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La pollution de l’air en ville ampute nos vies
La pollution de l'air en ville ampute nos vies
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2 mars 2011 | 4 commentaires
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Patrick Rollo, 495 articles (Rédacteur)

Patrick Rollo

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La pollution de l’air en ville ampute nos vies

La pollution de l'air en ville ampute nos vies

La pollution de l’air dans les grandes villes européennes, liée en particulier au trafic routier, a un impact direct sur l’espérance de vie. Ce constat émane des conclusions d’une étude menée à l’échelle du continent par l’Institut de veille sanitaire (InVS) et les responsables de son projet Aphekom. Près de deux ans d’espérance de vie sont perdus en moyenne à Bucarest, près de six mois à Paris.

C’est aujourd’hui, 1er mars, qu’ont été publiés les résultats de recherches menées par des scientifiques de juillet 2008 à mars 2011 dans 12 pays européens. Les experts, qui se sont penchés sur les impacts sanitaires et économiques de la pollution atmosphérique, ont démontré que l’espérance de vie pourrait, en moyenne, s’allonger de 22 mois chez les personnes de plus de 30 ans pour peu que les préconisations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en matière de particules fines étaient respectées.

En l’état actuel des choses, le dépassement du seuil de 10 microgrammes par m3 d’air fixé par l’organisation internationale pour le niveau moyen annuel des particules fines se traduit, selon les scientifiques, par 19 000 décès par an (dont 13 000 par affections cardio-vasculaires) dans les 25 grandes villes observées par l’étude. Si Stockholm, qui affiche seulement 9,4 microgrammes/m3, est l’unique ville épargnée, la pollution observée va jusqu’à raccourcir de 22 mois la vie d’un trentenaire à Bucarest et de 19 mois celle d’un habitant affichant la trentaine à Budapest, soit les records morbides observés dans l’étude. Les citadins français se placent dans la moyenne… la pollution de l’air faisant tout de même perdre 6 mois de vie à Paris et à Lille, et environ 5 mois au Havre, à Rouen ou à Toulouse.

La route serait la principale responsable de la situation. Les auteurs de l’étude notent à cet effet que « le fait d’habiter à proximité du trafic routier serait susceptible de provoquer près de 15% des asthmes de l’enfant ». L’AFP, qui relaye ces observations, précise que le respect des normes de l’OMS en matière de particules fines, en plus d’accorder des mois de vie supplémentaire, permettrait d’économiser 31,5 milliards d’euros, actuellement, et pour une grande partie, dépensés en soins de santé.
 

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Commentaires
1 vote
(IP:xxx.xx4.91.3) le 2 mars 2011 a 18H52
 (Visiteur)

Non ???! C’est dingue comme information !

0 vote
par elastoc (IP:xxx.xx2.192.151) le 2 mars 2011 a 20H31
elastoc (Visiteur)

C’est marrant, je suis pas scientifique mais je le savait déjà.

1 vote
(IP:xxx.xx1.115.228) le 3 mars 2011 a 11H26
 (Visiteur)

Comme quoi les priorités des uns... Mediator de 30 à 2000 morts en trente ans, l’automobile de 150 000 à 200 000 morts par an en Europe...

8 votes
(IP:xxx.xx4.187.137) le 3 mars 2011 a 16H28
 (Visiteur)

Selon le programme européen d’étude de la pollution particulaire CARBOSOL, la combustion de biomasse est responsable de 50 à 70% de la pollution carbonée hivernale en Europe.

Dans les bilans établis sur l’année, on apprend que le chauffage des locaux contribue à l’essentiel de la pollution par les particules, davantage que les secteurs de l’industrie et des transports. Les émissions de particules des combustibles domestiques ne sont pas proportionnelles à leurs parts du marché et à leurs efficacités a chauffer les locaux. Selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME, Le bois énergie et la qualité de l’air : 2009), le fuel émet 3% des particules, le chauffage au bois 97%, le gaz naturel aucune ! Comparé à l’ensemble des sources annuelles de particules : les émissions du bois énergie sont de 27% pour les particules inhalables PM10, de 40% pour les particules alvéolaires PM2,5 et de 55% pour les particules alvéolaires les plus fines (PM1,0) En outre, le bois-énergie émet 31% de l’ensemble des sources annuelles de monoxyde de carbone (CO), et 77% des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP)…

Ces nouvelles études démontrent que pour limiter la pollution particulaire, il faut s’attaquer à la combustion de biomasse par une réglementation sévère limitant ses modes d’utilisation. Les nuisances d’un chauffage à combustion doivent être maîtrisées, particulièrement dans les quartiers densément urbanisés, prés des écoles... Les fumées gris-bleu ou gris-jaune et des odeurs d’imbrûlés doivent inquiéter les responsables de la santé publique.

Chacun peut constater que de plus en plus de rues empestent le bois brûlé. Le chauffage au bois progresse. Imaginons la qualité de l’air désastreuse que nous aurions, si tout le monde brûlait du bois de récupération dans de vieux poêles et dans des installations bricolées !

Le plus inquiétant est que le bois est une source d’énergie secondaire, la plupart du temps complémentaire, et que cette pollution, concentrée l’hiver, intervient dans les zones d’habitat. Pour protéger notre santé, des normes sévères sont imposées aux véhicules, aux fumeurs... Il est inconséquent de laisser se développer une pollution d’un ordre de grandeur bien supérieure.

Cette richesse produite par notre environnement doit être utilisé efficacement. Il convient de favoriser le recours au bois-énergie dans des installations des secteurs collectif ou industriel. Les grosses chaudières permettent la mise en œuvre de dispositifs performants de dépollution et elles ont un rendement supérieur à celui de petites unités. Le bois peut également être transformé en biogaz.

L’hivers, les émissions de particules sont dues principalement aux appareils de chauffage domestique, essentiellement les poêles aux bois. C’est donc là qu’il convient d’agir en priorité. Dans des conditions défavorables à la dispersion des polluants, interdire les chauffages au bois serait bien plus efficace que de réduire la vitesse sur les autoroutes.