Mon logo CareVox
CareVox par RSS
CareVox sur Facebook
CareVox sur Twitter
Les drogues douces, une porte d’entrée vers la toxicomanie ?
Les drogues douces, une porte d'entrée vers la toxicomanie ?
catégorie
note des lecteurs
date et réactions
24 janvier
Auteur de l'article
Hélène, 4 articles (Rédacteur)

Hélène

Rédacteur
note moyenne des lecteurs
nombre d'articles
4
nombre de commentaires
0
nombre de votes
0

Les drogues douces, une porte d’entrée vers la toxicomanie ?

Les drogues douces, une porte d'entrée vers la toxicomanie ?


Alors que la consommation de cannabis augmente chaque année, sa classification en tant que « drogue douce » est remise en question par de nombreux spécialistes. Selon certaines études, sa consommation mènerait à l’usage de produits aux conséquences plus importantes sur la santé comme l’héroïne ou la cocaïne. Un risque que le Gouvernement, en refusant de légiférer au sujet des drogues en France, semble prêt à prendre.

Le cannabis, un marchepied vers les drogues dures ?

En 2011, 13,4 millions de Français avaient déjà expérimenté le cannabis. Ils étaient 1,2 million à en consommer plusieurs fois par semaine. Alors que ces chiffres augmentent chaque année, et qu’il est de plus en plus courant d’entendre parler du cannabis comme d’une drogue sans conséquence pour l’usager, la « théorie de l’escalade » fait son bonhomme de chemin dans l’esprit des professionnels de santé. Selon celle-ci, la consommation d’une drogue considérée à moindre risque comme le cannabis entraînerait l’usage de produits bien plus dangereux pour la santé. Un usage récréatif du cannabis mènerait à la consommation de cocaïne, puis d’héroïne.

Comme toutes, cette théorie est remise en cause par certains qui tiennent à rappeler que tous les fumeurs de cannabis ne tombent pas dans les drogues dures. La plupart des consommateurs de cannabis sont effectivement de jeunes personnes qui arrêtent une fois arrivées à l’âge adulte, certes. Mais il reste rare de trouver un toxicomane dépendant aux drogues dures telles que la cocaïne ou l’héroïne qui n’a pas commencé par consommer du cannabis.  

De nombreuses études ont en effet révélé « un lien entre la consommation de cannabis et l’accoutumance ultérieure à des drogues dures  », expliquent des chercheurs de l’Université de Montréal. Le président de l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie, Alain Rigaud, explique qu’un usager du cannabis ne va pas obligatoirement tomber dans l’héroïne, mais sa consommation représente « le franchissement d’une première étape [qui] peut conduire à une deuxième étape  » aux conséquences plus lourdes pour la santé. Le cannabis n’est pas véritablement une porte d’entrée vers les drogues dures, mais sa consommation représente un risque important, une passerelle potentielle vers d’autres addictions qu’il ne faut pas prendre à la légère.

« Usages doux » et « usages durs », une nouvelle piste de réflexion

Bien sûr, chaque toxicomane est différent et la vérité générale n’existe pas dans ce type de débat. D’autant que les consommations, comme les consommateurs, évoluent au fil des ans. De nombreux changements qui rendent quelque peu obsolète la classification « drogue douce/drogue dure  » d’hier. Aujourd’hui, le problème ne provient plus de la drogue consommée, mais de la manière de la consommer. Plutôt que de distinguer les drogues par leurs effets à court terme, il serait judicieux de classer les différents usages. Cela permettrait d’avoir une vision d’ensemble de la toxicomanie en France plus proche de la réalité de la consommation et des consommateurs.

« Il peut y avoir des ‘usages doux’ de ‘drogues dures’ et des ‘usages durs’ de ‘drogues douces’  » souligne Alain Rigaud. Certains vont encore plus loin, comme Serge Legibot, président de Parents contre la drogue, selon qui les notions de « drogues dures  » et « drogues douces  » sont « des termes à bannir car ils correspondent à des techniques de marketing utilisées par ceux qui veulent banaliser les drogues  ».

La toxicomanie d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec celle d’hier. Le vocabulaire comme la législation en la matière doit s’adapter aux évolutions de la société. La stagnation mène à la banalisation de certains usages comme celui du cannabis ou aujourd’hui de la cocaïne. C’est ainsi que la langue française et, de manière plus ciblée, le Gouvernement, entretiennent le danger de santé publique que représente la drogue en France.

Les internautes qui ont lu cet article ont aussi consulté