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L’interaction et l’apprentissage au cœur de l’éducation thérapeutique
L'interaction et l'apprentissage au cœur de l'éducation thérapeutique
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5 novembre 2012
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L’interaction et l’apprentissage au cœur de l’éducation thérapeutique

L'interaction et l'apprentissage au cœur de l'éducation thérapeutique

Professionnels de santé, membres d’association… Ils étaient nombreux à assister à la deuxième journée sur l’éducation thérapeutique du patient qui s’est tenue le 1er octobre à l’Hôpital européen Georges-Pompidou. Environ 670 programmes d’éducation thérapeutique ont été autorisés en Ile-de-France dont près de la moitié au sein de l’AP-HP. Objectif : accompagner le patient atteint de maladie chronique à devenir acteur de son parcours de soins.

« L’éducation thérapeutique du patient est au cœur des évolutions de santé et au cœur de notre responsabilité. L’enjeu, c’est la réduction des complications et l’amélioration de la qualité de vie des patients atteints de maladies chroniques. Nous avons notre carte à jouer face à un besoin qui va augmenter », a souligné Mireille Faugère, directrice générale de l’AP-HP, en introduisant cette journée. Les soignants et les équipes de l’AP-HP se sont engagés dans près de 300 programmes et ont ainsi permis à 53 000 patients de bénéficier d’une éducation thérapeutique en 2011. Tous s’interrogent désormais sur l’avenir de cette nouvelle approche et sur l’amélioration des pratiques. Parmi les nombreuses questions qui émergent : « comment apprendre à apprendre » ?

Annick Oudin, responsable pédagogique au rectorat de Dijon, a donné quelques règles de base : « L’apprentissage n’est pas un dressage. Il passe par le plaisir d’apprendre, par des facteurs affectifs de mobilisation et d’engagement (…) L’humain est faillible, mais il a une ressource potentielle. Il faut apprendre à développer cette ressource grâce à la confiance et à la reconnaissance de l’autre ».

Parmi les mécanismes psychologiques, l’émotion joue un rôle important. Cette réaction « peut faire peur, inhiber, parasiter l’apprentissage, mais elle fait aussi partie intégrante des processus de perception, de mémorisation et de prise de décision. Cela devient alors un élément dynamique et positif. Les choix vont se porter sur une décision liée aux signaux positifs d’expériences antérieures », a souligné Sabine Malivoir, psychologue clinicienne à la Pitié-Salpêtrière. Dans l’acquisition de l’auto-soin, dans la voie vers l’autonomie, explique-t-elle, « le soignant sollicite le patient à sortir cette émotion de son contexte pour lui donner un sens dans son contexte actuel afin que l’apprentissage des compétences d’adaptation à la maladie et son traitement soit favorisé. » Transformer l’émotion en une source de motivation.

L’environnement : un paramètre clé

Un autre paramètre essentiel est celui de l’environnement, car « personne n’apprend tout seul. Il faut donc adapter l’acte pédagogique au rythme de celui qui apprend, parfois dans des situations limites ou difficiles », a expliqué Annick Oudin qui fait un parallèle entre l’éducation thérapeutique et l’acte pédagogique d’un instructeur en aéronautique. « À quel moment peut-il laisser son élève seul aux commandes ?  », s’interroge-t-elle. Pour le formateur ou le soignant, la réponse réside dans « la compétence à comprendre un processus dynamique et vivant, dans une situation donnée, à comprendre ce qui se passe dans la tête de celui qui apprend pour construire un dispositif d’apprentissage en intégrant ce que la personne sait déjà et aller vers un objectif défini, en fonction de ce qui doit être acquis ». Tout va interagir : le soignant, le patient, son environnement social et son état psychologique.

La bonne approche c’est celle qui consiste « à prendre et recueillir de l’information du patient, à l’analyser puis à la traiter, à s’assurer ensuite que l’autre comprend, ce qui nécessite d’être dans la proximité avec celui qui apprend », a ajouté Annick Oudin qui souligne l’intérêt de la gestuelle et des images.

Cyrienne Clerc

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Mots-clés :
éducation Hôpital