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LYMPHOMES, DES CANCERS MÉCONNUS
LYMPHOMES, DES CANCERS MÉCONNUS
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18 septembre 2014
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LYMPHOMES, DES CANCERS MÉCONNUS

LYMPHOMES, DES CANCERS MÉCONNUS

La Journée mondiale du Lymphome, le 15 septembre, est l’occasion de se pencher sur un genre de cancer dont on parle peu et qui, heureusement, se soigne de mieux en mieux.

En France, quelque 200 000 personnes, enfants, adultes et seniors, souffrent d’un lymphome  ; 14 000 nouveaux cas sont enregistrés chaque année. C’est beaucoup, deux fois plus que les leucémies. Pourtant les Français connaissent mal les lymphomes, qu’ils soient hodgkiniens ou non hodgkiniens (lire l’encadré ci-dessous), et les médecins généralistes guère mieux.

Résultat  : le diagnostic de la maladie prend souvent plusieurs mois. Il faut dire que les symptômes ne sont pas spécifiques  : démangeaisons, fatigue, fièvre, toux, sueurs nocturnes, amaigrissement… Ils évoquent toutes sortes de maladies, de la grippe à la toxoplasmose en passant par la mononucléose. Parfois, le cancer ne se manifeste par aucun signe et évolue en silence pendant des années. Ces symptômes généraux n’empêchent pas d’accomplir ses activités quotidiennes et n’inquiètent pas beaucoup. C’est là tout le danger car une détection tardive a un gros impact sur le pronostic de la maladie.

Les lymphomes sont des cancers du système lymphatique, lequel participe aux réactions de défense immunitaire de l’organisme grâce à la production et à la circulation de certains globules blancs, les lymphocytes.
Le système lymphatique comprend un réseau de vaisseaux véhiculant un liquide, la lymphe. Dans le lymphome, des globules blancs anormaux se multiplient de manière anarchique et s’accumulent dans les organes dits lymphatiques  : les ganglions surtout, mais aussi dans la muqueuse intestinale par exemple.

Bilan sanguin, radios et biopsie
Quel que soit le type de lymphome, la maladie est souvent révélée par un ganglion gonflé, douloureux ou non, au niveau du cou, des aisselles ou de l’aine. Les ganglions peuvent apparaître dans des organes profonds inaccessibles à la vue, ou bien le cancer envahir la rate. Dans d’autres cas il n’existe qu’une fièvre, une fatigue ou des démangeaisons anormales. Quand ces petits signes persistent bizarrement, mieux vaut consulter pour en avoir le cœur net plutôt que de traîner des mois et laisser le lymphome s’aggraver. Comme tous les cancers, plus le lymphome est traité tôt, meilleures sont les chances de guérison.
Après un examen clinique en règle, le médecin prescrira au moindre doute des examens  : un bilan sanguin (avec numération et formule sanguine), des radiographies, puis une biopsie du ou des ganglions suspects.
L’analyse anatomopathologique (cellules et tissu qui les entoure) du prélèvement permet d’écarter le diagnostic de lymphome ou, au contraire, de le confirmer. Dans ce cas, il permet d’en connaître le type et même le sous-type.
Un bilan d’extension indique ensuite le nombre de ganglions, les organes touchés afin d’établir le stade évolutif du lymphome. Tous ces examens sont réalisés en milieu hospitalier spécialisé.

Traitements personnalisés
À partir de ces éléments, mais aussi de l’âge du malade, l’équipe hospitalière (en réunion de concertation pluridisciplinaire) établit le protocole du traitement. Aujourd’hui, il s’est beaucoup personnalisé.

En cas de maladie de Hodgkin, la chimiothérapie (entre 2 et 8 cures selon les cas) est souvent associée à des séances de radiothérapie sur les ganglions touchés  : avec une rémission obtenue 9 fois sur 10. En cas de rechute, assez rare, la solution passe par l’autogreffe de cellules souches (provenant du malade lui-même) de moelle osseuse, à laquelle est ajoutée une chimiothérapie plus lourde. On peut proposer aussi l’injection d’un anticorps monoclonal.

En cas de lymphome non hodgkinien, le pronostic est un peu moins bon. Il faut cependant différencier les lymphomes de haute malignité qui justifient des traitements lourds, et ceux de faible malignité qui ne menacent pas la vie à court terme mais rechutent souvent. Grâce à l’immunothérapie et à l’arrivée de médicaments plus efficaces (les anticorps monoclonaux) le nombre de patients guéris a augmenté de 15 à 20 % en une dizaine d’années. Il y a tout lieu de penser que ces chiffres vont grimper rapidement car la recherche est très active.

EVELYNE OUDRY


DEUX CATÉGORIES

- Les lymphomes hodgkiniens, appelés «  maladie de Hodgkin  » (du nom du médecin qui l’a identifiée le premier), constituent la forme la plus connue de ce cancer. Pourtant, elle ne représente que 15 % des lymphomes. La maladie touche tous les âges, mais surtout les jeunes adultes (15 à 30 ans) et les plus de 60 ans. On pense que le virus d’Epstein-Barr joue un rôle dans sa genèse.

- Les lymphomes non hodgkiniens sont de loin les plus fréquents (près de 12 000 cas par an) et leur nombre augmente depuis plusieurs décennies, excepté chez les enfants. Cette hausse serait liée à l’exposition professionnelle aux radiations ionisantes, aux pesticides et aux produits dérivés de l’industrie pétrochimique, comme à certains virus et bactéries, des médicaments immunosuppresseurs, voire l’obésité… On distingue une trentaine de types différents, classés selon la nature des cellules concernées en lymphomes à cellules B (85 % des cas), T ou ni B ni T.

LES PROGRÈS

La recherche avance à grands pas en se concentrant sur les lymphomes non hodgkiniens, plus difficiles à traiter.

- Depuis l’arrivée du rituximab en 1998, une vingtaine d’autres anticorps monoclonaux en traitement ciblé sont en cours d’évaluation. Il faut attendre
2 à 3 ans les résultats des essais cliniques.

-Des traitements ciblés différents suscitent également beaucoup d’espoirs. Certains déclenchent une réaction du système immunitaire. D’autres bloquent des voies moléculaires impliquées dans la croissance tumorale. Ou modifient l’environnement des cellules cancéreuses pour freiner leur multiplication.

-Autre piste  : la privation de cholestérol ou de fer, qui jouent un rôle dans le développement des cellules cancéreuses. Mais, pour l’heure, les essais sont limités aux animaux.


ASSOCIATION

France Lymphome Espoir*, une association de malades très dynamique, multiplie les actions de sensibilisation auprès du grand public et des malades, à l’aide de brochures et de vidéos décalées et humoristiques (lymphomez-vous.com/#/videos).
*1 av. Claude Vellefaux, 75475 Paris Cedex 10.
Téléphone  : 01 42 38 54 66.
www.francelymphomeespoir.fr

Cet article est extrait en exclusivité du magazine Bien-être & Santé - Tous droits réservés

SOURCES

  • www.bienetre-et-sante.fr
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Cancer Lymphome