peuvent accentuer le ras-le-bol de ces praticiens qui sont, alors, pressés d’en finir avec chaque patient pour pouvoir passer au suivant et rentrer chez eux.
 
Ce sont des médecins qui n’écoutent plus (ou rarement) car ils sont en surcharge. Ou alors ils plaisantent sans arrêt, détournent la conversation, ne veulent pas entendre simplement ce qu’on leur confie. L’effet négatif de leur état sur les soins est net, et ils s’en rendent souvent compte, mais ils ne savent pas comment sortir de ce cercle vicieux. Ils ne regardent plus, n’examinent plus, répondent de manière irritée ou « à côté de la plaque », en faisant des remarques qui se veulent drôles mais ne le sont pas ; ils oublient ce qui a été dit ou ce qu’ils devaient faire, n’expliquent plus, se trompent ou, pire, démissionnent. De peur de faire mal (et par fatigue) ils en font de moins en moins. Ils sont maltraitants malgré eux, et leur culpabilité ne fait qu’aggraver la situation.
 

Que faire face à un médecin en burn-out ?

 
Il s’agissait autrefois d’un praticien attentif et soucieux de ses patients. Tout le monde autour de lui le sait. Si vous le connaissez depuis longtemps, vous devriez le lui dire. Pas en consultation, bien sûr, mais par écrit. Non sous la forme du reproche, mais pour exprimer votre inquiétude. Comme vous le feriez pour un ami. (Dans le dernier article, vous trouverez quelques conseils sur la manière de rédiger cette lettre.)
 
Ça ne l’aidera pas nécessairement à changer (il y a trop de pressions et de contraintes en jeu) mais ça attirera son attention sur le fait que vous n’êtes pas indifférent à son surmenage, en tant que personne. Et lorsqu’il vous verra arriver dans son cabinet, il aura le sentiment d’avoir affaire à quelqu’un qui comprend ses difficultés - ce qui allègera d’autant son sentiment de culpabilité et donc, sa tension.
 
De plus, une lettre bienveillante écrite par un patient régulier (et à fortiori, plusieurs lettres...) peut l’aider à repenser sa manière de travailler, ou à prendre les décisions radicales qu’il ne pouvait pas prendre. Bien sûr, le risque pour un praticien surchargé est toujours d’en venir à abandonner son métier. Mais, si regrettable que soit cette décision, elle est moins grave que l’erreur grave commise sur un(e) patient(e) ou le suicide (éventualité très fréquente chez les médecins homme en burn-out). Un bon médecin qui n’en peut plus devient un mauvais médecin, et il n’y peut rien, mais il s’en rend compte, et cette réalisation peut le conduire à la dépression, d’autant que les charges qui pèsent sur lui (familiales, financières, morales) ne prennent pas de vacances non plus.
 
Certes, le patient c’est vous, pas lui ; mais il n’est souhaitable ni pour lui, ni pour vous, ni pour ses autres patients, qu’il continue à exercer sans que quelqu’un lui dise qu’il va mal. Toutes proportions gardées, un médecin en burn-out est comme un médecin qui boit. Il souffre, et n’a plus de prise sur sa vie. Ne pas intervenir, c’est de la non-assistance à personne en danger. Si vous voulez qu’un médecin continue à soigner, il peut être nécessaire de l’inciter à prendre meilleur soin de lui-même.
 
Un médecin en burn-out illustre parfaitement la violence d’une médecine qui ne soigne pas, mais qui contraint tous ses acteurs de bonne volonté à des comportements contre-intuitifs, brutaux, à l’opposé de ce qu’est le soin.
 
Imaginez un corps de pompiers qu’on contraindrait à retourner chaque jour au travail sans avoir eu le temps de se reposer après une série d’incendies et vous comprendrez qu’en poussant des soignants trop dévoués parce que trop fragiles aux limites de ce qui leur est possible, le système de santé fonctionne avant tout une machine, et non comme un service à la population.
 
Prochain épisode : médecin silencieux, médecin égocentrique (le 2 juillet)
Dr Marc Zaffran (Martin Winckler)
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Commentaires
2 votes
par easy (IP:xxx.xx5.42.174) le 1er juillet 2011 a 14H30
easy (Visiteur)

J’apprécie ce genre d’examen où il est dit à la fois les mauvais comportements et les raisons, génèses ou excuses de ces dérives., où l’on ne stigmatise personne. Ca nous renvoie à nos responsabilités, à celles de chacun de nous dans tout ce qui se passe. Chacun de nous doit examiner sa part de responsabilité dans l’état du monde.

Cet article ne propose pas encore de recette pour nous entraider, patients et médecins, mais c’est tout de même un bon début.

L’entraide consisterait en quoi ? Disons que ça consisterait à dire à son médecin "Ahhh docteur, vous m’avez retiré le mauvais rein, le seul qu’il me restait de bon mais, vous êtes comme moi, un être humain faillible. Et rester humain est ce qu’il y a de plus important"

3 votes
par basta54 (IP:xxx.xx3.216.229) le 1er juillet 2011 a 17H25
basta54 (Visiteur)

Et que faire face à un médecin qui se fout de votre santé, vous prescrit trois fois lors de trois auscultations bâclées à une semaine d’intervalle un antibiotique différent chaque fois alors que vous souffrez en fait d’une allergie qui sera révélée par un bilan sanguin qu’il a finit par vous prescrire à contre cœur sur votre insistance ? Hein, que penser d’un tel médecin ?

1 vote
par Krokodilo (IP:xxx.xx3.53.66) le 1er juillet 2011 a 18H10
Krokodilo (Visiteur)

Intéressant, comme toujours. Et bravo pour l’usage de temps à autres du terme "surmenage", malheureusement banni des médias au profit du jargon anglobranché à la mode, alors que le burn-out, ne veut rien dire d’autre. Le médecin phobique n’est finalement que la forme excessive d’une attitude nécessaire, la vigilance : peut-être est-il excessif de penser que "Tout symptôme est inquiétant ;" mais garder à l’esprit que tout symptôme est peut-être à intégrer dans une pathologie, c’est le pain quotidien, et l’inquiétude quotidienne selon le curseur de chacun. De même, en prenant en charge les maux en tout genre, y compris le grand âge et les soins palliatifs, voire parfois du social, on est bien placés pour savoir que la vie est dangereuse... comme d’ailleurs d’autres professions, pompiers, secouristes, gendarmes. Y a de quoi devenir phobique !

1 vote
par zelectron (IP:xxx.xx0.183.221) le 1er juillet 2011 a 21H27
zelectron (Visiteur)

...et les dentistes à la roulette baladeuse vous abîmant une dent saine ... ?

2 votes
par Laratapinhata (IP:xxx.xx6.69.213) le 2 juillet 2011 a 02H39
Laratapinhata (Visiteur)

Curieusement, dans l’Hérault, je n’ai jamais rencontré de médecins de campagne tels que vous les décrivez... est-ce une particularité géographique ? En revanche, en Paca, où nous avons une des plus forte densité médicale, en ville, oui...la plupart des médecins sont pressés, sinon surmenés,... ils vous expédient le plus rapidement possible... et surtout on a l’impression qu’ils ne connaissent que les pathologies des personnes âgées...

0 vote
par Plus_robert_que_Redford (IP:xxx.xx4.70.223) le 2 juillet 2011 a 11H11
Plus_robert_que_Redford (Visiteur)

J’ai toujours été stupéfié par la non-volonté des médecins à consentir à l’exercice en commun. Ce qui permet de mutualiser et déléguer nombre de tâches administratives et de secretariat, qui, vous en conviendrez je pense, facilite grandement la baisse de tension au travail, ainsi que l’organisation de celui-ci, c’est à dire des congés réparateurs... Je ne dis pas que c’est LA solution du problème, mais elle contribue grandement à l’amélioration des conditions de travail, avec l’incomparable avantage de pouvoir envisager les périodes d’indispensable remise à niveau/formation dont tout le monde nous rebat les oreilles par ces temps... Mais, pour ça, il faut évidemment : 1° mettre une sourdine à son égo 2° accepter de donner un peu de sous pour financer des infrastructures ou du personnel...

1 vote
par clostra (IP:xxx.xx4.233.109) le 2 juillet 2011 a 11H47
clostra (Visiteur)

et s’il pouvait s’agir d’une orientation d’esprit, d’un partage des connaissances... La visite commencerait non pas par un examen, un interrogatoire, mais bien plutôt par :

"de quoi pensez-vous souffrir ? " ou "que pensez-vous qui puisse vous soulager ?"

Partir de l’imaginaire du patient, c’est le début d’un dialogue, d’autant que on sait que la patient "sait" de quoi il souffre (pas un savoir "universitaire" mais inhérent), s’en suivrait une discussion utile, profitable à tous les deux, une prescription adaptée et acceptée, et, pour le médecin, une augmentation de ses connaissances du malade avant même "de la maladie". Chacun prenant sa part aux décisions.

Pour citer l’exemple auquel je pense : il s’agissait d’une personne suivie par deux médecins à raison d’une visite tous les 15 jours. Son généraliste lui ayant dit qu’il ne pouvait rien de plus pour elle, sans qu’on sache vraiment ce qu’il lui faisait qui puisse la guérir...Son neurologue la suivant pour des conversations ou ajustement de traitement "anxiolytiques" (qui la "tuait" progressivement sans qu’elle "ose" avouer qu’elle trainait depuis plusieurs semaines du sang dans les selles...)

Assise près d’elle, je lui pose la question : "Maman, que penses-tu qu’il faille faire ?" étonnement de sa part, il y avait probablement bien longtemps que plus personne ne lui avait posé une telle question, et ce jour-là, elle allait bien mal !

Elle me répond "Je ne sais pas...peut-être une transfusion sanguine ?" aussitôt, je courre chercher ses derniers examens de laboratoires après avoir scruté le bord inférieur interne de ses paupières : livide. Maman m’avait appris ça quand j’étais enfant, alors que les fichus examens de laboratoire n’existaient pas, une époque où les médecins auscultaient en plaçant un mouchoir de baptiste sur le dos de leur patient avant d’y appliquer leur "timbale"

Elle devait voir son neurologue le surlendemain. Je lui dit "tu as raison. La première chose que tu vas demander à ton neurologue est de te prescrire un examen d’hématologie"

Le surlendemain, elle était hospitalisée et on lui passait de nombreux culots de sang. Puis on a cherché d’où elle saignait. Evidemment, il était trop tard...

Aucun de ces deux médecins n’avait songé à lui poser la bonne question !