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le soleil, vitamine D et cancer
le soleil, vitamine D et cancer
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20 février 2012
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Marielea, 39 articles (Rédacteur)

Marielea

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le soleil, vitamine D et cancer

le soleil, vitamine D et cancer

La vitamine D protège-t-elle du cancer ?
Très certainement. Il existe pour cela des preuves chez l’animal et sur des cultures de cellules. La vitamine D -1,25(OH)2 D3- est un inhibiteur puissant des tumeurs. Elle peut « ordonner » à des cellules précancéreuses de se comporter à nouveau comme des cellules saines. Elle favorise le suicide cellulaire des cellules cancéreuses et freine leur prolifération, appelé l’apoptose (1).

En plus de ces données expérimentales, nous disposons d’études concordantes sur l’homme : regardez la carte ci-contre ! Le site du National Cancer Institute présente aussi une carte où à mesure qu’on progresse vers le nord, la mortalité pour les cancers du sein, de la prostate et du côlon augmente. Cette corrélation a été trouvée pour 16 cancers et elle ne peut être expliquée par des différences alimentaires, génétiques ou ethniques. Le même constat a été fait pour d’autres régions du monde comme l’Europe, l’ex-URSS, le Japon.

En Grande-Bretagne, les hommes qui prennent leurs vacances au soleil ou qui se mettent régulièrement au soleil ont moins de risque de cancer de la prostate que ceux qui prennent leurs vacances chez eux ou qui évitent le soleil.

Une analyse de mars 2007 qui portait sur 1760 femmes dont les taux de vitamine D étaient connus vient de conclure que celles qui avaient environ 52 ng/ml de (25(OH)D) avaient deux fois moins de risque de cancer du sein que celles dont le taux était inférieur à 13 ng/ml. Une analyse de 5 études sur le cancer du côlon pour lesquelles on connaissait le niveau de vitamine D sérique montre que les personnes dont le taux de 25(OH)D est supérieur à 33 ng/mL ont deux fois moins de risque de cancer que celles dont le taux est inférieur à 12 ng/mL. Pour s’assurer de cette protection, il faut consommer 1000 à 2000 UI de vitamine D3 par jour.
Des chercheurs français ont établi une relation entre le niveau de vitamine D et le risque de cancer du sein. Les derniers résultats de l’étude E3N en effet, font état d’une « diminution significative (25%) du risque de cancer du sein chez les femmes présentant des concentrations en vitamine D les plus élevées » (3).

Une étude portant sur 175 pays montre que les taux de cancer des ovaires sont plus élevés dans les pays qui bénéficient d’un faible ensoleillement et ceux qui reçoivent peu d’UVB en raison de la densité de la couche d’ozone.(4)
Une autre a conclu que si les îles britanniques recevaient autant de soleil que la Floride, il y aurait en Grande-Bretagne 22 000 morts de moins par cancer. Edifiant et consternant à la fois !

Un peu d'histoire ? En 1990, les frères Garland, deux médecins épidémiologistes de la marine américaine montrent que le taux de cancer du sein varie du simple au triple entre les régions du Sud de l’ex-URSS et celles du Nord. La même année, ils étendent la démonstration aux grandes villes des États-Unis : le risque de mortalité par cancer du sein, expliquent-ils, y « est inversement proportionnel à l’intensité de l’ensoleillement ». Un constat établi depuis, pour d’autres types de cancers.(5)
 
En revanche, une fois le cancer diagnostiqué, quelques preuves arrivent.
En Norvège, une femme vit plus longtemps si le diagnostic de cancer du sein est fait en été que s’il est fait en hiver. C’est aussi le cas pour les cancers de la prostate, du côlon, des poumons, et les cancers lymphatiques. L'épidémiologiste David C. Christiani. a établi qu’une personne souffrant d’un cancer du poumon (non à petites cellules) ont plus de deux fois plus de chances de survivre 5 ans si leur maladie est trouvée en été.(6)
 
En hiver , le soleil est rare. Peut- on fabriquer de la vitamine D ? Très peu sous nos latitudes, répondent les scientifiques. La vitamine D n’est synthétisée que dans les conditions où la longueur d’onde du rayonnement solaire est inférieure à 313 nanomètres (1 nm = 10-9 mètre).
La France ne reçoit pas de rayonnement inférieur à 313 nm entre novembre et février : nous produisons très peu de vitamine D dans cet intervalle. A la latitude de Paris, nous ne fabriquons que très peu de vitamine D entre la mi-octobre et la mi-avril.

En été, la synthèse de vitamine D par la peau couvre en moyenne les deux tiers des apports.

Quelques facteurs qui limitent la quantité de vitamine D fabriquée au soleil ou son utilisation :
- La couverture nuageuse
- La pollution atmosphérique parce que le dioxyde de soufre, un composant majeur de la pollution atmosphérique, absorbe le rayonnement ultraviolet dans le spectre 290-300
- Le port de vétements couvrants
- La pigmentation de la peau (bronzage, peaux naturellement sombres ou noires) car la mélanine, le pigment de la peau, dispute au 7-déhydrocholestérol les photons UVB.
- L’âge : une personne de 70 ans synthétise 4 fois moins de vitamine D qu’une personne jeune, à exposition comparable, car la quantité de vitamine D produite dépend de l’épaisseur de la peau et que les personnes âgées ont une peau plus fine.
- La corpulence : les obèses ont moins de vitamine D circulante à niveau d’exposition comparable, parce que celle-ci a tendance à être stockée dans les graisses.
- L’usage de crèmes anti-UV : les crèmes dont l’indice de protection UVB est supérieur à 15 peuvent diminuer de 99% le nombre de photons UVB pénétrant la peau.
- L’exposition derrière une vitre : le verre absorbe la totalité des UVB donc l’exposition derrière la vitre d’une véranda n’aura aucun effet sur la synthèse de vitamine D.

En été, exposons nous au soleil , 15 à 30 minutes par jour (en 4 semaines le niveau de vitamine D (25(OH)D3 est multiplié par 3 à 4).
Quelques conseils santé :
- Exposez-vous chaque jour si vous le pouvez, sans vous brûler ni utiliser de crèmes solaires
- Exposez-vous en France l’été jusqu’à 11 h – 11 h 30 et à partir de 14 h 30 - 15 h
- Commencez par vous exposer moins de 5 minutes par jour
- Exposez votre corps mais protégez votre visage
Certains objecterons : et le risque de mélanome ? La plupart des études conduites jusqu’ici indiquent que l’exposition régulière au soleil protège contre le mélanome malin, alors que la maladie est surtout liée à des expositions sporadiques et brutales, et aux coups de soleil sévères. Le bronzage, l’épaississement de l’épiderme mais aussi le statut en vitamine D pourraient expliquer cette protection.
D’autres essayerons de trouver un biais à cette exposition solaire en consommant des laitages enrichis en vitamines D ! bah !
 Le niveau de vitamine D dans ces aliments est trop faible pour avoir un effet significatif . Les produits laitiers en France apportent environ 60 UI de vitamine D pour 100 g ou 100 ml. Un bol de lait fournit donc environ 150 UI. Cette quantité n’a qu’une influence minime d’influence. En plus, ce n’est pas une très bonne chose dans la mesure où à dose élevée ,les laitages ne semblent pas promouvoir la santé. Ayant été sérieusement incriminés dans le risque de cancer des ovaires(6) – j’étais yaourthivore de grande envergure- J’ai abandonné sans regret, les laitages de supervaches depuis presque 5 ans..
 
Ce tableau pour mettre en évidence l’impossibilité d’atteindre le taux idéal par l’alimentation ;
Ration quotidienne nécessaire
pour couvrir les besoins
Ration hebdomadaire nécessaire
pour couvrir les besoins
Huile de foie de morue
1,5 cuillère à café
10,5 cuillères à café
Girolles
12 portions de 60 g
84 portions de 60 g
Hareng au vinaigre
2 portions de 60g
14 portions de 60 g
Sardines à l'huile
20 sardines
140 sardines
Œuf dur
22 œufs moyens
154 œufs moyens
Lait enrichi en vitamine D
10 verres
70 verres
Foie de veau
50 tranches de 100 g
350 tranches de100 g
Beurre
5 plaquettes de 250 g
35 plaquettes de 250 g
 
Vous voyez la difficulté ;) Grande consommatrice raisonnable de soleil, pourtant mon taux de vitamine D est un peu juste en ce mois de février.. je vais donc complémenter – et je ne sois pas une adepte du supplément !

En dehors de l’huile de foie de morue de nos arrières –grands-mères, on trouve en France cinq types de suppléments par voie orale :
- Ceux qui contiennent de la D2 (ergocalciférol) : Stérogyl, Uvestérol, Frubiose vitamine D2
- Ceux qui contiennent de la D3 (cholécalciférol) : Vitamine D3 Bon, Uvédose, Zyma D
- Ceux qui contiennent de la 25(OH)D3 (calcifédiol) : Dédrogyl
- Ceux qui contiennent de la 1,25(OH)2 D3 (calcitriol) : Rocaltrol
Le Stérogyl gouttes, qui contient 400 UI de vitamine D2 par goutte, soit 10 µg, est le médicament le plus utilisé dans la prévention du rachitisme chez le nourrisson et le jeune enfant ; il peut être prescrit chez l'adulte.
Cela dépend de chacun mais plusieurs associations de cancérologues parlent de 1000 U par jour pendant les saisons sans soleil.
Une étude a montré que les prises hebdomadaires sont les plus efficaces.
 
Il existe 2 façons de faire :
- Consommez quotidiennement de l’huile de foie de morue en capsule si vous la digérez bien.
Ou bien :
 
- Demandez à votre médecin de vous prescrire 20 gouttes de Dédrogyl™ tous les dimanches (ou un autre jour ;).
Quel que soit le traitement, il doit être pris AU COURS du repas.
Ne prenez pas la vitamine D associée à un comprimé ou un sachet de calcium.
Dans tous les cas, il faut préférer la vitamine D3 parce que celle-ci est 2 à 3 fois plus biodisponible que la D2 et vérifier que votre taux de vit D remonte dans des normes acceptables.
Un autre moyen de préserver son taux de vitamine D : aller marcher 30 mn tous les jours à l’extérieur !
Parlez-en à votre médecin !
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Cancer Soleil Vitamine D