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La dissection au secours de la traumatologie
La dissection au secours de la traumatologie
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21 décembre 2011
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thoracotomie, 14 articles (Médecin généraliste)

thoracotomie

Médecin généraliste
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La dissection au secours de la traumatologie

La dissection au secours de la traumatologie

La dissection (je dis bien dissection et pas autopsie) est l’étude du corps humain sur le cadavre, par utilisation du scalpel mettant à jour de la superficie vers la profondeur les structures anatomiques.
On lui considère à première vue qu’un rôle historique dans la compréhension du corps, et un rôle didactique pour l’enseignement de l’anatomie en faculté.

Elle est cependant utilisée aussi par les chirurgiens en cours de formation dans des préparations d’interventions complexes, nécessitant une dissection, cette fois chirurgicale, c’est à dire la séparation sur le vivant des structures nobles (vaisseaux, nerfs, tendons) des éléments qui le sont moins (peau, graisse, tissus fibreux) dans des zones difficiles d’accès par exemple.
Elle est ainsi l’apanage de la chirurgie programmée minutieuse.

La référence citée en bas de ce texte témoigne d’un modèle utilisé dans la formation des chirurgiens confronté à de la traumatologie majeure pour optimiser les chances de réussite de leurs opérations extrêmement stressants.

La chirurgie des trauma center est souvent une chirurgie de stabilisation de lésions traumatiques multifocales et parfois une chirurgie de sauvetage devant de grands tableaux hémorragiques.
L’hémostase chirurgicale de grands blessés du thorax et de l’abdomen nécessite parfois le concours de plusieurs chirurgiens dans la même salle d’opération (voire au sas d’urgence aux Etats Unis) afin de pratiquer une thoracotomie, une laparotomie et d’autres accès chirurgicaux de contrôle vasculaire immédiat.

L’idée a été d’utiliser ces dissections mais adaptées à la pratique traumatique, en ajoutant un facteur qui n’existe plus sur le cadavre, à savoir le débit sanguin.
En réalisant une canulation de quelques sites vasculaires importants (artères, veines, fémorale, carotide, jugulaire) et en injectant un produit mimant le sang, ces dissections simulent un blessé arrivant pour une plaie hémorragique. Une pompe à ballonnet intra-aortique simule une activité cardiaque pulsatile.
Le chirurgien applique donc les techniques qu’il connait afin de réaliser une hémostase la plus réaliste possible.

Ce modèle n’est applicable principalement que pour le contrôle hémorragique de plaies du coeur, des poumons, du foie et des gros vaisseaux du thorax, de l’abdomen, du cou et de la racine des membres. Au delà l’intérêt est moindre puisqu’un garrot peut toujours être posé afin de contrôler le saignement avant l’installation au bloc opératoire.

Bien que cela puisse paraître choquant ou irrespectueux, ce système est loin d’être une mauvaise idée, il semble une alternative intéressante pour simuler des tableaux cliniques de blessures potentiellement mortelles. Un simulateur artificiel poserait un problème technologique dans la conception d’un robot crédible, et certainement un coût exorbitant.
Il permettrait également d’éviter l’utilisation d’animal vivant en vue d’expérimentation.
Le problème étant bien entendu la disponibilité de cadavres humains venant de personnes ayant fait don de leur corps à la science.

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Mots-clés :
Chirurgie Anatomie