Médecin phobique et médecin en "burn-out" : que faire en tant que patient ?

Médecin phobique et médecin en "burn-out" : que faire en tant que patient ? |
Un médecin est une personne comme une autre mais
certains médecins ont systématiquement une attitude maltraitante
(volontairement ou non).
En dehors des situations de stress, le fait
qu’un médecin se comporte de manière désagréable, brutale, autoritaire,
intrusive ou insultante n’est pas acceptable. Les gestes et attitudes
maltraitants pratiqués systématiquement ne doivent pas être tolérés. Et
ils correspondent, en première approximation, à plusieurs personnalités
ou comportements précis, que je détaille dans ces articles. Cette liste
n’est pas exhaustive et elle est bien sûr schématique. Un même médecin
peut cumuler plusieurs types d’attitude maltraitante. Si vous connaissez
d’autres archétypes de médecins maltraitants, vos témoignages sont les
bienvenus.
Pour inaugurer cette typologie des médecins
maltraitant, je parlerai de deux catégories de praticiens en nombre
hélas croissant... mais qui ont des circonstances atténuantes. Ceux qui
sont décrits ci-dessous sont maltraitants parce qu’ils sont ou ont été
maltraités : je veux parler des médecins phobiques et des médecins en "burn-out".
Le médecin phobique
Pourquoi un médecin est-il phobique ?
Que faire quand on croise un médecin phobique ?
- si le médecin n’a pas toujours été phobique, et vous pouvez (voir plus haut) lui dire (ou lui écrire, si vous préférez) que de votre point de vue, son souci est excessif et ne vous aide pas ; vous pouvez aussi lui dire que vous ne lui demandez pas de vous protéger contre tout l’univers, mais seulement de vous aider à mieux vivre en prenant les problèmes de santé les uns après les autres. Dites-lui que vous vous faites suffisamment de souci pour vous, que son boulot n’est pas d’en rajouter, mais de vous soulager en vous aidant à faire la part des choses entre ce qui est urgent et ce qui peut attendre.(Le dernier article de ce feuilleton donne des conseils généraux pour rédiger cette lettre.) C’est une approche délicate, mais nécessaire si vous voulez que ce praticien se détende - et vous avec.
- si le médecin est phobique depuis toujours, s’il cumule la phobie et le terrorisme (voir ci-dessous ce qui permet de distinguer un phobique terroriste d’un terroriste non phobique) il n’y a qu’une chose à faire : ne plus le consulter. Vous allez vous sentir bien mieux. Et, encore une fois, il faut lui écrire et lui dire pourquoi. Très précisément, en donnant des exemples. Il n’apprendra peut-être rien mais ça vous fera du bien, ça laissera une trace écrite, et en disant autour de vous que vous l’avez fait, vous inciterez à s’exprimer, avec ce médecin-là ou d’autres.
Le médecin en burn-out
Que faire face à un médecin en burn-out ?
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J’apprécie ce genre d’examen où il est dit à la fois les mauvais comportements et les raisons, génèses ou excuses de ces dérives., où l’on ne stigmatise personne. Ca nous renvoie à nos responsabilités, à celles de chacun de nous dans tout ce qui se passe. Chacun de nous doit examiner sa part de responsabilité dans l’état du monde.
Cet article ne propose pas encore de recette pour nous entraider, patients et médecins, mais c’est tout de même un bon début.
L’entraide consisterait en quoi ? Disons que ça consisterait à dire à son médecin "Ahhh docteur, vous m’avez retiré le mauvais rein, le seul qu’il me restait de bon mais, vous êtes comme moi, un être humain faillible. Et rester humain est ce qu’il y a de plus important"

Et que faire face à un médecin qui se fout de votre santé, vous prescrit trois fois lors de trois auscultations bâclées à une semaine d’intervalle un antibiotique différent chaque fois alors que vous souffrez en fait d’une allergie qui sera révélée par un bilan sanguin qu’il a finit par vous prescrire à contre cœur sur votre insistance ? Hein, que penser d’un tel médecin ?

Intéressant, comme toujours. Et bravo pour l’usage de temps à autres du terme "surmenage", malheureusement banni des médias au profit du jargon anglobranché à la mode, alors que le burn-out, ne veut rien dire d’autre. Le médecin phobique n’est finalement que la forme excessive d’une attitude nécessaire, la vigilance : peut-être est-il excessif de penser que "Tout symptôme est inquiétant ;" mais garder à l’esprit que tout symptôme est peut-être à intégrer dans une pathologie, c’est le pain quotidien, et l’inquiétude quotidienne selon le curseur de chacun. De même, en prenant en charge les maux en tout genre, y compris le grand âge et les soins palliatifs, voire parfois du social, on est bien placés pour savoir que la vie est dangereuse... comme d’ailleurs d’autres professions, pompiers, secouristes, gendarmes. Y a de quoi devenir phobique !

Curieusement, dans l’Hérault, je n’ai jamais rencontré de médecins de campagne tels que vous les décrivez... est-ce une particularité géographique ? En revanche, en Paca, où nous avons une des plus forte densité médicale, en ville, oui...la plupart des médecins sont pressés, sinon surmenés,... ils vous expédient le plus rapidement possible... et surtout on a l’impression qu’ils ne connaissent que les pathologies des personnes âgées...

J’ai toujours été stupéfié par la non-volonté des médecins à consentir à l’exercice en commun. Ce qui permet de mutualiser et déléguer nombre de tâches administratives et de secretariat, qui, vous en conviendrez je pense, facilite grandement la baisse de tension au travail, ainsi que l’organisation de celui-ci, c’est à dire des congés réparateurs... Je ne dis pas que c’est LA solution du problème, mais elle contribue grandement à l’amélioration des conditions de travail, avec l’incomparable avantage de pouvoir envisager les périodes d’indispensable remise à niveau/formation dont tout le monde nous rebat les oreilles par ces temps... Mais, pour ça, il faut évidemment : 1° mettre une sourdine à son égo 2° accepter de donner un peu de sous pour financer des infrastructures ou du personnel...

et s’il pouvait s’agir d’une orientation d’esprit, d’un partage des connaissances... La visite commencerait non pas par un examen, un interrogatoire, mais bien plutôt par :
"de quoi pensez-vous souffrir ? " ou "que pensez-vous qui puisse vous soulager ?"
Partir de l’imaginaire du patient, c’est le début d’un dialogue, d’autant que on sait que la patient "sait" de quoi il souffre (pas un savoir "universitaire" mais inhérent), s’en suivrait une discussion utile, profitable à tous les deux, une prescription adaptée et acceptée, et, pour le médecin, une augmentation de ses connaissances du malade avant même "de la maladie". Chacun prenant sa part aux décisions.
Pour citer l’exemple auquel je pense : il s’agissait d’une personne suivie par deux médecins à raison d’une visite tous les 15 jours. Son généraliste lui ayant dit qu’il ne pouvait rien de plus pour elle, sans qu’on sache vraiment ce qu’il lui faisait qui puisse la guérir...Son neurologue la suivant pour des conversations ou ajustement de traitement "anxiolytiques" (qui la "tuait" progressivement sans qu’elle "ose" avouer qu’elle trainait depuis plusieurs semaines du sang dans les selles...)
Assise près d’elle, je lui pose la question : "Maman, que penses-tu qu’il faille faire ?" étonnement de sa part, il y avait probablement bien longtemps que plus personne ne lui avait posé une telle question, et ce jour-là, elle allait bien mal !
Elle me répond "Je ne sais pas...peut-être une transfusion sanguine ?" aussitôt, je courre chercher ses derniers examens de laboratoires après avoir scruté le bord inférieur interne de ses paupières : livide. Maman m’avait appris ça quand j’étais enfant, alors que les fichus examens de laboratoire n’existaient pas, une époque où les médecins auscultaient en plaçant un mouchoir de baptiste sur le dos de leur patient avant d’y appliquer leur "timbale"
Elle devait voir son neurologue le surlendemain. Je lui dit "tu as raison. La première chose que tu vas demander à ton neurologue est de te prescrire un examen d’hématologie"
Le surlendemain, elle était hospitalisée et on lui passait de nombreux culots de sang. Puis on a cherché d’où elle saignait. Evidemment, il était trop tard...
Aucun de ces deux médecins n’avait songé à lui poser la bonne question !






