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Pour l’Uncpsy, le nouveau Plan Psychiatrie et Santé Mentale est dépourvu de volet économique
Pour l'Uncpsy, le nouveau Plan Psychiatrie et Santé Mentale est dépourvu de volet économique
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5 mars 2012
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Cliniques et Hôpitaux Privés, 21 articles (Rédacteur)

Cliniques et Hôpitaux Privés

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Pour l’Uncpsy, le nouveau Plan Psychiatrie et Santé Mentale est dépourvu de volet économique

Pour l'Uncpsy, le nouveau Plan Psychiatrie et Santé Mentale est dépourvu de volet économique

Présenté ce mercredi devant le Conseil des Ministres, le Plan Psychiatrie et Santé Mentale validé par le ministère de la Santé propose une organisation de la psychiatrie très ambitieuse sur le plan des coopérations. A cet effet, il donne pleins pouvoirs aux ARS pour une mise en œuvre adaptée aux particularismes des régions.

L’Union Nationale des Cliniques Psychiatriques (Uncpsy) souscrit à ces orientations qui sont largement conformes à sa conception pluraliste et complémentaire de la prise en charge des patients. Elle salue les auteurs du rapport qui ont fait là une synthèse difficile des nombreuses propositions formulées à l’occasion de cinq grandes réunions de concertation. Le docteur Olivier Drevon, président, s’alarme toutefois « d’une absence totale de volet économique et de pistes de financement, qui permettraient la mise en œuvre effective des mesures proposées. »

Des mesures indispensables, inapplicables en l’état ?

Le choix d’articuler ce plan autour des quatre axes de prévention et de réduction des ruptures propres à la psychiatrie est, selon l’Uncpsy, signifiant : l’amélioration des conditions de vie des patients mentaux, l’accès au soins et l’accompagnement, la place de la maladie mentale dans la société, l’importance des compétences professionnelles.

Associations, syndicats, professionnels, institutions, toutes les corporations se sont exprimées et ont toutes misé sur ce plan pour faire éclore un projet d’organisation qui ne laisse aucun patient en rupture de soins.

Pour l’Uncpsy, il reste cependant à faire vivre ce plan : les structures hospitalières, publiques et privées, autorisées et sous contrat avec les ARS, seront en tout état de cause et pour l’essentiel responsables de sa mise en œuvre et de sa continuité. « Or, souligne le docteur Olivier Drevon, président de l’Uncpsy, le volet économique a été éludé et la question de la qualité et de la complémentarité dans une perspective coût / efficience n’est pas au cœur du sujet, sauf en ce qui concerne une facilitation pour les agences en terme de fongibilité des enveloppes.  »

L’Uncpsy n’est pas hostile à cette démarche compte tenu des observations, par ailleurs faites, concernant le volume et l’opacité des dépenses associées à la maladie mentale. Dans ce contexte, il serait même prudent de prévoir une redistribution des moyens fondée sur une comparaison possible entre les opérateurs, et notamment les hôpitaux publics et les cliniques privées, ces dernières recevant malgré tout près de 25% des patients nécessitant une hospitalisation à temps complet, parmi lesquels 12 à 15% en CMU. Un rappel des engagements concernant la mise en œuvre de la tarification à l’activité pour la psychiatrie apparaîtrait comme une annonce à minima. « Cela permettrait une visibilité pour les établissements. Elle engagerait un processus de comparaisons possibles entre les uns et les autres, notamment à partir de règles communes de fonctionnement des services. Cette démarche permettrait une meilleure validation des différences et des besoins de chacun en rapport avec les objectifs poursuivis » explique le président de l’Uncpsy.

Une nouvelle mission de service public qui réinitialise la sectorisation psychiatrique

L’Uncpsy s’est étonné que les auteurs du plan reprennent si rapidement la proposition de la Cour des Comptes consistant à régénérer le concept de la psychiatrie de secteur qui deviendrait en tant que telle, une nouvelle mission de service public, dite de proximité. Est-ce une façon subtile de faire échec aux nouveaux territoires de santé organisés par la loi HPST ? Dans ce contexte de pur favoritisme à l’égard du secteur public, on ne voit plus très bien où se situent les autres acteurs de tout bord dont on voulait qu’ils soient porteurs d’une vaste coopération au service des patients ! « Quid de la place des établissements privés, ici passée sous silence ? Par essence, les cliniques psychiatriques sont au cœur des missions de service public. Sans la participation de nos équipes et de nos praticiens, la mesure, à peine proposée, est déjà vidée de sa substance, » affirme Olivier Drevon.

Selon le plan, cette nouvelle mission de service public « de proximité » permettrait seule « d’assurer à tous un accès aux soins et de ne pas sélectionner les patients ». N’était-ce pas une valeur fondamentale qui intéressait tous les professionnels, chacun dans son domaine de compétence et d’engagement ? Pour l’Uncpsy, ce ne serait pas une mission de service public au sens de la loi HPST et du plan lui-même, qui prônent la diversité, une participation et un traitement égal entre le public et le privé. D’ailleurs, dans la liste exhaustive et limitée de la loi de 2009, l’urgence et la précarité figurent déjà en tant que missions de service public. Rattacher l’idée de proximité à un seul des acteurs multiples (hôpitaux, médecins de ville, cliniques privées, secteur associatif, secteur médico social) concourant à la prise en charge des malades mentaux semble une gageure que le secteur privé n’entend pas accepter telle quelle.

L’Uncpsy engage le dialogue avec les médecins généralistes pour développer la coopération

Autre point sensible relevé par le plan : le manque de formation des médecins généralistes dans le domaine psychiatrique, ce qui rend difficile la coopération avec les psychiatres et les établissements. L’Uncpsy, concernée et engagée sur le sujet, souligne cependant que face aux consultations ambulatoires réalisées notamment par les CMP, les médecins généralistes prennent en charge au moins autant de patients souffrant d’une pathologie mentale. Mais c’est un domaine d’action qui reste évidemment perfectible et les cliniques psychiatriques souhaitent prendre des initiatives dans ce sens. À l’occasion de son prochain colloque, le 5 octobre 2012, l’Uncpsy réactive le réseau des professionnels libéraux pour échanger et débattre en vue d’apporter, coté privé, des réponses efficientes et réalistes pour les patients.

- Les Cliniques et Hôpitaux Privés -

POST-SCRIPTUM

  • À propos de l’UNCPSY

    Espace dynamique d’échange et de réflexion sur la prise en charge de la santé mentale et son devenir, l’UNCPSY, syndicat affilié à la Fédération de l’Hospitalisation Privée, concourt à la performance continue et homogène des 162 cliniques psychiatriques de France. Au cœur des enjeux de santé, ce syndicat professionnel œuvre également à représenter les cliniques psychiatriques privées et à garantir leurs missions de santé publique dans le système global de la psychiatrie.

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Mots-clés :
Psychiatrie