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"La chirurgie plastique au service de l’humanité"
"La chirurgie plastique au service de l'humanité"
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27 juillet 2011
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Catherine Coste, 48 articles (Journaliste)

Catherine Coste

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"La chirurgie plastique au service de l’humanité"

"La chirurgie plastique au service de l'humanité"

Cet été j’écris un article version grand public de l’article sur la chirurgie esthétique publié dans le "Dictionnaire de la pensée médicale" (PUF 2004). Auteur : Pr. Bernard Devauchelle.

En matière de chirurgie esthétique, qu'est-ce qu'il y a comme désinformation, ma brave dame ... D'abord cette phrase coup-de poing dès que j'ouvre le livre du Dr. Patrick Knipper : (livre cité, page 14) : "Comme tant d'autres de mes confrères, je pratique évidemment des liposuccions et des actes de chirurgie basés sur l'esthétique pure pour ces personnes dites 'normales'. Celles-ci souhaitent améliorer ainsi leur silhouette, leur profil, supprimer une petite difformité, sans toucher à la fonction. La différence avec les 'anormaux' ? Je ne la vois pas vraiment. On joue sur les mots. La chirurgie esthétique est réparatrice comme la chirurgie réparatrice doit être esthétique. On pourrait donc se contenter d'un seul terme, chirurgie plastique, qui engloberait les dimensions esthétique et réparatrice d'un même geste thérapeutique."

Voilà, ai-je tout de suite pensé. Je le tiens, "mon" livre qui va m'aider à faire une version grand public sur l'article savant du Pr. Devauchelle ... car il ne dit pas autre chose que cela ... Un résumé brillant, en une phrase ... Il faut faire passer cela dans les moeurs ... Beaucoup de désinformation. J'étais choquée d'entendre récemment Christian Cabrol, pionnier de la transplantation cardiaque en Europe, critiquer -certes implicitement - la transplantation faciale : greffer des organes, cela sauve la vie, c'est bien ... mais greffer un visage ... Les organes, c'est vital ; le visage, c'est du luxe ?! Il me semble qu'on joue là sur les mots. Je me suis fait avoir moi aussi ... Quand, pour la première fois, j'ai entendu parler de la transplantation des tissus composites de la face, sur Isabelle Dinoire, défigurée par son chien, j'ai tout de suite pensé : "Quelle horreur !" ... sans trop savoir de quelle horreur il s'agissait : prélever des bouts de visage sur un patient se trouvant en "mort encéphalique", donc en coma dépassé, ou se retrouver défigurée et privée de toute vie sociale à cause de cette défiguration ... De là, j'ai commencé à soupçonner que la frontière entre chirurgie réparatrice et chirurgie esthétique - cette frontière, comme on l'entend traditionnellement, comme s'y référait Christian Cabrol pour émettre des réserves sur la transplantation faciale, alors qu'on peut aisément, selon lui, industrialiser le don d'organes pour greffer des reins - à mon tour d'émettre certaines réserves, sérieusement documentées depuis 6 ans que je me penche sur le problème, croyez-moi - cette frontière, dis-je, est ... artificielle, mythique, pipeautée, un cliché qui a la peau dure ...

Oui, je crois qu'il est urgent d'écrire cet article ... pour expliquer l'interaction continue entre chirurgie esthétique et réparatrice ...

"La chirurgie esthétique est réparatrice comme la chirurgie réparatrice doit être esthétique."

A méditer, donc : "La chirurgie esthétique véhicule une image culpabilisante, comme si elle devait entretenir la jalousie de ceux qui ne peuvent en profiter. Finalement, on s'en rend compte : les médias alimentent des a priori complètement faux. Je le répète, on stagne dans les idées reçues. Nombre d'émissions sur la chirurgie esthétique sont réalisées par des gens peu qualifiés. On interviewe toujours la femme mécontente, ce qui ne correspond pas à la majorité des patients. On veut du spectaculaire, du scandaleux. Chaque fois, le journaliste se couvre : 'Ecoutez, on ne l'a pas inventé, elle a bel et bien été opérée par tel chirurgien !' Cependant je ne suis pas sûr que les chirurgiens en question soient de vrais plasticiens ; à mon avis, ce seraient plutôt des commerçants qui abusent de la faiblesse de ces femmes." (Ouvrage cité, page 16).
Copyright passages cités : Michel Lafon, 2007, Neuilly-sur-Seine

La désinformation dénoncée ici se retrouve dans quantité d'autres domaines ... Tenez, rien que dans la presse d'hier et d'aujourd'hui, voici deux exemples :

1) celui de la greffe cardiaque (lire)
 

2) celui de la fin de vie : David Servan-Schreiber, le médecin auteur des best-seller "Anticancer" et "Guérir", auteur d'un livre paru en mai 2011 chez Robert Laffont - "On peut se dire au revoir plusieurs fois" (lire ici et ici), se serait éteint "dimanche à son domicile parisien" (source), ou encore "à l'hôpital à Fécamp (nord-ouest)" (souce) ... En fait, ma mère, qui est incollable sur la saga de la dynastie Servan-Schreiber, m'a expliqué que celui que j'appelle "The Doctor" s'est éteint entouré des siens dans la maison familiale normande (voir), tout en commentant : "Pourquoi avoir parlé de l'hôpital si c'est faux, c'est incompréhensible et cela démontre une fois de plus à quel point nous sommes continuellement désinformés, on parle de la présence de ses frères et de sa mère mais pas du tout de la mère de ses deux jeunes enfants ... Bizarre ..." "The Doctor" se serait éteint paisiblement, avec l'aide de médicaments pour traiter la souffrance psychologique et physiologique, entouré des êtres chers. N'était-ce pas cela, le message à faire passer ? On choisit bien sa vie, pourquoi ne pourrait-on pas choisir sa mort ? Si, comme le disait "The Doctor" dans son tout dernier livre, citant les paroles d'un philosophe : "philosopher, c'est apprendre à mourir", ne pas oublier que "la mort fait partie de la vie", alors, réussir sa mort (avoir une bonne mort) ne serait pas anodin ... Hommage à "The Doctor", merci à lui pour son oeuvre ...

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