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Recherche en santé - les actus de juillet 2009
Recherche en santé - les actus de juillet 2009
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2 juillet 2009
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Jean Zin, 23 articles (Rédacteur)

Jean Zin

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Recherche en santé - les actus de juillet 2009

Recherche en santé - les actus de juillet 2009
LA RECHERCHE
Sciences et Avenir no 749, La science anti-âge
 
Le dossier du numéro est consacré à la science anti-âge mais il est bien décevant et mal documenté, trop centré sur la chirurgie plastique. Il y a même de quoi être sidéré devant l’incompétence médicale, notamment sur l’hormonothérapie mais plus généralement sur le vieillissement et les maladies dégénératives. Il faut vraiment se prendre en charge soi-même avant que les progrès de la recherche n’arrivent jusqu’aux médecins...
 

- Un vaccin contre le cancer du poumon, p40

Testé chez des patients souffrant d’un cancer dit à non petites cellules, non opérables mais sans métastases, ce vaccin repose sur une protéine, MUC1, surexprimé dans ce type de tumeur.

- L’épaisseur du cortex prédirait l’Alzheimer, p42

 
Science&Vie no 1102, Les nouveaux monstres du cosmos
 
 

- H5N1 craint le froid, p40

Ce qui a stoppé la pandémie, c’est le fait que le virus H5N1 craint le froid. Sans une nouvelle mutation, il y a donc peu de chance que cette grippe aviaire nous menace vraiment. Heureusement car elle était bien plus mortelle que la grippe porcine.
Le virus ne peut en effet pas se multiplier et donc survivre aux seuls 32°C de nos narines, le site d’inoculation du virus chez l’homme, alors qu’il est tout à fait adapté à la température de 40°C des oiseaux.
 

- Contraception masculine par injection de testostérone, p42

La méthode n’est paraît-il pas nouvelle, seulement améliorée, mais semble bien étonnante car on savait que la testostérone était indispensable à la production des spermatozoïdes mais le principe, c’est qu’en saturant les récepteurs on donne le signal au cerveau de ne plus produire les gonadotrophines qui stimulent les testicules et la production de spermatozoïdes. En tout cas, 500mg par mois stopperait leur production chez des chinois normaux (sans maladies ni déficits) mais des études antérieures ont montré que si ce traitement était efficace à 90% sur les asiatiques mais seulement à 61% pour les européens. On ne sait pas pourquoi...
 

- Le cerveau probabiliste, p 98

C’est sans doute un très grand progrès dans la conception du cerveau, progrès qui n’est pas très nouveau (sinon pour moi !) mais qui rendrait paradoxalement envisageable d’en donner une représentation mathématique... C’est en tout cas cohérent avec la fonction de l’analogie ainsi qu’avec le fonctionnement biologique en général (expression des gènes, système immunitaire, etc.) intégrant une grande part d’aléatoire comme tous les phénomènes darwiniens qui sont sélectionnés par le résultat et non pas programmés séquentiellement (c’est la technique de la canne d’aveugle explorant l’environnement aléatoirement). La conscience peut être assimilée à une irritation, un manque d’information, qui se calme quand une réponse est trouvée, orientant l’action.
"Le concept de cerveau probabiliste, qui a émergé dans les années 1990, affirme que le cerveau est une machine à calculer les probabilités des causes possible de ce qu’il perçoit".
"Le cerveau est à toutes les échelles proprement assailli de bruits parasites". Et ces bruits parasites, assimilables à des signaux aléatoires, sont autant d’indices d’un cerveau effectuant des calculs probabilistes.
"Peut-être que le cerveau fonctionne sur 2 modes. Des phases où le taux de phénomènes aléatoires (bruits) est très fort et des phases où il est faible. La première pourrait correspondre à un état de grande créativité, la seconde à un état de grande efficacité".

BIOLOGIE

- Identification des neurones codant un souvenir

 
"La destruction sélective de ces neurones, et non d’autres choisis au hasard (Dans le langage ordinaire, le mot hasard est utilisé pour exprimer un manque apparent, sinon de causes, au moins de...), efface les souvenirs de la peur à ce son : les souris ne s’immobilisent plus lorsqu’elles l’entendent".
 

- Le rire est le propre des primates

Les chercheurs ont ainsi établi que le rire n’est pas une caractéristique nouvelle ni propre à l’Homme. Selon eux, il s’inscrit dans l’évolution de l’espèce depuis ses ancêtres communs depuis 10 à 16 millions d’années.
On s’en doutait, le rire n’est pas le propre de l’homme mais des primates (qui n’a vu des singes rire à gorge déployée) mais cette étude montre surtout que le rire est une étape vers le langage.
En effet, les gorilles et les bonobos expriment des rires d’une durée de trois à quatre fois supérieure à un cycle respiratoire moyen. Autrement dit, ces animaux arrivent parfaitement à contrôler leur respiration, une étape essentielle selon les scientifiques pour aboutir à l’acquisition du langage chez les humains.

- De la guerre et du commerce dans l’origine du comportement social chez l’homme

Deux études de Science décrivent comment l’interaction entre de lointains groupes de chasseurs-cueilleurs, pour la guerre, le commerce ou l’échange d’idées, peut avoir joué un rôle majeur dans l’évolution du comportement social chez l’homme.
Dans le premier article, Samuel Bowles, de l’Université de Sienne et du Santa Fe Institute à Santa Fe, rapporte que les conflits ont pu favoriser la survie des groupes qui contenaient des individus altruistes voulant risquer leur vie pour les autres. Le chercheur a utilisé un modèle théorique de conflit entre groupes humains pour mesurer les coûts et les bénéfices du comportement altruiste à la fois pour les individus et les groupes. Puis il a incorporé des données issues de l’ethnographie et de l’archéologie sur la mortalité des adultes due à la guerre parmi les populations de chasseurs-cueilleurs préhistoriques et modernes. Ses résultats suggèrent que la guerre était suffisamment courante pour que des comportements altruistes aient pu évoluer, car ils pouvaient améliorer les chances pour un groupe de gagner lors d’affrontements mortels.
Une seconde étude propose que la taille des populations et les modes de migration puissent expliquer pourquoi le comportement moderne de l’homme est apparu il y a environ 90 000 ans en Afrique mais bien plus tard en Europe. Ce comportement correspond notamment au développement d’outils élaborés, d’instruments de musique et de l’art. Ses premières traces ont été découvertes en Afrique et datent d’il y a environ 70 000 à 90 000 ans alors qu’elles remontent à 45 000 ans en Europe. Adam Powell, de l’University College London à Londres, et ses collègues ont analysé un modèle de population dans lequel les individus vivent en groupes et apprennent entre eux ou au contact d’autres groupes lors de migrations. Les auteurs ont trouvé que la complexité symbolique et technique est apparue à l’époque en Afrique puis en Europe en raison de mélanges suffisant des populations pour permettre une propagation efficace des innovations culturelles, et pas forcément en raison de changements dans les capacités cognitives.

- Les autistes plus rapides en calcul

 
Les personnes autistes résolvent les problèmes jusqu’à 40 % plus rapidement que les non-autistes, selon une nouvelle étude de l’Université de Montréal et de l’Université Harvard parue dans la revue Human Brain Mapping.
Au cours de cette recherche, les participants devaient compléter des motifs dans le cadre du test Raven’s Progressive Matrices (RPM), qui mesure les aptitudes à tester des hypothèses, à résoudre des problèmes et à apprendre. Les chercheurs ont recruté 15 personnes autistes et 18 autres non-autistes pour l’étude. Âgés entre 14 et 36 ans, les participants ont été jumelés en fonction de leurs résultats préliminaires mesurés à l’aide d’une échelle d’intelligence pour adultes. Ils se sont tous prêtés à un examen d’imagerie par résonance magnétique durant la résolution des problèmes du test RPM afin que l’on puisse explorer leur activité neuronale.
On connaissait déjà les capacités exceptionnelles de "génies" comme Daniel Tammet ("autiste Asperger") mais le phénomène serait assez général chez les autistes, confirmant aussi l’utilisation des aires visuelles en plus des aires de calcul.
"Les deux groupes ont réussi le test des matrices avec la même précision, mais les autistes ont été plus rapides et semblent avoir utilisé des parties du cerveau traitant l’information visuelle".

- La mélatonine retarde le vieillisement

 
Cela me semblait évident du fait que la baisse de la mélatonine est corrélée à la ménopause/andropause de même qu’une première baisse déclenche l’adolescence et l’éveil de la sexualité mais c’était contesté jusqu’ici. Après avoir prétendu que la mélatonine n’avait aucun effet, on lui en trouve maintenant de nombreux (antidépresseur, anti-âge, anti-insomnies, antioxydants).
Au sein du laboratoire Arago, Elodie Magnanou et ses collaborateurs ont étudié sur le long terme les effets de la mélatonine sur la musaraigne musette, petit insectivore nocturne. En temps normal, l’animal présente les premiers signes de vieillissement dès l’âge de 12 mois, principalement en perdant le rythme de ses activités journalières. En administrant la mélatonine en continu un peu avant 12 mois, l’apparition de ces premiers signes est retardée d’au moins 3 mois, un délai considérable par rapport à la durée de vie de la musaraigne.

 

- L’eau du robinet : pas très claire pour les malades du cancer...

Une centaine d’articles scientifiques passés en revue, 40 experts interrogés et 20 spécialistes cosignataires, dont Luc Montagnier, récent prix Nobel de médecine : le WWF et David Servan-Schreiber lancent une campagne résumée en une phrase, lâchée dans une interview au Parisien : "lorsqu’on a une santé fragile et que l’on vit dans une région où l’eau du robinet dépasse régulièrement les normes acceptables en termes de nitrates et de pesticides, le mieux est de ne pas boire l’eau du robinet, surtout si l’on a un cancer".
En cause, les pesticides, les nitrates et les médicaments qui polluent nos rivières et nos captages d’eau potable. La campagne se base sur des études récentes, qui mettent en évidence divers effets néfastes sur la santé. Suffisant, selon Servan-Schreiber, pour alerter les malades du cancer.
Voir aussi Futura-Sciences.
 

- Lien établi entre pesticides et Parkinson

Parmi les principales familles de pesticides, les chercheurs ont mis en évidence chez les hommes atteints un risque jusqu’à 2,4 fois plus élevé que chez les témoins pour les insecticides de type organochloré. Cette famille de pesticides qui regroupe par exemple le lindane et le DDT a été largement utilisée en France entre les années 1950 et 1990 et se caractérise par une persistance dans l’environnement de nombreuses années après l’utilisation.

- Alzheimer : vers un dépistage sanguin

Pour diagnostiquer la maladie, ils ont utilisé une nouvelle technique très peu invasive appelée biospectroscopie proche infrarouge pour identifier les modifications dans le plasma sanguin des patients atteints de la maladie d’Alzheimer. Ces modifications sont détectables très tôt après qu’elles se soient produites, peut-être même pendant les phases précliniques de la maladie.

- Un médicament contre le diabète démontre des vertus inattendues en oncologie

Une équipe de chercheurs canadiens et américains a découvert que la metformine, un antidiabétique très largement utilisé (vendu en France sous le nom de Glucophage), augmente l’efficacité des lymphocytes T du système immunitaire et donc l’efficacité des vaccins antiviraux et anticancéreux.
« Plusieurs des gènes qui interviennent dans la régulation du diabète jouent aussi un rôle dans la progression du cancer », explique le docteur Jones, professeur au McGill’s Goodman Cancer dans un communiqué. Il précise également qu’un « grand nombre de données laisse par ailleurs penser que les diabétiques sont davantage sujets à certaines formes de cancer ».

- Un traitement contre les maladies auto-immunes ?

 
Des chercheurs ont découvert une molécule qui agit contre l’un des responsables des maladies auto-immunes, le lymphocyte Th17.
L’halofuginone est un dérivé d’une molécule extraite d’une des principales plantes de la pharmacopée chinoise, la Dichroa febrifuga, une cousine éloignée de l’hortensia.
De faibles doses d’halofuginone administrées à des souris atteintes d’un modèle de la sclérose en plaques ont réduit la sévérité de la maladie, précisent les chercheurs.
La molécule déclenche dans la cellule une réaction de protection, comme si elle devait faire face à une situation de pénurie. En l’occurrence, c’est le manque d’acides aminés, les briques de base des protéines, qui pose problème à la cellule. En cas de pénurie, la cellule arrête de produire ce qui consomme le plus d’acides aminés. C’est parce que ce circuit est activé par l’halofuginone que la cellule cesse de fabriquer les Th17, expliquent les chercheurs.

- Une nouvelle stratégie contre le Sida ?

Une fois qu’une cellule est infectée par le VIH-1, l’activation du gène du virus produit une importante molécule d’acide ribonucléique (ou ARN) du VIH-1 connue sous le nom d’ARN génomique. Cette molécule est ensuite transportée du noyau de la cellule vers la surface intérieure de la membrane du plasma.
Imaginez qu’il saute sur un véhicule en marche et lui fasse prendre la direction qu’il veut.
En comprenant désormais un peu plus comment le VIH-1 réquisitionne le mécanisme de transport de la cellule, les chercheurs peuvent espérer commencer à élaborer des stratégies pour en bloquer le processus.

- Pas de panique !

Une molécule capable de se lier à la protéine translocatrice (18 kDa) semble contrecarrer l’anxiété et les crises de panique chez l’homme comme chez la souris tout en ne causant pas les effets secondaires observés avec les médicaments actuels indiquent des chercheurs. Leurs résultats suggèrent que cette molécule, le XBD173, pourrait être un bon candidat en tant qu’agent rapide et sûr contre l’anxiété.
Les auteurs avancent que l’effet calmant de l’XBD173 provient de sa modulation d’un neurotransmetteur inhibiteur, le GABA, et qu’il pourrait être considéré en vue de futures applications cliniques.
 
Jean Zin
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