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Les Français stressent : une réaction à l’environnement de travail
Les Français stressent : une réaction à l'environnement de travail
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5 juin 2009
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Les Français stressent : une réaction à l’environnement de travail

Les Français stressent : une réaction à l'environnement de travail

Aujourd’hui, 72 % des salariés ressentent du stress au travail.

es Français stressent : une réaction à l'environnement de travailDéfinition du stress :

Réaction d’adaptation normale à un stimulus extérieur pour pouvoir s’adapter à l’environnement.
« Le stress survient lorsqu’il y a déséquilibre entre la perception qu’une personne a des contraintes que lui impose son environnement et la perception qu’elle a de ses propres ressources pour y faire face. » (Agence Européenne pour la Sécurité et la Santé au travail)
Le stress n’est pas une maladie, mais un processus physiologique à une situation donnée. Il ne devient pathologique que par ses conséquences néfastes sur la santé physique, mentale ou sociale.
 

Stresseur, stress et réponse de l’organisme :

On appelle stresseur ou situation stressante toute situation induisant une réponse d’adaptation de l’organisme à la situation.
La réponse de l’organisme est multifactorielle et change d’un individu à l’autre. Adapter un organisme à répondre de façon optimale à une situation stressante est possible et passe avant tout par l’apprentissage.
 

Réaction du corps face à une situation stressante :

La réponse de l’organisme à toute situation nouvelle ou non passe par trois phases :
 
  • Phase 1 : réaction d’alarme : Prépare l’organisme à réagir : sécrétion de catécholamines.
  • Phase 2 : la résistance : Quand le stimulus persiste dans le temps : sécrétion de corticoïdes pour apporter l’énergie à l’organisme.
  • Phase 3 : l’épuisement : l’organisme est submergé d’hormones activatrices.
On a tous connu l’accélération du rythme cardiaque et le souffle coupé devant un chat qui, la nuit, saute devant nous dans la rue. Cette réaction immédiate est normale et répétitive à chaque fois qu’un nouveau évènement ou un même évènement mais inattendu se produit. Le corps assimile rapidement ce largage de catécholamines dont les effets sont transitoires.

Ce n’est qu’en cas de dépassement de notre capacité d’assimiler le stresseur, ou de la répétition fréquente de l’exposition à une situation stressante qu’un déséquilibre se crée entre les trois éléments de l’équation : Stresseur, la réponse au stresseur et les conséquences sur l’organisme.
 

Les signes alarmants :

1- Des symptômes physiques :
Fatigue, migraines fréquentes, tension musculaire (nuque, épaules, dos), symptômes cutanés (boutons, rougeurs), troubles digestifs (douleurs d’estomac, diarrhée, constipation), palpitations, sueurs froides, douleur dans la poitrine (sensation de griffe) sont des signaux d’alarme sans qu’ils soient toujours le reflet d’affections organiques.

2- Des symptômes psychologiques :
Irritabilité et sauts d’humeur sont souvent le signe d’une mauvaise adaptation au stress. On peut observer un état dépressif avec morosité, perte de l’estime du soi, manque de motivation, sensation de vide.

3- Des symptômes mentaux :
Trous de mémoire, troubles de la concentration sont souvent secondaires à un état de stress plus qu’à une affection organique, surtout chez le sujet jeune, et sont souvent rapidement régressifs par une prise en charge précoce et adéquate.

4- Des troubles du comportement :
  • Troubles du sommeil à type d’insomnie, d’hypersomnie, de sommeil haché sont souvent associés aux états de stress. Ils peuvent aussi rentrer dans le cadre d’un syndrome dépressif secondaire au stress.
  • Une augmentation de la consommation de tabac, d’alcool, de drogues psycho-actives, de neuroleptiques est souvent secondaire à une mauvaise gestion du stress.
  • Les troubles sexuels ne sont pas rares, fréquents aussi bien chez les hommes que chez les femmes ; leur prise en charge est indissociable de celle du stress.
  • On peut observer une irritabilité, une agressivité, une hyperactivité, ou au contraire une apathie, un repli sur soi, un refus de tout contact (fermé comme une huître). Il faut dans ce cas chercher un syndrome dépressif secondaire au stress.

Les conséquences du stress prolongé :

  • Physiques : douleurs diverses, troubles du sommeil, digestifs, sueurs, etc.
  • Émotionnelles : nervosité, angoisse, excitation, etc.
  • Intellectuelles : difficultés de concentration, difficultés à prendre des décisions, troubles de mémoires.
  • Problèmes métaboliques : obésité, diabète, hyperlipidémie.
  • Augmentation des risques cardiovasculaires : HTA, infarctus, AVC.
  • Psychiatrique : Anxiété majeure et dépression nerveuse, troubles psychiatriques, suicides.
  • Comportementaux : apathie, agressivité, violence, conduites à risque.
  • Mortalité précoce et élevée.
 

Comment explique-t-on cette pandémie de stress ?

TRANSFORMATIONS SOCIOÉCONOMIQUES :

1. De la fin des années 40 au milieu des années 70 :
  • Relèvement économique
  • Croissance ininterrompue
  • Production de biens standardisés
  • Enrichissements collectif et individuel
  • Réduction des inégalités
  • Bomm démographique
  • Rivalité Est – Ouest
  • Volonté de maîtriser l’incertitude
  • Mise en place de l’état de bien-être (santé, retraite, emploi, éducation)

2. Du milieu des années 70 au début des années 2000
  • Ralentissement économique
  • Crise fiscale
  • Abolition des parités fixes
  • Chagement des modes de consommation
  • Echec des solutions collectivistes
  • Montée de l’individualisme
  • Vieillissement des populations
  • Ouverture des marchés et formation d’unions régionales
  • Arrivées de nouveaux acteurs (Japon, pays du sud-est asiatique, Chine, Inde, etc.)
  • Concurrence et compétitivité accrue
  • Financiarisation
  • Course permanente à l’innovation

Les conséquences de ces changements :

Au niveau des entreprises :
  • Une orientation client
  • Un recentage sur une ou deux activités
  • Une recherche de flexibilté
  • Des exigences de qualité et d’innovation
  • Des impératifs de performances financières
  • Des restructurations (réduction des effectifs, réingénérie, déloclisations, externalisation, etc.)
  • Une utilisation massive des nouvelles technologies
  • La recherche d’un personnel mobilisé et réactif

A l’échelle de l’individu :
  • Une augmentation de la charge du travail
  • Une augmentation du sentiment d’urgence
  • Une fragmentation des équipes de travail
  • Une acculturation souvent antogoniste
  • Une montée de l’absentéisme et du roulement du personnel (également du présentéisme)
  • Des baisses de la qualité de l’innovation
  • De la démotivation, des accidents et du stress
 

Le stress des salariés en France :

Selon l’enquête SUMER, 61% perçoivent leur travail comme très stressant
  • 72 % des salariés ressentent du stress dans leur travail
  • 56 % des salariés pensent que le stress au travail va s’aggraver à l’avenir
  • 48 % vivent leur charge de travail comme stressante
  • 43 % (délais, consignes à respecter, exigences des clients)
  • 39 % (les postures physiques et les manipulations fatigantes)
  • 38 % (les cadences trop rapides)
  • 35 % (les objectifs difficiles à atteindre)
  • 35 % (les incertitudes professionnelles)
 
L’environnement et les exigences du travail font chaque jour de nouvelles victimes. Le stress est une véritable maladie aux conséquences somatiques, psychologiques, sociologiques et économiques majeures, qu’il est indispensable de l’intégrer aux maladies professionnelles et de prendre des mesures de prévention et de gestion.
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Stress Prévention