En 2007, une épidémie du virus Ebola avait entraîné 37 morts en Ouganda.
Réapparu il y a un mois dans l’ouest du pays, ce virus très contagieux
et hautement mortel a cette année causé la disparition de 14 personnes.
Mais la situation pourrait vite s’envenimer : Ebola a atteint la
capitale, Kampala, où un décès a été enregistré. La ville compte 1,5
millions d’habitants, et l’antenne ougandaise de l’Organisation mondiale
de la Santé a noté une augmentation de 120% des contagions en l’espace
de quelques jours à peine.
L’inquiétude est de mise à Kampala, capitale de l’Ouganda. Les responsables sanitaires ougandais s’y sont réunis avec un porte-parole de l’OMS le 28 juillet dernier devant un parterre de journalistes pour faire le point sur la percée du virus Ebola, ce « fléau africain » qui a franchi les portes de la ville. Le virus a tué 14 personnes sur l’ensemble du mois de juillet, et les experts évoquent bel et bien une épidémie. Comme l’a indiqué le président de l’Ouganda, Yoweri Museveni, une des victimes est passée de vie à trépas sur un lit de l’hôpital de Mulago, dans la capitale. Un spécialiste s’est avancé vers micro pour indiquer que « les investigations en laboratoire pratiquées à l’Institut ougandais de recherche virale ont confirmé que la maladie signalée dans la région de Kibaale [dans l’ouest du pays, ndlr] est bien la fièvre hémorragique due au virus Ebola ».
Le docteur François Bricaire, médecin chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière est de ceux qui, en France, suit attentivement ces développements inquiétants dans ce pays de l’est de l’Afrique. Joint par TV5, ce spécialiste apporte des précisions sur ce virus, qui a été identifié en 1976 au Zaïre (actuelle République démocratique du Congo) : « Le temps d’incubation, entre la contamination et le début des symptômes, est de l’ordre de 5 à 10 jours ». Si l’OMS indique que les fièvres hémorragiques engendrées par Ebola prennent la forme de brusque montée de température, précédant souvent des vomissements, des diarrhées, une insuffisance rénale et hépatique et des hémorragies internes et externes, les autorités sanitaires locales insistent sur le fait qu’en cas de retard dans l’assistance médicale, le malade succombe en quelques jours suite à un choc cardio-respiratoire.
François Bricaire explique de son côté que, généralement, Ebola se limite à des zones rurales : « Dans un schéma classique, le virus se développe par des contacts en forêt. Il y a un réveil du virus peut-être à partir de chauves-souris qui contaminent des singes. Et les singes de la forêt, eux, contaminent les chasseurs. Puis la transmission d’un individu à l’autre se fait par la sueur, les selles et les mains sales ». Comme le rappelle cet expert, la meilleurs façon de se prémunir de ce virus, pour lequel il n’existe aucun traitement ni vaccin, est l’hygiène. Reste que si la contagion n’est pas rapidement maîtrisée, Ebola risque à la fois de faire de nombreuses victimes à Kampala, et également de s’étendre aux pays voisins. Selon l’OMS, Ebola a causé la mort de 1 200 personnes depuis sa découverte, et c’est la quatrième fois que le virus apparaît en Ouganda depuis 2000, date à laquelle l’épidémie avait tué 224 personnes.