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Marsha Linehan, ancienne Borderline, devenue thérapeute
Marsha Linehan, ancienne Borderline, devenue thérapeute
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9 septembre 2011 | 8 commentaires
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Tichote, 28 articles (Rédacteur)

Tichote

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Marsha Linehan, ancienne Borderline, devenue thérapeute

Marsha Linehan, ancienne Borderline, devenue thérapeute

Vous connaissez peut-être mes recherches dans le domaine des thérapies proposées aux Borderline. Ce qui me pousse à comprendre cette maladie, c’est que je me refuse à admettre l’issue fatale de ces patients.

Ma fille Céline n’a pas trouvé de thérapeute capable de lui venir en aide. Elle s’est pendue dans son petit appartement en ce sinistre jour du 30 août 2005.

Comme toutes les familles endeuillées par un drame, mon combat est de dire : « Plus jamais ça », comme si, moi, petite bonne femme de 54 ans, j’avais le pouvoir d’agir. Cet été, je suis tombée par hasard sur cette information : Le 23 juin 2011 Marsha Linehan, célèbre psychothérapeute, révélait au New York Times qu’elle avait été Borderline.

Je comprends mais ne parle pas l’anglais. Et pourtant, il me fallait à tous prix connaître le contenu de cet article du New York Times. Pourquoi ? Parce que le parcours du docteur Marsha Linehan est une source d’espoir.

Alors je me suis astreinte patiemment à tenter de saisir le sens des propos du Docteur Linehan, et je vous propose une traduction, sans doute imparfaite, mais qui je le crois, est fidèle à l’esprit de cet interview.

 

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La révélation du Docteur Linehan donne plus de poids encore à son combat et à ses recherches depuis les années 1980 qui ont permis de proposer aux patients Borderline une thérapie comportementale la TCD (Théraphie Comportementale Dialectique), dont le nom original est DBT (Dialectical Behavior Therapy)

Je m’engage également à aborder prochainement dans un article la thérapie comportementale élaborée par le Docteur Linehan.

Qui est Marsha Linehan ? Cette dame de 68 ans est « chercheur » en psychologie à l’Université de Washington et créatrice de ce traitement, la TCD, utilisé dans le monde entier pour des personnes gravement suicidaires.

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Elle porte encore les stigmates de son passé de Borderline, entrevus par le journaliste qui pratique l’interview. Il décrira un macramé fané des brûlures, des coupures et des contusions sur le bras du Docteur Linehan.

Dans le passé, Marsha était une patiente très perturbée qui sera hospitalisée en 1961/1962/1963 durant 26 mois. «  J’ai été en enfer » dira-t-elle.

Plusieurs années après avoir quitté l’hôpital, elle errera comme une désespérée de 20 ans à qui les médecins ont donné peu de chance de survivre. Les tentatives de suicide s’enchainent et avec elles, de nouvelles hospitalisations.

Mais Marsha veut s’en sortir et déménage encore. Cette fois, elle trouve un emploi comme commis dans une compagnie d’assurance. Parallèlement elle commence à prendre des cours du soir à l’Université Loyola.

Très croyante, Marsha se rendait fréquemment dans une chapelle du centre de retraite Cénacle. Elle raconte : « Une nuit, j’étais à genoux là, regardant la croix et tout l’endroit est devenu de l’or, et soudain j’ai senti quelque chose venir vers moi. J’ai couru vers ma chambre et pour la 1ére fois je me suis parlé à moi-même à la première personne : "je m’aime". A partir de ce jour je me suis senti transformée ».

Pendant un an, elle a travaillé sur ses sentiments de dévastation et est arrivée à sentir la naissance de ses tempêtes émotionnelles et a appris à y faire face par une meilleure connaissance de soi.

Il lui a fallu des années d’études en psychologie durant lesquelles elle a obtenu un doctorat à Loyala en 1971 pour comprendre sa métamorphose. En surface, elle s’était acceptée comme elle était. Cette acceptation est devenue de plus en plus importante lorsqu’elle a commencé à travailler avec des patients, d’abord dans une clinique accueillant des « suicidants » à Buffalo, puis plus tard en tant que chercheur.

Elle refusait l’issue fatale et voulait convaincre qu’une thérapie pouvait permettre d’acquérir de nouveaux comportements, apprendre à réagir différemment… Mais les gens profondément suicidaires, même s’ils ont en eux une volonté de changer, ont trop souvent échoué. L’approche de Marsha impose un nouveau raisonnement : le comportement de ces personnes en grande souffrance est logique.

Le Docteur Linehan met en lien deux postulats :

  - L’acceptation de la vie telle qu’elle est, non telle qu’elle est censée être.

 - La nécessité de changer, en dépit de cette réalité.

Elle testera scientifiquement sa théorie dans le monde réel. « J’ai décidé d’aider les gens « supersuicidal » parce que ce sont les gens les plus misérables du monde. Ils se pensent mauvais et j’ai compris qu’ils ne l’étaient pas. Je l’ai compris parce que je suis passé dans l’enfer de la souffrance, sans espoir de m’en sortir ».

Elle choisit de traiter les personnes diagnostiquées pour troubles de personnalité limite, affection encore mal comprise, caractérisée par des comportements de mise en danger ; autodestruction, automutilation. Elle le fait sous forme d’un engagement réciproque auprès de ces personnes : s’engager à suivre la thérapie jusqu’au bout pour obtenir la chance de vivre. Elle dira « La thérapie ne fonctionne pas avec les gens qui sont déjà morts dans leur être intérieur ».

Le docteur Linehan gravira les échelons académiques en passant de l’université catholique d’Amérique à l’université de Washington en 1977.

Des études dans les années 1980 et 1990 ont été réalisées prouvant les progrès d’une centaine de patients Borderline à risque élevé de suicide qui avaient suivi une thérapie comportementale dialectique (TCD) lors de séances hebdomadaires. Comparativement à d’autres thérapies, les patients font moins de tentatives de suicide, reviennent moins souvent en milieu hospitalier.

La TCD est maintenant largement utilisée pour des patients tenaces (car la thérapie est longue), y compris des mineurs délinquants, mais aussi des personnes souffrant de troubles alimentaires et/ou de toxicomanie.

Capable désormais à 68 ans de parler de sa propre expérience après des années de secret, le Docteur Marsha Linehan se dit désormais très heureuse.

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Commentaires
4 votes
par jeanb (IP:xxx.xx5.218.6) le 11 septembre 2011 a 15H41
jeanb (Visiteur)

Nous sommes dans une époque très trouble, peu de gens comprennent l’évidence de tous ces troubles psychiatriques... je suis moi même un cas très spécial et j’ai compris que ma folie était en réalité une envie de vouloir guérir, guérir d’un conditionnement puissant que la société exerce sur nos esprits depuis notre plus jeune age, nous poussant à voir le monde sous l’angle de "la normalité", nous la cherchons partout cette normalité, sans comprendre que nous sommes des êtres uniques conçut pour être libres, forcés d’entrer dans un moule trop glacé, trop étroit pour notre immense et bouillonnante sensibilité ...L’adulte n’est qu’ être dressé, qui n’a plus le droit de courir aussi spontanément qu’un enfant...nous n’avons plus le droit de battre des bras en marchant aussi spontanément qu’un enfant...nous ne pouvons plus nous émerveiller devant un papillon au risque de passer pour un demeuré...l’enfant et l’adulte ne sont qu’une "invention". nous somme au départ un être qui vois une mutation cérébrale lors de sa maturité sexuelle et c’est tout...l’adulte est un costume dans lequel on nous fait rentrer de force, mais qui n’existe pas, il n’y a en tout et pour tout, qu’un être sensible, il n’y a ni enfant, ni adulte, ni adolescent...ces étapes sont des inventions qui nous divisent et nous compartimente intérieurement.

Chaque être dans l’enfance a s sexualité parfaitement équilibrée et épanouie. Oui l’enfant exprime sa sexualité dans bien des domaines et ce avec un équilibre que ne possède plus "l’adulte"... A l’adolescence, il faut rentrer dans le moule et les seules zones d’expressions de notre sensibilités qu’ils nous restent, sont la musique, les drogues et le sexe.... et devinez à quoi passe son temps l’adolescent ? N’est ce pas flagrant ? la société ne nous laisse le droit de s’exprimer que dans les zones aménagées et contrôlées. On ne peut plus taper avec une branche de noisetier dans les feuilles sur le chemin qui mène à l’école...on ne peut plus être ce que l’on est... Très vite notre mental finit par entrer dans un sommeil profond qui nous permet de tolérer cette vie pré-calculée...et nous nous oublions.

J’ai étudié l’esprit humain au travers du miens, traversant aussi les enfers. ce que dis cette psychiatre, vous le trouverez dans les philosophies orientales. Connais toi, toi même ! "Accepter ce qui est" et "s’aimer" et j’ajouterais.." trouver l’autorité", car il n’y a qu’une seule personne qui à le droit de régir votre vie, une seule !

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par Tichote (IP:xxx.xx8.224.161) le 12 septembre 2011 a 22H32
Tichote, 28 articles (Rédacteur)

Je suis très émue par ce commentaire et par sa conclusion

1 vote
par Claire de Ruisseau (IP:xxx.xx1.57.101) le 13 septembre 2011 a 15H57
Claire de Ruisseau (Visiteur)

Il y a 6 ans mon mari décède et j’engage qq pour faire mon jardin. Il s’avère un Borderline profond.

Un passé très malheureux. Je me dis pourquoi pas l’aider et petit à petit la confiance règne entre nous.

Je suis artiste peintre maintenant et je lui ai transmis mon savoir faire.

Il est très doué et celà lui donne confiance, il voit qu’il existe. Même si encore tjs il se sousestime.

Mais surtout en vivant dans un certain harmonie et on le laissant assumer sa vie. Sommes tout, il vie à côté de moi. Le partage n’est pas obligatoire et j’essaye de le stimulé, quand il veut entreprendre quelque chose. Le rassurer qu’il a bcp de qualité, qu’il n’est pas un emmerdeur, qu’il a le droit d’être tel qu’il est.

Je ne peux pas tout expliquer ici, mais avec "l’amour" on peut faire des miracles. Je suis sa boué, celle qu’il" engueulle " auquelle il s’exuse. Quand il est de mauvaise humeur, je sais qu’il sort son mal-être ? Mais c’est vrai, il faut presque être "une sainte" pour vivre à côté" d’un Borderline. Parfaitement d’accord que c’est la société "tordu" qui crée tous les malades psychologique.

Société de consommation, appât du gain !!

Vive , celui qui ose dire "stop" ! et rester lui même au lieu "d’un mouton de Panurche !! "

1 vote
(IP:xxx.xx9.204.202) le 8 janvier 2012 a 00H27
 (Visiteur)

"il faut presque être "une sainte" pour vivre à côté" d’un Borderline. " je ne crois pas que cela s’applique à tous les border... quand à la société de consommation, il faut voir dans quelle mesure nous y contribuons à la maintenir...

1 vote
par Béatrix (IP:xxx.xx2.77.240) le 5 juillet 2014 a 19H15
Béatrix (Visiteur)

Ma fille de 18 ans a été diagnostiquée borderline après 3 ans à passer d’hôpital en hôpital pour anorexie, dépression etc...Elle a arrêté toute scolarité depuis la fin du 1er trimestre de seconde. Je suis à la recherche d’un psychothérapeute qui pourrait l’aider. Où chercher, sachant que j’habite Bordeaux ?

Existe t’il des lieux autres que les hôpitaux et cliniques traditionnels pour aider ces personnes ?

Merci de toute aide

1 vote
par Angélique (IP:xxx.xx1.53.201) le 21 août 2015 a 20H41
Angélique (Visiteur)

Bonjour, Il y a beaucoup de confusion et des erreurs diagnostics entre Borderline et Hypersensibilité. Il se peut que votre fille soit juste une hypersensible qui s’ignore et en plus, Haut Potentiel - voir sur youtube : Dr Perrine Vandamme https://youtu.be/AYh5LygPBs4 Bonne chance pour trouver un thérapeute qui sache faire la différence. Je vous conseille de lire : "Ces gens qui ont peur d’avoir peur" de Elaine Aron et "Cerveau droit, cerveau gauche" de Béatrice Milletre.

Meilleures salutations

0 vote
par Camel (IP:xxx.xx3.243.50) le 26 octobre 2015 a 04H19
Camel (Visiteur)

Enfin quelqu’un qui pense comme moi. Il y a de bon et moins bon thérapeute. En trouver un qui sache faire la différence est difficile. Merci Angélique pour les suggestions de livres. Moi je suis d’accord pour l’importance de différence entre les 2 cotés du cerveau Un livre pour moi d’une révélation est Dr. Allan Schore Affect Dysregulation and disorders of the self.

0 vote
par Camel (IP:xxx.xx3.243.50) le 26 octobre 2015 a 04H08
Camel (Visiteur)

Pour moi cet auteur psychologue est une révélation tardive je l’avoue . Je commence à voir sa son parcours et je vais très certainement acheter ces livres. Rien ne vaut plus que de lire le parcours de quelqu’un ayant passé par cette maladie et en retirer du positif et de l’espoir.