Le sang des français contaminé par les pesticides

Dans l’hexagone, le danger induit par les pesticides est réel. Selon l’Institut de Veille Sanitaire (InVS), qui a publié une études sur la contamination chimique, les français, particulièrement menacés par le PCB, seraient globalement plus atteints que les Allemands ou les américains par les pesticides agricoles.
L’Institut de Veille Sanitaire a publié, le 14 mars dernier, les premières conclusions rendues par le volet environnemental de l’« étude nationale nutrition santé » (ENNS). Des analyses effectuées sur les prélèvements de sang, d’urine ou de cheveux de personnes adultes ont ainsi permis, pour la première fois, de mesurer les risques d’ingestion de pesticides encourus lors de l’alimentation. Il ressort des observations que les niveaux de plomb, cadmium, mercure et arsenic organique sont stables ou en baisse. En revanche, dans l’hexagone certaines catégories de pesticides sont présentes dans le sang dans des proportions au moins trois fois plus importantes qu’aux Etats-Unis ou en Allemagne.
Il en va plus spécifiquement des pesticides, dits pyréthrinoïdes, utilisés dans l’agriculture, l’horticulture ou l’entretien domestique. Dans ce dernier cas, il conviendrait tout particulièrement de se méfier des substances dégagées par les produits antimites ou les déodorants pour toilettes, véhiculant des pesticides dits organochlorés : En France, leur présence dans le sang serait dix fois supérieure au taux observé outre Atlantique. Concernant les PCB (polychlorobiphényles) le constat est encore plus alarmant.
Malgré leur interdiction, ils restent plus élevés en France que dans d’autres pays témoins. Utilisés jusque dans les années 1970 dans l’industrie, les PCB sont source de résidus toxiques qui sont encore présent dans l’air, le sol, l’eau et les sédiments, contaminant tous les organismes vivants jusqu’à l’homme. Pour l’heure, peu d’initiatives ont été prises pour informer des dangers du PCB en France. Ils sont pourtant source de fatigue généralisée, d’anorexie, de perturbations endocriniennes et peuvent générer des cancers. Face à ce constat préoccupant, l’InVS a promis de procéder à une étude de plus grande envergure dans le courant de l’année prochaine.
La reproduction totale ou partielle de l'article est strictement interdite sans accord préalable de l'auteur







