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Les assurances privées s’immiscent dans les filières de soin
Les assurances privées s'immiscent dans les filières de soin
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18 mars 2010 | 17 commentaires
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Sirius521, 5 articles (Biologiste)

Sirius521

Biologiste
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Les assurances privées s’immiscent dans les filières de soin

Les assurances privées s'immiscent dans les filières de soin

Ou comment, sous couvert de réduire les frais restant à la charge du client, elles ont prévu de vérouiller l’accès aux produits de santé pour leur seul profit...

2010 sera l’année de l’avènement du plus gros réseau d’opticien. En effet, Harmonie Mutuelles, le premier pôle mutualiste français, et Malakoff Méderic, premier groupe paritaire de protection sociale (dont le délégué général n’est autre que le frère de Nicolas Sarkozy) s’allient pour créer Kalivia, dont l’objectif est de devenir un réseau d’opticiens agréés incontournable " qui doit permettre d’offrir aux clients des tarifs avantageux " .

Le plan est simple : avec 6 millions de clients potentiels (2/3 assurés chez Harmonie, 1/3 chez Malakoff Médéric), Kalivia veut à terme agréer entre 1/4 et 1/3 des 11 500 opticiens de France. Soit un objectif de 3 000 à 3 500 enseignes liés pendant 2 ans et demi. Tout opticien satisfaisant la charte qualité (exigences qualitatives et surtout tarifaires) pourra rejoindre le réseau, s’agissant d’un réseau « ouvert », non limité par un numerus clausus.

Kalivia cherche à avoir une couverture du territoire optimale pour jouer la carte de la proximité : «  notre engagement (ou notre intérêt ?) est d’avoir un opticien agrée Kalivia dans chaque ville ou chaque campagne dans un rayon de 20 kilomètres », explique aux Echos Guillaume Sarkozy, délégué général de Malakoff Médéric. 

Les opticiens membres du réseau Kalivia s’engageront à adhérer à une charte qualité et à proposer des tarifs compétitifs. Les engagements qualité, qui dépasseront les pré-requis élémentaires (garantie casse des verres et de la monture par exemple) permettront d’offrir un service optimal aux assurés tout en « valorisant la profession ». En échange, les opticiens agréés Kalivia bénéficieront du volume d’affaires potentiellement apporté par les 6 millions de personnes couvertes par Malakoff Médéric et Harmonie Mutuelles.

Quel sera le bénéfice pour les patients ?

Guillaume Sarkozy déclare qu' " ils se verront offrir des avantages conséquents qui visent à réduire leur reste à charge " . Il s’agit de « répondre au besoin d’orientation dans le système de santé et de limiter le reste à charge des 6 millions de personnes protégées par les deux groupes ».

« Nos adhérents attendent qu’on les conseille dans les meilleures conditions possibles de tarifs, mais aussi de qualité », complète François Venturini, directeur général d’Harmonie Mutuelles. Ceux de Malakoff Médéric pourront ainsi bénéficier de 30% de réduction sur les verres et 10% sur les montures. Ceux d’Harmonie Mutuelles, de 25 à 30% de réduction chez les opticiens libéraux, un peu moins pour les opticiens mutualistes qui pratiquent des prix moins élevés.

L’appel d’offres a commencé le 5 mars 2010 auprès de tous les opticiens de France. Il va sans nul doute remporter un franc succès. Quel opticien refuserait en effet de participer à une telle entreprise (et surtout prendrait le risque d’en être exclu…) ? On ne leur donne pas le choix, étant donné que peu de français accepteront de payer plus cher leurs lunettes par fidélité pour leur opticien… « Nous ne sommes pas là pour étrangler les opticiens, mais pour chercher le juste prix dans une logique partenariale ». L’idée nous avait effleuré…

Et comme le linge n’est jamais mieux lavé qu’en famille, le réseau s’appuiera sur les outils de tiers payant développés par Viamédis, dont Malakoff Méderic est actionnaire. Kalivia devrait être opérationnel dès les 15 mai pour les clients de Malakoff Méderic, et en janvier 2011 pour ceux d’Harmonie Mutuelles (regroupant Prévadiès, Harmonie Mutualité, Mutuelle Existence et la Mutuelle Nationale Aviation Marine).

«  Ce partenariat représente une illustration de la stratégie de notre groupe qui s’est résolument engagé dans la voie de la maîtrise des coûts et des services à valeur ajoutée tels que l’accompagnement et l’orientation dans le système de soins », a souligné Guillaume Sarkozy. « Je suis convaincu que cette démarche, élargie progressivement à d’autres champs que l’optique, nous permettra de faire avancer la question de la qualité et du coût des soins de façon positive et efficace, en partenariat avec les professionnels de santé »

De vrais altruistes en somme ! 

En fait, la naissance de Kalivia s’inscrit dans un mouvement général de plateformes de service se révélant encore assez mal perçues par les professionnels de la santé.

L’Autorité de la concurrence peut toujours estimer que ces plateformes favorisaient la concurrence et les intérêts des patients, les professionnels de santé restent très prudents. Et ils ont raison de l’être. Car c’est une manière pour les mutuelles de fixer le niveau des prix et de qualité des produits qu’elles remboursent aux patients.

Et ce n’est pas fini, Kalivia devrait être étendue au domaine de l’audioprothèse d’ici fin 2010, et au domaine dentaire en 2011 soit les secteurs les plus mals pris en charge par l’Assurance Maladie.

Autant il paraitrait presque logique que l’Assurance Maladie -en si grand déficit- fasse cette démarche. Autant il peut être choquant que les assurances privées -à but lucratif rappelons le- cherche à ainsi maîtriser leurs coûts afin de dégager encore plus de marge.

Le chiffre d’affairesde Malakoff Mederic s’élèvait à 3,3 milliards d’euros au 31 décembre 2008 (3 milliards d’euros en 2007), en hausse de +10,3%, dans le contexte de la mise en place d’une nouvelle organisation des réseaux commerciaux et de l’harmonisation de l’offre de produits suite à la fusion. Ce qui ne les empêche pas d’augmenter en 2009 (suite à l’annonce de la taxation des mutuelles de santé) de presque 3% le montant de la cotisation annuelle de leurs assurés.

Boycottés par certains ordres ou syndicats de professionnels de santé, décriés par les associations de défense des droits des malades, les réseaux de soins se développement insidieusement. Ainsi en 2009, AXA lançait Itelis, sa plate-forme de services dédiée à la prévention et la gestion de réseaux dentaire, optique et d’audioprothèse. En janvier dernier, Groupama et Pro BTP inauguraient Sévéane, une plate-forme dédiée au pilotage des relations avec les professionnels de santé.

La stratégie est finalement enfantine. On commence par pénétrer les secteurs de santé considérés comme « accessoires » par les patients et les pouvoirs publics. On peut se passer de lunettes et de prothèses dentaires, cela ne menace pas notre santé (quoique…), on dérembourse progressivement sous couvert de maîtrise des coûts et on reporte la prise en charge sur les assurances privées. Jusqu’à ce que celle ci veuille maintenant maîtriser la filière de soin et le type de produits de santé pris en charge.

Parallèlement, les deux groupes réfléchissent - séparément -aux implications potentielles sur leur offre de complémentaire santé. « Cela pourra se traduire par des bonifications pour les adhérents qui acceptent d’aller dans le réseau ». Et des pénalités s’ils refusent ?

Historiquement présent en assurances collectives, Malakoff Médéric lancera prochainement une couverture santé individuelle à bas prix, destinée à ceux qui bénéficient de l’aide à la complémentaire santé. « En incluant l’aide de l’Etat, l’offre devrait coûter 9 euros par mois à un jeune de moins de 25 ans, et 25 euros au-delà », précise Guillaume Sarkozy. Elle s’appuiera sur « l’offre malin » (verres + monture à bas prix) dont l’opticien agréé Kalivia devra obligatoirement disposer.

Pour l’Autorité de la concurrence, « le développement des réseaux de professionnels de santé agréés par les organismes complémentaires d’assurance-maladie apparaît comme plutôt proconcurrentiel . Ce que tendrait à confirmer la jurisprudence. »

«  J’ai le sentiment que nous sommes à un tournant. » Marianne Binst, la directrice générale de Santéclair, a longtemps eu l’impression de prêcher dans le désert, avec ses analyses de devis et ses réseaux. Faut dire qu’elle a du frapper aux bonnes portes. Quand la patronne de cette entreprise « d’aide au consommateur dans le domaine de la santé » (détenue par Allianz, MMA-MAAF, la Mutuelle Générale de la Police et Ipeca), ne s’attirait pas les foudres de l’Ordre des médecins ou de syndicats de professionnels de santé. Mais, aujourd’hui, les choses sont en train de changer, et même les plus dubitatifs - chez les assureurs comme chez les clients finaux -commencent à accepter l’idée que les plates-formes de service et de gestion du risque apportent quelque chose dans l’univers encore peu lisible de la complémentaire santé. 

De fait, l’environnement juridico-réglementaire est aujourd’hui plus favorable aux réseaux agréés par les organismes complémentaires que par le passé. L’Autorité de la concurrence, saisie par Bercy, a rendu en septembre dernier un avis précisant les conditions dans lesquelles « le développement des réseaux de professions de santé peut être favorable à la concurrence et aux intérêts des patients ». La conclusion est sans appel : « Si le risque d’homogénéisation (voire d’opacité ) des tarifs pratiqués au sein d’un même réseau ne peut être exclu, le développement de réseaux de professionnels de santé agréés par les organismes complémentaires d’assurance-maladie apparaît comme plutôt proconcurrentiel. » Pour Jérôme Da Ros, avocat chez Norton Rose, «  un assureur qui fera la promotion d’un réseau ne pourra plus être taxé de pratique anticoncurrentielle. Cela met un point final à toutes les tentatives de certains ordres de voir déclarer ces réseaux illégaux ».

Une seule question : pourquoi la législation régissant le domaine de la santé en France devrait elle se ranger à l’avis de l’Autorité de Concurrence, qui remplit certainement parfaitement son rôle dans le droit commercial mais qui ne devrait pourtant n’avoir aucune autorité en matière d’organisation des soins en France !!

Le libre choix du praticien par le patient est un fondement historique de l’indépendance du praticien et du droit des malades. L’influencer économiquement peut s’apparenter à une tromperie commerciale et nuire aux principes mêmes de la libre concurrence… pourtant si chers à Bruxelles.

Parallèlement, la jurisprudence a évolué. « Nous avons gagné tous nos procès », précise Marianne Binst, actuellement en conflit avec le syndicat des audioprothésistes français. Dans un arrêt du 19 janvier dernier, la cour d’appel de Paris a confirmé la condamnation de l’Ordre national des chirurgiens-dentistes et de cinq conseils départementaux à 78.000 euros d’amende pour avoir incité les professionnels, entre 2002 et 2008, au boycott d’un partenariat avec Santéclair.

Il reste que le secteur des réseaux de soins est encore loin de la maturité. « Le modèle économique n’est pas stabilisé », estime Marianne Binst, évoquant les interrogations récurrentes sur l’opportunité de fusionner les métiers de gestion du risque et de tiers payant. Certains prédisent, à terme, une consolidation autour de 3 ou 4 grands réseaux, au motif que la taille critique se situe désormais aux alentours de 10 à 12 millions de personnes protégées.
 
Vous avez dit réseaux de soin ? Quel est le calendrier prévisible ?
- 2010 : réseaux d'opticiens et d'audioprothésistes
- 2011 : réseaux de dentistes
- 2012 : réseaux de laboratoires

Concernant ces derniers, le gouvernement planche depuis 2 ans à la demande de la Commission Européenne pour libéraliser et industrialiser complètement le secteur des analyses médicales, ce qui pourrait faciliter la constitution de tels réseaux de soin avec les mutuelles. On assiste déjà actuellement à des rachats massifs de petits laboratoires détenus par des biologistes par des financiers dont le but est de créer des chaînes de laboratoires en France en concentrant l'activité sur d'immenses plateaux techniques. Cependant, le problème spécifique de la réforme concernant la Biologie Médicale française (Ordonnance du 15 janvier 2010) devra faire l'objet d'un article spécifique tant le problème s'avère complexe...

Les professions libérales de santé sont donc à un tournant véritablement historique. Celui de s’allier maintenant pour défendre un modèle réellement indépendant et éthique face aux appétits des assureurs privés… dont le métier est d’assurer un risque, pas de verrouiller le système de soin dans leur seul intérêt.

Sirius521
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Commentaires
0 vote
par zelectron (IP:xxx.xx5.93.61) le 18 mars 2010 a 14H19
zelectron (Visiteur)

Si je résume : si rien n’est fait pour sauvegarder ces (très, très) pauvres professions libérales de santé leurs profits vont aller dans la poche des assureurs. J’observe que comme d’habitude le "patient" l’assuré, le citoyen, l’assujetti, le couillon quoi, de toute façon reste le dindon de la farce. En revanche, ce qui ne me plait pas du tout c’est que Mederic écrase tout sur son passage au détriment d’un certain nombre de mutuelles moins "ravageuses ?" nb à propos, je connais un dentiste sur la côte qui en est à sa 2ième Ferrari neuve en 3 ans, payée sur compte "étranger" et immatriculée "ailleurs" (il a gardé la précédente...) C’est vrai qu’Il y a aussi de vrai pauvres dans les professions de santé (sans ironie)

2 votes
par Mammon (IP:xxx.xx8.53.110) le 18 mars 2010 a 15H53
Mammon (Visiteur)

L’objectif des assureurs et autres mutuelles est simple : verrouiller complètement les filières de santé pour : a) exercer un contrôle total des prix b) pour tirer ensuite ces prix à la baisse, idéalement au niveau de pays comme la Hongrie (la référence en dentaire) c) tout en maintenant le montant des cotisations à un niveau français, voire américain d) d’où plus de profits pour les actionnaires, dont M. Sarkozy, Guillaume de son prénom.

Et les patients dans tout ça ? Seuls les cas les plus "rentables" seront traités, les autres seront envoyés vers le public, du moins ce qu’il en restera quand Sarko et sa clique auront tout cassé.

0 vote
(IP:xxx.xx5.8.126) le 18 mars 2010 a 20H55
 (Visiteur)

"aux profits ds actionnaires"... ils sont où les actionnaires de Médéric et d’Harmonie ? Bref, un article"populiste"

2 votes
(IP:xxx.xx7.236.148) le 18 mars 2010 a 22H13
 (Visiteur)

Oui le patient est véritablement la dernière roue du carosse. Populiste cet article ? Plutot victime d’un mauvais procès. Celui d’une pensée unique qui divise pour régner. Dans tous les pays au système moins "solidaire" que le notre, les médecins sont très très bien payés, bien mieux qu’en France. Il n’y a qu’à voir tous les médecins qui s’expatrient dès leur internat fini. Cette évolution, déjà en marche, n’affectera que les malades pauvres. Quant aux actionnaires, oui, celà pourra être vous.

2 votes
(IP:xxx.xx6.139.7) le 19 mars 2010 a 08H44
 (Visiteur)

Une fois de plus on assiste à la défense par les méga privilégiés que sont les professions libérales de la médecine de privilèges injustifiés.

Alors à choisir oui je préfère que mon argent aille dans la poche de ces assurances plutôt que dans celles de médecins anormalement rémunérés.

3 votes
(IP:xxx.xx3.141.80) le 19 mars 2010 a 11H17
 (Visiteur)

Les lobbystes envahissent aussi carevox à ce que je vois !!! Car si vous pensez vraiment cela en étant un patient lambda, je vous souhaite d’être riche (ou actionnaire des assurances !) pour être correctement soigné. N’y a t’il personne pour voir au delà des apparences, ces salauds de médecins qui gagnent 5000 euros par mois après 10 ans d’étude quand d’autres gagnent 100 fois plus avec le lucratif business de l’assurance santé ?

3 votes
par lau (IP:xxx.xx2.159.170) le 19 mars 2010 a 15H39
lau (Visiteur)

Exactement, patient lambda ne repétez pas ce que vous entendez, détrompez vous. Avant il y avait des rémunérations raisonnables avec du travail de qualité. Maintenant ce qui va se passer c’est 1, 2 personnes à la tête d’un empire, il n’y a plus de limites, des millions d’euros. Cette personne pourra être un financier, un assureur, bref un inconnu du service à la personne, un inconnu des patients, de la qualité, de la medecine ...

3 votes
par julien (IP:xxx.xx5.86.54) le 19 mars 2010 a 16H34
julien (Visiteur)

Bonjour,

Je suis biologiste et vous pose de simple question : 1- En qui croyez-vous lorsqu’on vous parle de votre santé : votre médecin, votre pharmacien, votre biologiste ? ou votre assureur qui stratifie sa prise de risque sur votre santé en vous faisant signer un contrat ? 2- Que pensez vous de mélanger assurance et santé ? Un assureur aura accès à vos données de santé personnelles et pourra ou vous refuser ou vous faire payer plus cher que les autres parce que vous avez plus de risque d’être malade ? Est cela la santé en France, une santé publique du chacun pour soi ?

Je vous laisse réfléchir au concept de la Santé Publique en France. En espérant que vous comprendrez que s’attarder sur un salaire vous empêche de voir le danger qui plane au dessous de nos têtes : UNE SANTE AUX MAINS DES GRANDS FINANCIERS qui ne tiendra pas si nouvelle crise il y a !

3 votes
par ramaux (IP:xxx.xx6.138.214) le 22 mars 2010 a 01H46
ramaux (Visiteur)

La sécurité sociale, fondée sur l’entraide nationale, était auparavant un organisme géré de façon paritaire. Depuis vingt ans, nous assistons, malgré les réticences des patients et du corps médical, à une appropriation de la sécurité sociale et de l’assurance maladie par l’état. Ce qui pourrait être positif mais ne l’est pas dans la mesure ou cette étatisation ne se fait pas pour réformer et conserver le modèle, mais pour le réorganiser de façon à pouvoir le brader aux privés, et en particulier aux lobbyists des assurances. Je ne trouve pas anormal que les professions de santé gagnent leur vie suffisamment bien pour mettre leur famille à l’abris. 10 ans d’études, beaucoup de sacrifices, et une vie sous tension permanente justifient leur niveau de vie. il faut bien qu’il y ait des compensations. par contre je trouve anormal que l’argent des français serve à engraisser des actionnaires étrangers et des gestionnaires sans scrupules. Et je trouve dangereux que les assureurs se retrouvent juges et partis dans la santé. N’oublions pas que pour eux, notre santé, nos soins, sont un coût. Et on a toujours tendance à vouloir réduire les coûts. Ben moi je préférerai que ça ne se fasse pas au détriment de ma santé. Donc je soutiens mes professionnels de santé, et je pense que je suis loin d’être le seul !

3 votes
par lau (IP:xxx.xx2.159.170) le 19 mars 2010 a 15H32
lau (Visiteur)

Je crois qu’il ne faut pas parler de ce que l’on ne connait pas.

Je suis moi même biologiste et je suis ecoeurée de ce qui se trame, car nous parlons de profession à vocation pour beaucoup, de passion tout du moins. Vous mentionnez des medecins qui gagnent énormément, soit, mais ce n’est pas une majorité et cela ne me choque pas forcément.

ne vaut il pas mieux que l’argent aille chez le spécialiste, le conaisseur celui qui détient la science et la décision pour faire au mieux selon ce qu’on lui a appris ???

Ce que vous ne savez pas c’est que les financiers et assureurs ou autre auront le pouvoir décisionnels, le dernier mot, et EUX c’est sur, ne voit que rentabilité et profit, c’est cela qu’on leur a appris.

Mettons cela à part, pour le patient, concrétement, le service rendu sera bien moindre. Moins bonne qualité, éfficacité, rapidité, c’est évident.

Et nous ne parlons même pas des professions qui seront toutes touchées probablement si cela ne s’arrëtent pas, des internes qui choisiront par dépis et plus motivation, de spécilaités desertées ou sous qualifiées...

Je crois qu’avoir la possibilité d’aller dans le laboratoire que l’on veut, demander d’avoir un résultat rapidement, de qualité, et laisser les moyens au biologiste et son équipe de réaliser cela est PRIMORDIAL.

2 votes
par lau (IP:xxx.xx2.159.170) le 19 mars 2010 a 15H38
lau (Visiteur)

Exactement, patient lambda ne repétez pas ce que vous entendez, détrompez vous. Avant il y avait des rémunérations raisonnables avec du travail de qualité. Maintenant ce qui va se passer c’est 1, 2 personnes à la tête d’un empire, il n’y a plus de limites, des millions d’euros. Cette personne pourra être un financier, un assureur, bref un inconnu du service à la personne, un inconnu des patients, de la qualité, de la medecine ...

3 votes
par olivier (IP:xxx.xx1.6.213) le 19 mars 2010 a 15H53
olivier (Visiteur)

Vous avez bien raison, mieux vaut engraisser les traders, financiers et autres fonds de pensions américains, plutot que de rémunerer les proféssionnels de santé qui sont au coté des patients.

5 votes
par genyseb (IP:xxx.xx7.243.141) le 19 mars 2010 a 16H14
genyseb (Visiteur)

Je ne suis pas médecin... mais il faut arrêter le délire... je n’ai jamais eu le courage ni la capacité de faire médecine... J’estime que la somme de connaissance que le médecin doit générer pour soigner est énorme. Je sais que ca va faire populiste mais mon serrurier pour ouvrir la porte m’a fait payer 116 Euros (c’est vrail il a été rapide pour arriver mais quand même)... Faudra m’expliquer pour quoi on dit que les médecins sont trop payés... Faut arrêter ca m’enerve ces procès contre le corps médical.... sébastien GENY

4 votes
(IP:xxx.xx8.53.110) le 20 mars 2010 a 13H49
 (Visiteur)

"Alors à choisir oui je préfère que mon argent aille dans la poche de ces assurances plutôt que dans celles de médecins anormalement rémunérés."

Dans le même ordre d’idée :
- quand je vais acheter un kilo de pommes, je préfère que mon argent aille dans la poche des grands groupes agro-industriels plutôt que dans celles des paysans, ces culs-terreux...
- quand je sors pour aller manger, je préfère que mon argent aille dans la poche des grandes chaînes de fast-food plutôt que dans celles des restaurateurs, ces nantis privilégiés...
- quand je vais acheter une capote, je préfère que mon argent aille dans la poche de la grande distribution plutôt que dans celles des pharmaciens, ces distributeurs de médocs sur pattes...
- quand je vais acheter une paire de chaussures, je préfère que mon argent aille dans la poche du grand groupe d’import-export qui a sous-traité à une filiale faisant travailler des gosses au Bangladesh, plutôt que dans celle du cordonnier, ce dinosaure rétro...

C’est une évolution de la société...

3 votes
(IP:xxx.xx9.92.21) le 20 mars 2010 a 18H21
 (Visiteur)

Moi aussi, je rêve d’un monde sans petits commerces, sans artisans libéraux, avec que des grandes chaines cotées en bourse dans tous les maillons de la société : poste, transports et maintenant la santé. C’est sûr, on vit mieux maintenant que dans le passé. Et si on dérèglementait l’armée aussi ? Après tout, aux Etat Unis, très en avance sur nous pour la santé, malgré les tentatives réfractaires et totalitaires d’Obama pour la réformer,ils ont des armées privées. Non, là, heureusement que moi et Sirius521 sommes visionnaires.

1 vote
par Didier (IP:xxx.xx3.24.169) le 22 mars 2010 a 14H41
Didier (Visiteur)

Ce système en général, à nous de le refuser. Que les financiers et les actionnaires de tout poil aillent traîner leur incompétence ailleurs ; qu’ils crèvent, s’ils ne savent rien faire d’autre que d’exploiter les compétences et le travail des autres ! Dans le domaine de la santé, idem, et, concernant la biologie, refusons fermement et sans aucune concession supplémentaire cette ordonnance :

http://www.biologistesencolere.com/...

2 votes
par Pep (IP:xxx.xx0.165.42) le 23 mars 2010 a 09H21
Pep (Visiteur)

Je pense que les gens ne se rendent pas compte de ce qu’il se passe. Ils se focalisent sur le salaire des biologistes...Certes, nous sommes censés bien gagner notre vie (pour l’instant en tout cas) mais nous avons connus beaucoup de sacrifices : 2 concours à passer, 10 ans d’étude après le bac, le stress des gardes (hé oui, la nuit, si les hôpitaux tournent, c’est aussi en parti (mais pas seulement) grâce aux internes). Qu’ont fait les financiers pendant ce temps là :spéculer, chercher les bons filons pour gagner encore plus d’argent. Trouvez-vous normal que des grosses sociétes qui font des bénéfices records chaque année redistribuent leur argent aux traders et, encore plus choquant à mon avis, licencient à tour de bras pour faire des économies et encore plus rémunérer les actionnaires, dont ni vous ni moi ne faisons parti. Il faut se rappeler que les employés licenciés ont une famille à nourrir, des factures à payer, des prêts...Mais ça, les employeurs s’en fichent largement. Je pense que les actionnaires sont encore plus malheureux que les biologistes. Imaginez ! leur principal problème est de placer leur argent (dont ils ne savent que faire, ô les pauvres !) là où cela leur rapportera le plus. C’est sûr qu’une vie comme ça, je n’en veux pas et je préfère largement aller à l’hôpital ou au labo pour bosser 10h par jours et même y revenir le week end au lieu de passer du temps avec ma femme.... Alors arrêtez de taper sur les biologistes, et ouvrez les yeux sur la réalité des choses ! Nous avons un beau système de santé, pour combien de temps encore ?