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Un point sur les maladies rénale, et le diabète
Un point sur les maladies rénale, et le diabète
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9 mars 2010
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LC, 33 articles (Equipe de Rédaction)

LC

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Un point sur les maladies rénale, et le diabète

Un point sur les maladies rénale, et le diabète

A l’occasion de la 5ème journée mondiale du rein qui a pour thème cette année « Le diabète : comment protéger ses reins ? », l’équipe de Carevox a interviewé le docteur Brigitte Lantz, responsable de la communication et des relations publiques de la Fondation du Rein.

LC : A quoi servent les reins ?

Brigitte Lantz : Les reins sont des filtres. Ils filtrent le sang et ils éliminent les toxines du sang dans les urines, qui éliminent aussi l'eau en trop. Car si on gardait toute l'eau qu'on absorbe soit en boisson, soit en nourriture on serait une outre, ça ne serait pas possible. Le rein est un filtre pour l'eau et pour les déchets qui proviennent de certains aliments comme l'urée qui vient des protéines, l'acide urique et différents autres déchets comme par exemple la créatinine.

LC : Comment se rend-on compte que l'on est en insuffisance rénale, que l'on a un problème avec les reins ?

BL : D'abord on peut se rendre compte qu'on a une maladie rénale avant d'avoir une insuffisance rénale. Et c'est important de détecter une maladie rénale avant qu'il n'y ait une insuffisance rénale. Il y a des petits signes qui sont évocateurs, comme : du sang dans les urines, qu'on ne voit pas nécessairement mais qu'on peut détecter sur une bandelette, de l'albumine dans les urines, une protéinurie qui se détecte à la bandelette aussi et qui peut se manifester par des oedèmes du visage, des paupières ou des chevilles, notamment quand on est en position debout pour les chevilles, et le matin pour les paupières. Ça peut aussi se manifester par une hypertension artérielle. Les maladies rénales sont en effet souvent associées à de l'hypertension artérielle, c'est pourquoi mesurer sa pression artérielle permet de détecter des maladies rénales. Et à un stade très avancé d'insuffisance rénale, ça peut être une fatigue anormale qu'a le patient et qui peut être en rapport avec une anémie se manifestant par une pâleur cutanée très importante. Cette anémie s'accompagne d'essoufflement et est due à un manque de production de globules rouges. Le rein produit une hormone qui s'appelle érythropoïétine, la fameuse EPO qui stimule la moelle osseuse où sont fabriquées les globules rouges. Quand le rein est abîmé par l'insuffisance rénale, il ne secrète plus cette EPO. Le premier symptôme est donc l'anémie.

LC : Alors une personne qui va se lever le matin, avec les paupièrs gonflées ou qui va avoir dans la journée des jambes lourdes, elle doit passer des tests ?

BL : Non, il ne faut pas confondre ces oedèmes avec des formes d'insuffisance veineuse, qui donnent des jambes lourdes. Je ne parle pas de jambes lourdes, mais d'oedèmes extrêmement importants. On dit dans notre jargon, « qu'ils prennent le godet », c'est-à-dire que lorsqu'on appuie le doigt tout doucement, l'empreinte du doigt reste. Ce sont donc des oedèmes très importants avec une prise de poids de 4, 5 kilos d'oedème.

LC : Pourquoi cette année, la journée mondiale du rein est en lien avec le diabète ?

BL : Tous les ans pour la journée mondiale du rein, on cible une priorité. L'année dernière c'était l'hypertension artérielle. Cette année ce sont les complications rénales du diabète. Et à l'heure actuelle 30% des patients qui sont en insuffisance rénale et qui sont dialysés, ont un diabète, c'est-à-dire qu'ils sont en dialyse à cause d'un diabète. Et si on fait l'addition entre les maladies cardiovasculaires et le diabète, pour 5O% des gens de plus de 50 ans qui rentrent en dialyse aujourd'hui, la cause de leur mise en dialyse est soit le diabète soit une maladie cardio-vasculaire notamment l'hypertension artérielle. Et 50 ans c'est très jeune, quand on pense à la moyenne d'âge qui est presque le double actuellement.

LC : Donc ce sont ces deux causes qui vont engendrer des complications rénales ?

BL : Oui, alors que ce sont deux causes évitables, une hypertension artérielle bien traitée n'entraîne pas d'insuffisance rénale.
 
LC : Pouvez-vous nous donner des conseils alimentaires pour éviter ces maladies rénales ?

BL : Il s'agit déjà : de ne pas manger trop salé, parce que le sel entraîne des hypertensions artérielles, ensuite d'avoir une alimentation pas trop riche en corps gras, en cholestérol, parce que beaucoup de maladies cardiovasculaires sont dues justement à un excès de cholestérol et de triglycérides qui vont avoir un effet délétère sur les vaisseaux du rein et du coeur. Il faut avoir également une activité physique, parce que le sport a un effet bénéfique sur la pression artérielle, le poids, la glycémie, sur tout. Le tabac a un effet très mauvais sur les vaisseaux du rein.
Donc pour résumer, il faut contrôler l'excès de poids, augmenter son activité physique, arrêter le tabac, avoir un parfait contrôle de la glycémie et de la cholestérolémie, c'est-à-dire surveiller son hygiène alimentaire, afin d' éviter l'hypercholestérolomie. Et quand il y a des anomalies qu'on ne peut pas contrôler par l'alimentation ou des régimes, il y a des médicaments qui sont protecteurs. Ainsi quand on a déjà une protéinurie, c'est-à-dire une maladie rénale qui correspnd à de l'albumine dans les urines, il existe des médicaments qui protègent le rein en diminuant cette protéinurie.

LC : Quelles sont les personnes les plus touchées actuellement ?

BL : La moitié des personnes les plus touchées ont plus de 50 ans.

LC : J'ai vu sur le sitede la fondation du rein , qu'il était également question du syndrome néphrotique de l'enfant.

BL : Le syndrome néphrotique de l'enfant est une maladie rare, donc pas si fréquente et qui ne conduit pas toujours à l'insuffisance rénale. Cette maladie reste malgré tout une préoccupation. On y a beaucoup travaillé et on continue, car il faut la traiter pour éviter qu'elle ne devienne une insuffisance rénale.

LC : Quels sont les traitements pour les personnes en insuffisance rénale ?

BL : Pour les personnes qui sont en insuffisance rénale chronique qui doivent avoir un traitement supplétif de leur fonction rénale, il y a soit la dialyse, soit la greffe. Il y a deux sortes de dialyse, soit l'hémodialyse soit la dialyse péritonéale.

LC : Est-ce que vous pourriez nous dire rapidement en quoi consistent ces traitements ?

BL : La greffe, c'est quand on remplace le rein défaillant par un autre rein. Il peut s'agir d'un rein provenant soit d'un donneur vivant, quand c'est un donneur proche du patient c'est-à-dire apparenté, soit d'une greffe de rein cadavre.
Lorsque le traitement se fait par dialyse : avec l'hémodialyse, il faut un appareillage sophistiqué. Le filtre qu'on utilise est une membrane. C'est une grosse machine, qui ressemble un peu à un système de machine à laver avec des filtres. Le rein est fitré à travers cette membrane et est nettoyé de ses impuretés, de ses toxines. Comme il faut un débit sanguin suffisant, on va réaliser chirurgicalement et sous anesthésie locale une fistule artério-veineuse, c'est-à-dire qu'on pique avec de grosses aiguilles à vaisseaux. L'hémodialyse nécessite généralement trois séances par semaine, durant chacune de 4 à 5 heures sous la responsabilité de l'équipe médicale néphrologique
Avec la dialyse péritonéale, c'est le propre péritoine du patient qui sert de filtre. On place chirurgicalement dans la cavité péritonéale sous anesthésie locale ou générale, un cathéter souple. La dialyse péritonéale peut se faire toutes les nuits chez soi, avec un système qui nettoie les reins. Vous connectez avant le coucher votre cathéter intrapéritonéal à plusieurs poches contenant du dialysat (solution de sels minéraux dont la composition est proche de celle du sang) et reliées à la machine programmées qui va assurer les remplissages et les vidanges de la cavité péritonéale.

LC : La dialyse péritonéale semble moins contraignante ?

BL : Ça peut paraître moins contraignant, mais il y a des indication et des contre-indications comme dans toutes les méthodes.

LC : Lesquelles par exemple ?

BL : Une indication idéale pour la dyalise péritonéale, c'est un sujet jeune qui peut être rapidement greffé. Il aura donc peu ou pas besoin de dialyse trop longue. Mais pour la personne qui a eu de multiples péritonites ou plusieurs interventions abdominales, comme pour la personne qui prend énormément de poids entre deux séances de dialyse, ça ne va pas être une bonne indication pour la dialyse péritonéale. Il y a donc peu de contre-indications, même s' il y en a malgré tout. La personne a quasiment presque toujours la possibilité de choisir entre les deux dialyses. L'âge n'est pas une indication ou une contre-indication. Il y a des petits enfants et des personnes âgées qui sont en dialyse péritonéale

LC : Est-ce qu'un petit enfant en dialyse péritonéale peut vivre longtemps ainsi ou a-t-il obligatoirement besoin d'une greffe ?

BL : C'est indispensable pour l'enfant de se faire greffer très vite, pour la bonne raison que le rein sécrète une autre hormone que l'EPO, qui leur permet de grandir. Les enfants dialysés, ne grandissent pas. Donc si on veut qu'ils grandissent, il faut les greffer le plus vite possible.

LC : Et pour les adultes, ça se passe comment ?

BL : Pour les adultes, le problème est différent, ils sont déjà formés. Ils peuvent vivre toute leur vie ainsi.

LC : En ce qui concerne la greffe du rein, trouve-t-on facilement des greffons ?

BL : Non, on manque de greffon. Il y a des gens qui sont en attente de greffe pour un tas de raisons, car il y a très peu de familles qui acceptent de donner les organes de leurs parents décédés, même si la loi l'autorise totalement. S'il n'y a pas l'accord de la famille, on ne peut pas. Il y a un déficit très important d'organe. Il faut aussi pour le donneur vivant, qu'il y ait compatibilité.

LC : La compatibilité est-elle aussi obligatoire avec un rein cadavre ?
BL : Oui.
LC : Qu'entend-on avec compatibilité ?
BL : Il faut premièrement une compatibilité de groupe sanguin. Le rhésus, dans ce cas n'est pas pris en compte, il ne pose pas de problème. Deuxièmement, il faut une compatibilité des groupes tissulaires HLA c'est-à-dire Human, Leucocyt, Antigen. Cette compatibilité est obligatoire, sinon il y a un rejet tout de suite.

LC : Richard Berry est le président d'honneur de la journée mondiale du rein ?
BL : Oui, Richard Berry est depuis 3 ans le président d'honneur de la journée mondiale du rein et de la fondation du rein.

LC : Pour les personnes comme lui, qui ont donné un de leur rein à un membre de leur famille, y-a-t-il un risque ?

BL : Il n'y a aucun risque à long terme. Comme dans toute anesthésie, quand on fait une intervention chirurgicale, il y a toujours un risque. Mais si on est en bonne santé, ce risque est quasi nul. Les personnes qui ont donné un de leur rein vivent totalement normalement. Elles ne prennent même pas de médicament après. Il y a beaucoup de gens qui naissent avec un seul rein, et on peut vivre avec un seul rein.

LC : Donc éviter les maladies cardio-vasculaires et le diabète, c'est éviter les maladies rénales ?

BL : Oui, en les évitant et en les détectant rapidement pour les traiter. Si on traite ces deux maladies, il y a aura moins d'insuffisance rénale.


LC : Vous avez dit qu'il fallait moins de sel, est-ce qu'à cette journée vous avez invité des industriels, pour les sensibiliser ?

BL : Il y a un gros travail fait par le gouvernement, depuis un grand nombre d'années. Il a commencé sous Raffarin, Xavier Bertand y a aussi beaucoup travaillé. Philippe Douste-Blazy a également demandé aux industriels de mettre moins de sel dans les aliments. La loi de santé publique le prévoyait en 2004. Roselyne Bachelot a amplifié ce phénomène. Il y a donc une prise de conscience très nette et des actions sont faites dans ce sens, comme c'est le cas avec les petits pots de bébé qui étaient trop salés et trop sucrés.

LC : Pour conclure : la différence entre maladie rénale et insuffisance rénale

BL : Une maladie rénale ne s'accompagne pas nécessairement d'insuffisance rénale, mais une insuffisance rénale a toujours comme cause une maladie rénale. L'insuffisance rénale correspond à la destruction progressive du rein, qui ne joue plus son rôle de filtre. On peut avoir une atteinte rénale en ayant un rein qui fonctionne toujours, mais dès qu'il y a une insuffisance rénale, les causes de maladie rénale sont multiples. Elles peuvent être acquises ou génétiques.
Ainsi il y a des maladies rénales génétiques comme la polykystose rénale, la cystose rénale, ou le syndrome d'Alport. Ce sont des anomalies génétiques qui font que vous avez une maladie rénale et une destruction de votre rein, vous n'y pouvez rien, c'est inéluctable.
Sinon il y a des maladies acquises, comme certaines glomérules néphrites, dont on ne connaît pas la cause, et d'autres liées à des problèmes d' infections urinaires hautes, touchant les reins à répétition, et qui peuvent donner des pyélonéphrites chroniques qui vont conduire à l'insuffisance rénale, due à des obstacles. C'est le cas quand vous avez un calcul ou une grosse prostate. Les urines stagnent ne pouvant descendre. Or ce n'est pas difficile de surveiller un calcul et de bien traiter une infection urinaire. Il faut boire beaucoup d'eau pour éviter la formation de calcul et éviter les infections urinaires. Les maladies acquises peuvent également correspondre à des problèmes d'alimentation. Le surpoids va favoriser le diabète et l'hypertension artérielle. Une hygiène alimentaire est donc recommandée. Quand les premières lésions de l'insuffisance rénale existent, on peut ralentir l'insuffisance réale avec certains médicaments qui protègent le rien.

LC : Donc dans un premier temps, c'est la maladie rénale. Est-ce qu'elle conduit toujours à l'insuffisance rénale ? 

BL : Dans un premier temps c'est une maladie rénale qui va donner lieu à une insuffisance rénale mais ce n'est pas toujours vrai. Elle peut comme dans le cas du syndrome néphrotique de l'enfant disparaître complètement. Par exemple à la puberté.
Ainsi soit ça disparaît, soit ça ne disparaît pas et quand ça ne disparaît pas on est dans le cas de la maladie rénale. On peut également avoir une maladie rénale toute sa vie, qui n'évolue pas nécessairement vers une insuffisance rénale. Ce n'est pas systématique. Par contre avec le diabète, quand il y a des lésions rénales, le diabète évolue systématiquement vers l'insuffisance rénale.
En cas de maladie rénale, on peut se faire traiter par médicament et pour les situations les plus graves, c'est la dialyse et ensuite la greffe quand le rein est détruit.

L.C Journaliste pour CareVox
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