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La sarcopénie, un facteur de risque de chutes et de dépendance
La sarcopénie, un facteur de risque de chutes et de dépendance
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15 octobre 2012
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Gorgé Marianne, 4 articles (Rédacteur)

Gorgé Marianne

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La sarcopénie, un facteur de risque de chutes et de dépendance

La sarcopénie, un facteur de risque de chutes et de dépendance

Les chutes sont l’une des premières causes d’admission des personnes âgées dans les services hospitaliers gériatriques. En effet, ces évènements sont associés à un risque d’entrée dans la dépendance et de morbi-mortalité accru (1). La prévention des chutes chez les personnes âgées constitue à ce titre un enjeu de santé publique.

Quelques chiffres :

  • 30% des personnes âgées en institution chutent au cours de leur séjour (2) ;
  • Une hospitalisation est nécessaire dans 5% des cas de chute (3)(4) ;
  • Le coût de la prise en charge de la dépendance des personnes âgées en France métropolitaine est estimé entre 27 et 34 milliards d’euros en 2010 (5) ;
  • Le nombre de personnes âgées dépendantes en France métropolitaine sera multiplié par 1,4 entre 2010 et 2030 et par 2 entre 2010 et 2060 (5).

Les chutes sont la conséquence de déficiences fonctionnelles et de troubles de l’équilibre notamment dus à la fonte musculaire liée à l’âge qui en s’aggravant laisse place à une pathologie : la sarcopénie (6).

En 2010, un groupe de travail européen sur la sarcopénie des populations âgées (European Working Group on Sarcopenia in Older People) a travaillé sur l’établissement d’une définition consensuelle de la sarcopénie avec pour objectif premier de permettre de faciliter son diagnostic. Ce groupe d’experts a insisté sur la nécessité de prendre en compte à la fois la perte de masse et la perte de fonction musculaire : ainsi la sarcopénie se traduit maintenant par la diminution de la masse et de la force musculaire, associées à une baisse des performances physiques (7).

Cependant, l’information concernant la relation de cause à effets entre sarcopénie et chute était limitée jusque récemment. C’est pourquoi une ressente étude de l’université catholique du Sacré-Cœur à Rome en Italie à cherché à estimer l’incidence de la sarcopénie sur l’augmentation du risque de chutes chez des personnes de plus de 80 ans en institution (6).

L’étude a révélé que 25,4% des participants étaient sarcopéniques. Sur les 260 volontaires, 27,3% des participants sarcopéniques et 9,8% des participants non sarcopéniques ont chuté pendant les deux ans de suivi de l'étude (p <0,001) (6). Après ajustement pour l'âge, le sexe, les déficiences cognitives et sensorielles, la dépression, l'activité physique, le nombre de médicaments… il s’est avéré que les participants sarcopéniques présentaient un risque accru de chutes par rapport aux sujets non sarcopéniques.

Cette étude a montré que la sarcopénie, évaluée en utilisant l'algorithme de dépistage de la sarcopénie de l’EWGSOP (7), est très répandue chez les personnes âgées et ce sans différence entre les sexes. Les participants sarcopéniques sont trois fois plus susceptibles de tomber au cours d'une période de suivi de 2 ans par rapport aux personnes non sarcopéniques, indépendamment de l'âge, du sexe et d'autres facteurs de confusion.

Cette étude montre donc l’intérêt de la prise en charge de la sarcopénie chez les personnes âgées en institution. Cependant, il serait encore plus judicieux de prévenir la sarcopénie en limitant la fonte musculaire liée à l’âge afin de préserver la qualité de vie de nos aînés et d’alléger les dépenses de santé publique.

Selon le Dr Christian Aussel pharmacien et chef de service du laboratoire de biologie et en charge de la nutrition de l'hôpital Emile Roux « Exercice physique et apport protéique bien conduits sont les deux premières armes pour lutter contre la perte d’autonomie fonctionnelle des sujets âgés induite par la sarcopénie et l’ostéoporose. » (8). De plus, dans certains cas, une complémentation en vitamine D et calcium pour les os et en citrulline et protéines pour les muscles peut être nécessaire.

Marianne GORGE

SOURCES

  • 1.            Thomas DR. Loss of skeletal muscle mass in aging: examining the relationship of starvation, sarcopenia and cachexia. Clin Nutr. 2007 août;26(4):389-99.

    2.            Rossat A, Fantino B, Nitenberg C, Annweiler C, Poujol L, Herrmann FR, et al. Risk factors for falling in community-dwelling older adults: which of them are associated with the recurrence of falls? J Nutr Health Aging. 2010 nov;14(9):787-91.

    3.            Society AG, Society G, Of AA, On Falls Prevention OSP. Guideline for the Prevention of Falls in Older Persons. Journal of the American Geriatrics Society. 2001;49(5):664-72.

    4.            Carroll NV, Slattum PW, Cox FM. The cost of falls among the community-dwelling elderly. J Manag Care Pharm. 2005 mai;11(4):307-16.

    5.            Le financement de la perte d’autonomie liée au vieillissement. Disponible sur: http://www.credoc.fr/pdf/Rech/C286.pdf

    6.            Landi F, Liperoti R, Russo A, Giovannini S, Tosato M, Capoluongo E, et al. Sarcopenia as a risk factor for falls in elderly individuals: Results from the ilSIRENTE study. Clinical Nutrition; Disponible sur: http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0261561412000362

    7.            Cruz-Jentoft AJ, Baeyens JP, Bauer JM, Boirie Y, Cederholm T, Landi F, et al. Sarcopenia: European Consensus on Definition and Diagnosis Report of the European Working Group on Sarcopenia in Older People. Age Ageing. 2010 janv 7;39(4):412-23.

    8.            AUSSEL C, Bouillanne O. Preventing sarcopenia and osteoporosis: a combined effort to preserve the autonomy of elderly persons. 2012;(37):529-41.

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