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Le trouble "Borderline" n’est pas simplement une "depression"
Le trouble "Borderline" n'est pas simplement une "depression"
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18 octobre 2010
Auteur de l'article
Tichote, 28 articles (Rédacteur)

Tichote

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Le trouble "Borderline" n’est pas simplement une "depression"

Le trouble "Borderline" n'est pas simplement une "depression"

Lorsque j’ai fait naître mon blog en mars 2007 "Céline n’est plus Borderline", j’étais loin de me douter qu’en réalisant des recherches sur le trouble borderline dont souffrait mon enfant Céline, j’allais susciter tant de commentaires, de questions…Cette maladie m’était totalement inconnue et j’étais loin de me douter qu’un si grand nombre de personnes pouvait en souffrir. Et puis au fil du temps, j’ai eu des contacts, des amitiés se sont créées…et surtout il y avait ce besoin de parler, d’être entendu, peut-être même d’être compris.

Le 26 août 2010, je recevais un message d’une journaliste pour l’émission « Toute une histoire » de France2. Cette journaliste, ayant découvert mon blog, souhaitait me faire venir sur le plateau. « Notre but est de parler du suicides chez les jeunes, de briser certains tabous et surtout d’aider des familles qui sont dans ce cas et se murent dans le silence ».
 
Les épreuves de Jean-Luc Delarue m’ont laissée à penser que cette émission n’aurait jamais lieu puisque je n’avais aucune nouvelle. Puis à ma grande stupeur, le 4 octobre dernier, Sophie Davant anima avec une grande émotion l’émission sur « Leur enfant s’est donné la mort. Comment vivre sans lui ? »
Par téléphone, j’ai discuté très longuement avec cette journaliste qui a conclu cet entretien par « faites moi parvenir des photos » (ce que j’ai fait aussitôt) et je vous recontacterai pour l’enregistrement de l’émission.
 

J’aurai tant voulu moi aussi témoigner mais sous l’angle de la non assistance à personne en danger. Le suicide, deuxième cause de mortalité chez les jeunes devrait alerter et faire réagir chacun d’entre nous.
Parmi les invités, il y avait Paul et son intervention a été résumée ainsi : « Il y a 2 ans, la fille de Paul, qui souffre de troubles de la personnalité depuis quelques années, est retrouvée pendue dans son appartement, rongée par une importante dépression. C’est l’une de ses amies qui la retrouvera. Aujourd’hui, Paul, qui a trouvé refuge dans le travail, ne lui en veut pas pour ce qu’elle a fait. Il lui pardonne. »
La fille de Paul était Borderline. Nul au cours de l’émission ne s’est arrêté sur ce terme, traduit dans le résumé ci-dessus par « une importante dépression ». Non, Paul n’a pas prononcé le mot de pardon. Il a dit qu’il comprenait, il a tenté d’expliquer cette souffrance atroce qui était le quotidien de son enfant.
Ce matin même j’ai reçu un message de ma jeune amie Sandra : « Il faut parler du trouble borderline »
« Velouria » mon amie québécoise :« Il y a des secrets que l'on garde.
D'autres que l'on révèle Et certains...pour lesquels on meurt...jeudi 20 septembre 2007
« Ce matin, j'ai envie de vous parler de ma maladie. Sachez que ça m'est difficile d'en parler, je n'aime pas tellement ça. Pk ? parce que je n'ai pas encore accepté, même après 16 ans. »
« On m'a diagnostiquée 'personnalité borderline' à l'âge de 21 ans, suite à une très grosse dépression qui m'a conduite environ 3 semaine à l'hôpital. »
« D'abord, le docteur a cru que je faisais de l'anorexie, ensuite il a revu son diagnostic. Le couperet est tombé : Borderline. J'ai eu l'impression de recevoir le ciel sur la tête. »
« Du coup j'avais pensé : NON ! Je ne suis pas FOLLE !! Comme bien des gens, j'avais ce préjugé comme quoi les maladies mentales sont signes de folie. »
 
Alors je vais, je tiens à vous livrer des témoignages bouleversants de personnes atteintes de ce trouble du comportement. Certes, cela ne se voit pas à l’œil nu ! Les borderline ont un peu cette double personnalité du Docteur Jeckyl et Mister Hyde. Dans la vie de tous les jours ils porteront le masque du sourire mais leur 2éme personnalité les grignote de l’intérieur, les torture, les anéantie. C’est déroutant et épuisant pour les personnes qui accompagnent les « borderlines » jusqu’aux portes de leur enfer, qui voudraient tant les aider et qui ne savent réagir devant tant de souffrance…
« Etre borderline, c'est être porté à s'autodétruire de toutes les façons possibles pour oublier la souffrance PERMANENTE, qui ne nous lâche jamais.  » « J'ai ainsi survécu à 3 tentatives de suicides assez sérieuses »
 
Marlène :« Je suis consciente que mon chemin reste long...Mon conjoint m'accompagne comme il peut.
Nous essayons de comprendre tous les deux ensemble ce qu'est cette maladie. J'ai la chance de beaucoup échanger avec mon conjoint.
J'ai une totale confiance en mon psychiatre à qui je parle sans mal. »
« Pour ce qui est de mon enfance, il n'y a pas de doute que cela vient de là. J'en ai parlé à mon psychiatre. »
J'avoue que si c'est dur pour moi, c'est aussi dur pour mon conjoint qui se sent parfois impuissant à mon désarroi ou face à cette tristesse qui m'envahit si soudainement. Ces variations d'humeurs sont si perceptibles...Cette souffrance est parfois si dur à porter et en plus de voir que d'autres en souffre à travers nous...C'est encore plus angoissant.
 
MAYA : " Bonjour, j'ai 33 ans et je viens d'apprendre que je suis borderline . Pas facile en ce moment, je vois tout noir...Dans la nuit de mardi à mercredi, afin de stopper une nouvelle crise de colère, mon conjoint m'a frappé au visage. Maintenant, j'ai un gros bleu et j'ai dû mal à assumer...Pourquoi en sommes-nous arrivés là ? Nous avons un enfant ensemble et 5 autres d'une première union. Mes trois plus grands enfants ont été témoins de cette scène. Et depuis, je m'en veux à en crever...Heureusement, je vais voir demain le psychiatre qui a décelé cette maladie mais j'ai trop honte, comment lui en parler ? Bref, ça me fait du bien de voir que d'autres en souffrent mais guérissent. Je ne conduis pas et j'habite la campagne depuis 2 ans et je me sens terriblement seule coupée du monde. "
 
Miss2007 : « Vos articles sur la maltraitance m'ont touchée. J’ai été maltraitée par ma mère pendant 29 ans. Ma mère est très perverse, manipulatrice et autoritaire…Je vivais avec ma mère folle, mon beau-père qui était un homme battu par ma mère et qui se réfugiait dans l'alcool pour oublier son malheur et ma sœur, la seule de la famille qui a été épargnée de la violence de ma mère. D'apparence, nous étions une famille "modèle", même "trop bien » à côté des autres...ma mère donnait l'image d'une mère exemplaire, qui s'occupait « trop » de ses enfants...on était bien habillées etc...
Nous vivions dans une violence extrême, ma mère piquait des crises de folie. Elle hurlait, frappait et sortait les couteaux de cuisine...J'étais le larbin de la famille, je n'avais pas le droit de sortir pour garder ma mère malade (qui avait peur de rester seule), ma mère refusait de me nourrir correctement et dans sa folie, elle gavait de nourriture ma sœur qui était obèse. On n’avait pas le droit de dormir la nuit et ma mère nous humiliait, insultait, rabaissait...nous étions "SA CHOSE", un objet ! …J'ai été tellement malheureuse que je suis tombée malade : j'ai une psychose paranoïde. Ce qui m'a fait le plus mal, c'est de n'avoir pas été cru pendant toutes ces années parce-que j'étais malade. J'avais fais deux tentatives de suicides, j'étais prête a mourir si on ne m'éloignait pas de ma mère. Cette histoire remonte il y a 8 ANS »
 
Katefannay :« Bonjour.....tous ces écrits me touchent au plus profond de mon être....je suis bipolaire et borderline.....depuis mon adolescence, mais on ne me l’a révélé vers l'âge de 49 ans et j'ai 54 ans !!!! Je comprends bien de mes attitudes...et depuis peu je sais que ma mère l'était aussi....ce qui explique également tout ce que nous avons vécu toutes les 2 !!! Folie devenue ordinaire...j'suis bipo...tu sais bipolaire... et borderline !!! Je suis devenue funambule....la vie sur le fil...Bipolaire et Borderline...
 
 
Ma Julie, mon amie virtuelle depuis si longtemps : " Mon fils est aussi borderline et nous ne sommes plus que deux à en prendre conscience et à l'aider, le reste de la famille ne prends pas ses comportements comme maladie mais en tant que méchancetés. Durant vingt ans nous avons tous souffert à cause de cette maladie, à présent il va mieux et est dans un « hôme », il passe à la maison chaque jour. Cette semaine on lui a encore augmenté la dose de médicaments. Nous avons peu d'écoute ici en Belgique et je déplore que cette maladie soit méconnue !
Si ce blog peut avoir une quelconque utilité, c’est peut-être par tous ces témoignages d’une réalité trop souvent méconnue.
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