Le travail, est-ce vraiment la santé ? Ca dépend à quel point. Selon une
étude européenne menée sur près de 200 000 travailleurs, le lien entre
le travail est le stress ne fait plus de doute possible. Et ce dernier
déboucherait sur une augmentation de 23% du risque d’infarctus du
myocarde. Les travaux ont été publiés le 14 septembre dans la revue
médicale The Lancet.
Des études ont suggéré, depuis plusieurs années, que le stress au travail est un facteur important dans le déclenchement des maladies cardiovasculaires. Mais aucun résultat décisif n’avait pu donner une inclinaison claire à cette hypothèse. Cependant, il y a du nouveau. Des chercheurs, répartis sur sept pays européens (France, Belgique, Danemark, Finlande, Royaume-Uni, Pays-Bas et Suisse) ont en effet regroupé des résultats portant sur 197 473 participants, suivis depuis la fin des années 80 et se trouvant eux-mêmes en différents points du continent. Pour les scientifiques la définition du stress, dans le cas présent, est la suivante : « Le stress au travail est la combinaison d’une forte demande et d’une faible marge de manœuvre. Est stressé(e) celui ou celle dont on exige beaucoup mais qui n’a pas -ou très peu- d’autonomie et de contrôle sur les décisions ».
Et le lien entre le stress au travail et les accidents cardiovasculaires ne fait plus l’ombre d’un doute : Si 15,3% des individus sont exposés au stress au travail, il ressort des données que le risque est accru de 23% chez les personnes exposées au stress, par rapport aux individus non stressés. Et comme le précisent les auteurs de l’étude, « ce chiffre a pris en compte les variables liées à l’âge ou au mode de vie ». En France, ces travaux ont porté sur la cohorte Gazel, qui regroupe 20 000 agents d’EDF-GDF. En conclusion, les chercheurs lancent un appel aux autorités des pays concernés par l’enquête : « Il faut absolument améliorer la prévention du stress au travail pour réduire le risque d’infarctus ».