Les travaux sur le supervirus H5N1 ont été publiés

Des mois de négociations entre chercheurs et autorités ont eu raison de l’embargo sur la publication des travaux sur le virus H5N1. Un article portant sur la création en laboratoire de cet inquiétant virus mutant de la grippe aviaire
a en effet été publié le 2 mai dernier dans la revue scientifique
Nature, et ce malgré les craintes sur les risques de récupération par
des groupes bio-terroristes.
La nouvelle avait retentit avec grand fracas durant l’automne dernier : Une expérience menée dans un laboratoire néerlandais, supervisée par le professeur Ron Fouchier, et sur laquelle a également travaillé une équipe de chercheurs américains, regroupée autour du docteur Yoshihiro Kawaoha, a donné naissance à un virus mutant de la grippe aviaire capable de se transmettre entre humains. Et ce supervirus H5N1, qui a réveillé dans les esprits la crainte d’une pandémie incontrôlable à l’image de celle qui est développée dans le film "Contagion", est allée jusqu’à inquiéter Paul Kleim, président de l’Agence de biosécurité américaine pour qui « ce monstre est plus effrayant que l’anthrax ».
Mais voici que l’interdiction de la publication de l’étude, en vertu d’un moratoire, vient d’être levée. Les scientifiques et les autorités se sont finalement mis d’accord, au bout de près de six mois de discussions, pour en divulguer des détails. Le Bureau National Américain de la Science pour la Biosécurité a tranché : « Les données ne semblent pas fournir d’informations qui permettraient une utilisation nuisible au point de mettre en danger la santé publique et la sécurité nationale ». Et des experts estiment par ailleurs que « ne pas publier cette information ralentirait ou même bloquerait le développement de vaccins contre un virus qui a encore la capacité à muter naturellement vers une forme pandémique ».
C’est à la revue britannique Nature qu’est revenue la première publication, le 2 mai dernier, « en conservant les éléments scientifiques essentiels du manuscrit original, qui n’ont pas été modifiés ». Un deuxième volet relatif à ces travaux néerlando-américains devrait être publié, dans les prochaines semaines, dans la revue Science. Rappelons que le virus H5N1, qui sévit principalement parmi la volaille d’élevage et des oiseaux sauvages, est hautement mortel pour l’homme (60% de décès chez les personnes atteintes), bien que seuls 350 individus aient succombé depuis son émergence en 2003. Les recherches en question avaient pour objectif d’évaluer les limites de mutation du virus dans le cadre d’une transmission aérienne entre humains.
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