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Le centre Femme-Mère-Enfant pleinement opérationnel à l’hôpital Louis Mourier (AP-HP)
Le centre Femme-Mère-Enfant pleinement opérationnel à l'hôpital Louis Mourier (AP-HP)
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13 mai 2011
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Le Webzine de l'AP-HP, 323 articles (AP-HP)

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Le centre Femme-Mère-Enfant pleinement opérationnel à l’hôpital Louis Mourier (AP-HP)

Le centre Femme-Mère-Enfant pleinement opérationnel à l'hôpital Louis Mourier (AP-HP)

Le centre Femme-Mère-Enfant de l’hôpital Louis Mourier à Colombes est le centre de référence du réseau de santé périnatale des Hauts-de-Seine Nord. Il abrite un service de réanimation néonatale et prend en charge les pathologies de la femme, y compris hors maternité. Le Pr. Laurent Mandelbrot, chef du service de gynécologie-obstétrique, présente les activités du centre.

Qu’est-ce qu’un centre de périnatalité de type III ?

Un centre de périnatalité de type III repose sur l’existence sur le site d’un service de réanimation néonatale. Il a été créé dans le service de néonatologie de l’hôpital Louis Mourier en 2008, et nous inaugurons dans les jours qui viennent la fin des travaux du centre femme-mère-enfant et la mise en route effective du projet tel qu’il a été conçu à l’origine. Historiquement, l’hôpital Louis Mourier abrite une maternité de proximité avec une dimension humaine reconnue et un service de néonatologie éminent. Nous avons ajouté un niveau pour devenir centre de référence pour la pathologie maternelle, fœtale et néonatale. Cela se traduit aussi bien par l’ouverture d’un centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal, que par notre rôle de centre de référence du réseau de santé périnatale des Hauts-de-Seine Nord. Ce réseau regroupe sept maternités et des acteurs de ville, libéraux et centres de santé, qui concourent au suivi des femmes enceintes et des enfants.

Quels types de situation êtes-vous amené à prendre en charge ?

Un centre de type III accueille en particulier des femmes dont la grossesse est à risque important, pour la mère et/ou pour l’enfant. Prenons l’exemple des grossesses triples : nous savons que cela se traduira certainement par un accouchement prématuré, que les enfants auront à séjourner dans le service de néonatologie, et que la maman aura besoin d’une hospitalisation. Dans d’autres cas, il s’agit de femmes qui ont eu des grossesses précédentes compliquées, ou bien qui ont une pathologie qui permet de prévoir que la grossesse sera difficile. Auparavant, il fallait envoyer ces femmes dans des services parisiens, et ces accouchements menaient à une séparation de la mère et de l’enfant. Aujourd’hui nous pouvons accueillir ces femmes ainsi que celles qui sont suivies dans des maternités proches et montrent pour le bébé un haut risque de prématurité, mais aussi un retard de croissance ou une maladie du fœtus, qui impliqueront des soins périnatals pointus. Les femmes sont accueillies chez nous dans le cadre d’une procédure appelée « transfert in utero ». Cela permet de préparer au mieux le terrain, de travailler de façon pluridisciplinaire et en étroite collaboration avec les pédiatres, les obstétriciens, etc. Conserver le lien entre la mère et l’enfant est particulièrement important pour les enfants fragiles, notamment très prématurés.

Vous conservez également un positionnement spécifique pour les femmes séropositives, atteintes du sida ou dans des situations psychiatriques difficiles ?

En effet, l’hôpital Louis Mourier a une longue tradition de prise en charge des femmes séropositives et de leurs enfants, et nous aidons également les personnes atteintes du sida à devenir parents. Nous avons une expertise dans ce domaine qui nous vaut une reconnaissance nationale et internationale. Un volet important de notre activité est la prise en charge médico-psycho-sociale, ainsi que l’enseignement et la recherche. Quant à la psychiatrie, c’est un domaine qui a été largement développé. Nous avons un service de psychiatrie qui peut prendre en charge des femmes pendant la grossesse ou après l’accouchement, en secteur fermé, ouvert ou en ambulatoire, pour des problèmes aigus ou chroniques. Les enfants bénéficient également d’un suivi spécifique. Nous avons en effet une unité nouvelle de psychiatrie périnatale.

Quelles sont les particularités de la population que vous accueillez ?

Nous avons un bassin de population avec une forte natalité, et un mélange social important. Tout le monde est bien sûr accueilli sans distinction. Nous considérons qu’il est aussi important de s’occuper d’une femme qui est en errance et en difficulté d’accès aux soins que d’une femme qui a une hypertension artérielle ou un diabète. La précarité est aussi un facteur de risque obstétrical et médical. Nous avons en outre une collaboration de longue date dans le cadre d’un travail en réseau avec les professionnels de santé de ville – médecins, pédiatres, échographistes, sages-femmes, etc. -, ainsi qu’avec les autres maternités et les services sociaux. La vocation du centre de périnatalité du Nord des Hauts-de-Seine est d’être au service de la population des environs. Nous travaillons en proximité, sans dispersion des acteurs. Ainsi, nous avons beaucoup travaillé avec les usagers et les professionnels de santé sur la qualité du réseau, l’accès aux consultations, l’information et les droits des patients, etc. En tant que centre hospitalo-universitaire du réseau, nous nous préoccupons de la qualité des soins en général.

La santé de la femme, ce n’est pas que la maternité ?

Nous avons également un centre important d’IVG, ainsi qu’une activité de chirurgie gynécologique et de traitement des cancers de la femme qui est en fort développement. L’accès à la prise en charge des cancers du sein et des cancers gynécologiques est un problème dans le secteur. L’équipe de chirurgie gynécologique a une expertise dans ce domaine et propose, en collaboration avec d’autres équipes de l’hôpital et du Groupe Hospitalier, des soins conformes aux critères de qualité, avec en plus un accueil humain, des délais de rendez-vous courts et un suivi personnalisé.

Propos recueillis par Jocelyn Morisson
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Hôpital