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Mal connue, la schizophrénie fait encore peur
Mal connue, la schizophrénie fait encore peur
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19 mars 2010
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Institut Lily, 1 article (Association)

Institut Lily

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Mal connue, la schizophrénie fait encore peur

Mal connue, la schizophrénie fait encore peur

« La schizophrénie peut faire peur, c’est une maladie difficile à aborder avec un patient et son entourage », c’est ce que pensent 78 % des médecins d’après une enquête IFOP réalisée pour l’Institut Lilly. Ils sont plus d’un quart (28%) à reconnaître leurs réticences à prendre en charge des patients sous antipsychotiques, évoquant alors le manque de connaissance de la maladie, des symptômes ou encore du comportement à adopter vis-à-vis du patient. Les résultats de cette enquête menée auprès de professionnels de santé, toutes spécialités médicales confondues, confirment que la schizophrénie fait l’objet d’une stigmatisation importante.

La schizophrénie, une maladie très fréquente et, malgré tout, encore très stigmatisée

Mal connue du grand public, la schizophrénie est une maladie souvent associée à de nombreux préjugés erronés, que viennent renforcer les agressions impliquant des personnes atteintes de ce trouble mental. Il s’agit pourtant d’une maladie très fréquente, qui touche 1% de la population, soit 400 000 personnes en France.

D’après l’enquête IFOP/Institut Lilly1 (réalisée du 22 au 25 février 2010), près des trois quarts des médecins français comptent parmi leur patientèle des personnes atteintes de maladies mentales (71%), et la moitié d’entre eux soigne des patients diagnostiqués schizophrènes (51%). Plus d’un quart (28%) de ces médecins déclarent être réticents à prendre en charge des patients sous antipsychotiques (que le diagnostic de schizophrénie soit connu ou non). Pour la moitié d’entre eux, cette réticence vient d’une connaissance insuffisante de la maladie, 12% mettent en avant le fait que les malades atteints de schizophrénie peuvent parfois être violents et 10% disent ignorer le comportement à adopter face à ce type de patients.

La méconnaissance de cette maladie et la crainte du public sont autant d’éléments qui viennent stigmatiser la schizophrénie et les personnes qui en souffrent. Or, les conséquences et les risques liés à cette méconnaissance sont lourds : le retard de prise en charge qui en découle aggrave en effet les symptômes et le risque de rechute, et accentue l’isolement social.

Informer le grand public peut contribuer à lever les peurs collectives et individuelles liées à cette maladie, et favoriser ainsi le recours au soin, diminuer la crainte des traitements et dépasser l’idée d’incurabilité.

 

Qu’est-ce que la schizophrénie ?

La schizophrénie est un trouble psychique caractérisé par une perturbation du processus de la pensée, du comportement et des émotions. Issu du grec schizo et phrénia, qui signifient respectivement « scinder » et « esprit », le terme schizophrénie est souvent utilisé de manière impropre et considéré à tort comme un dédoublement de la personnalité. La schizophrénie est une dissociation entre les perceptions et les croyances d’une part, et le monde réel d’autre part1. Cette perte d’unité du psychisme associée à une impression d’être assailli d’informations que le patient ne peut ni intégrer ni filtrer.
 

Quels sont les symptômes de la schizophrénie ?

Les symptômes de la schizophrénie sont principalement de trois ordres2 :
 
1- Les symptômes dits « positifs » sont les plus évocateurs. Ils se composent d’idées délirantes, correspondant à des idées fausses élaborées pour la plupart autour des thèmes de persécution, et d’influence (la personne est convaincue d'être sous l'emprise d'une force étrangère), et d’hallucinations (le plus souvent auditives, mais aussi visuelles, olfactives, tactiles, et psychiques).
 
2- A ces manifestations les plus visibles s’associent les symptômes dits « négatifs » ; ils sont tout aussi invalidants. Ils se traduisent par un isolement social (repli sur soi, perte d’initiative et d’investissement…) et un émoussement affectif et émotionnel, dont l’impact sur le pronostic de la schizophrénie est majeur.
 
3- Enfin, les spécialistes décrivent des symptômes dits de désorganisation qui se manifestent par des troubles du cours de la pensée (ex : arrêt brusque du discours), des troubles de l’élocution, l’expression d’émotions, discordantes (sourire lors de l’évocation d’une émotion triste, etc...)
 

Quelles sont les causes de la schizophrénie ?

Il n’existe pas de cause unique, mais selon certaines hypothèses, une anomalie survenant au cours du développement du cerveau (anomalie génétique, dysfonctionnement des neurotransmetteurs, une infection virale pendant la grossesse, etc…) pourraient prédisposer au développement de la schizophrénie.
De multiples facteurs environnementaux serviraient ensuite d’éléments révélateurs de la pathologie, chez des sujets prédisposés à développer l’affection.
 

A-t-on identifié des facteurs de risque ?

D’après les psychiatres, les facteurs psychosociaux, et plus précisément les facteurs sociodémographiques (être isolé socialement et économiquement, avoir un nombre très réduit d’expériences professionnelles, être récemment immigré et par conséquent brutalement coupé de sa culture d’origine), peuvent apparaître comme des facteurs favorisant l’éclosion de la maladie.
De même, la survenue d’évènements de vie très stressants pourrait précipiter l’apparition de la maladie chez une personne prédisposée.
Certains facteurs biologiques, et plus précisément des agents toxiques (notamment les drogues, dont le cannabis)ou traumatiques, ont été évoqués comme favorisant l’émergence de troubles schizophréniques.
 
 

Sur quoi repose la prise en charge des patients ?

La prise en charge des personnes atteintes de schizophrénie doit être globale : outre le traitement antipsychotique, elle doit reposer sur un accompagnement psychologique et social susceptibles d’aider les patients à recouvrer leurs capacités et à se réadapter à une vie sociale et professionnelle.

Au delà du traitement médicamenteux, l’importance d’une prise en charge globale

La prise en charge d’un patient schizophrène n’inclut pas seulement le traitement médicamenteux. Le soutien familial, les loisirs, la vie sociale, l’insertion professionnelle et la prise en charge somatique (prévention et dépistage des pathologies usuelles, tabagisme, nutrition, soins dentaires, etc.) sont des éléments déterminants dans la prise en charge et l’évolution du patient avec sa maladie.

 
C’est très clairement ce qu’exprime la quasi totalité des médecins interrogés dans l’enquête IFOP/Institut Lilly. Le soutien familial du patient constitue en effet selon eux l’élément le plus important dans la prise en charge du malade, au même titre que son accompagnement psychologique. Ces deux points sont d’ailleurs crédités d’un poids identique au traitement médical par antipsychotiques. L’intérêt du médicament n’est pas remis en cause par les médecins interrogés puisque 98%1 d’entre eux le jugent important, dont 66%1 très important. Ils sont enfin 95%1 à penser que l’insertion sociale du patient est importante et presque autant à déclarer que son insertion professionnelle l’est aussi.
 
Sur un autre registre, les médecins sont convaincus de l’intérêt d’un placement dans une unité de soins spécialisée en cas de crise. Ils sont cependant plus nuancés quant à la prise en charge somatique globale du malade (nutrition, soins dentaires, suivi cardio-vasculaire, etc.), jugée très importante par seulement 52%1 d’entre eux et importante par 41%1.
 
L’importance de l’environnement du malade souffrant de schizophrénie fait l’unanimité dans le corps médical, qui juge la prise en charge globale du malade comme fondamentale, au-delà du seul traitement médicamenteux.
 

Schiz’ose : une approche globale pour mieux vivre la schizophrénie

L’une des missions de l’institut Lilly est de contribuer à l’éducation du grand public sur certains domaines majeurs de santé. C’est dans cette optique que l’Institut Lilly propose Schiz’ose  : une approche globale pour mieux vivre la schizophrénie. L’objectif de cette initiative est d’informer, de destigmatiser la schizophrénie, de montrer qu’un patient schizophrène peut et doit bénéficier d’une prise en charge globale et pas seulement d’un traitement médicamenteux avec antipsychotiques.
 
Dès le mois d’avril, une nouvelle version du site schizosedire.com sera mise en ligne. Ouvert au grand public, ce site, qui a enregistré prés de 55 000 visites depuis sa création en 2004, offre une information claire et complète sur la pathologie, les symptômes, les modalités de soin, la vie au quotidien mais aussi sur l’actualité, les associations de patients, etc.
 
La grande nouveauté de ce site sera l'espace Schizosefaire. Réservé aux usagers en santé mentale, il leur donnera l’opportunité de échanger avec les autres usagers.
Institut Lily

SOURCES


  • 1- Enquête réalisée par l’Ifop pour l’Institut Lilly du 22 au 25 février 2010 auprès d’un échantillon de 501 médecins représentatif des médecins libéraux et hospitaliers.
    2- American psychiatric Association, Diagnostic and Statistical Mof Mental Disorders, DSM-IV TR. Masson, Paris, 1996
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