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L’autorisation des recherches sur les cellules souches aurait pu sauver la vie de Steve Jobs
L'autorisation des recherches sur les cellules souches aurait pu sauver la vie de Steve Jobs
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24 novembre 2011
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Catherine Coste, 48 articles (Journaliste)

Catherine Coste

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L’autorisation des recherches sur les cellules souches aurait pu sauver la vie de Steve Jobs

L'autorisation des recherches sur les cellules souches aurait pu sauver la vie de Steve Jobs

Voici donc venir une nouvelle méthode pour éviter la transplantation hépatique : lire... et voir aussi ici...

Bigre ... voilà qui, au point quelque cinq ou dix ans plus tôt, aurait pu sauver la vie de Steve Jobs, lequel a reçu un foie au printemps 2009. La prise quotidienne de médicaments immunosuppresseurs a fait revenir son cancer au galop, c'est de cela qu'il est mort (lire ici et ici)...

Voyons voyons, si j'étais lobbyiste, que cela soit en France, à Bruxelles ou aux USA, je prendrais la liste des députés qui ont voté contre les recherches sur les cellules souches. Je rappelle qu'en France, nous avons une nouvelle loi bioéthique (si si) depuis quelques mois... Je monterais un dossier montrant les avancées médicales avec les cellules souches, j'irais voir les députés contre les recherches sur les cellules souches, munie de mes dossiers, et je leur demanderais :
- s'ils voteraient toujours contre ces recherches malgré les résultats prometteurs
- s'ils ont voté contre car ils n'étaient pas conscients des avancées médicales que ces recherches permettent ; si à la prochaine occasion, ils voteraient pour...

"Réparer l'homme, c'est bien. L'augmenter, c'est mal", affirment les comités d'éthique et l'Eglise en France. Pourtant, à l'heure où les biotechs cherchent à se développer, cette affirmation péremptoire risque de paraître bien surannée aux "santoyens" et autres usagers de la santé, car voici venir un véritable "génotsunami", apporté par le séquençage du génome... Pour bien comprendre de quoi il s'agit, voir cette vidéo (Professeur Guy Vallancien, Président fondateur de l'Ecole Européenne de Chirurgie, Paris). Mais poursuivons notre analyse (faut-il réparer l'homme ? Faut-il l'augmenter ?) avec l'exemple de Steve Jobs, le patron d'Apple, décédé récemment...

Je rappelle qu'aux USA, sous Bush I et II, et surtout avec le coup d'Etat de Dick Cheney, les Yankees ont foncé sur la guerre en Irak et stoppé net les recherches sur les cellules souches. Ces recherches ont repris dès l'arrivée au pouvoir de Barack Obama (entrée en fonction le 20/01/2009), mais il a fallu du temps pour que les progrès se manifestent, et Steve Jobs a été greffé au printemps 2009... Aujourd'hui aux USA, Dick Cheney est peu populaire : il "est accusé (...) d'avoir persisté à soutenir à tort de l'existence de liens entre le régime irakien et Al-Qaida et affirmer que les soldats américains seraient 'accueillis en libérateurs' par la population." (Source) Bref, il a menti au peuple américain... Je ne crois pas que Steve puisse dire merci à Bush père et fils, ni à Cheney...

Toujours si j'étais lobbyiste, je rappellerais les excellents résultats des efforts incessants d'un autre lobby : celui des grands laboratoires pharmaceutiques leaders sur le marché mondial des médicaments immunosuppresseurs que les greffés doivent prendre à vie, et dont les effets secondaires ne sont pas anodins : cancer (de la peau, notamment), diabète, insuffisance rénale ... Tout le travail de ce lobby, très puissant, consiste à promouvoir le don d'organes auprès de la population, en ne montrant que les aspects positifs des transplantations d'organes. Le décès de Steve Jobs les embarrasse ... Essayez de les interroger là-dessus... Certes, Steve a gagné deux ans de vie avec sa greffe... Le problème c'est qu'on lui en avait promis beaucoup plus. Or la transplantation ne guérit pas. Elle nécessite la prise de médicaments aux dangereux effets secondaires "à vie" ; d'autre part, le "greffon" a une durée de vie limitée - 9 ans en moyenne pour un rein venant d'un donneur dit "décédé" (Source pour ce chiffre : Agence de la biomédecine)...

De plus, les recherches sur les cellules souches permettent de prélever des organes moins frais, tandis que pour l'heure, on dit aux familles que le "donneur" est mort alors que son coeur bat toujours, ou que son cerveau n'est pas encore totalement détruit... Notre "donneur" meurt au bloc, au moment du prélèvement d'organes, il faut donc parler de sacrifice et non de don. Tout le travail du lobby des laboratoires pharmaceutiques consiste à remplacer dans l'inconscient collectif le mot de sacrifice par celui de don... Steve Jobs a fini par prendre conscience de tout cela... quelques mois avant son décès... Qu'est-ce qu'un organe en état de marche (donc : vivant) prélevé sur un "cadavre" ? Une fiction juridique : c'est la réponse des juristes américains (une pièce de plus à mon dossier de lobbyiste, mes stagiaires vont avoir du boulot)... Je souhaiterais soumettre ce témoignage non anonyme aux "labos" lobbyistes du Don. Il est très significatif, tous les sociologues ayant travaillé sur l'embarrassante question du "don" d'organes vous le confirmeront (une pièce de plus à mon dossier de lobbyiste)...

Si j'étais lobbyiste, je relayerais des témoignages comme celui de cette femme cadre marketing chez Novartis (un des leaders sur le marché du médicament antirejet), établissant que Novartis finance depuis les années 80 une partie importante des communications publiques sur le don d'organes en Europe (lire)... ce qui n'est d'ailleurs un secret pour personne... et ce qui fut d'utilité publique... Néanmoins, lorsque des alternatives existantes sont cachées pour ne pas faire d'ombre au Don, cela devient plus gênant...

Si j'étais lobbyiste, je montrerais que des alternatives à la transplantation - notamment cardiaque - existent depuis des années, mais que ces alternatives restent cachées... parce qu'elles font de l'ombre au Don d'organes... Dans mon dossier, je mettrais notamment cette vidéo datant de fin 2004, elle montre les explications d'un chirurgien membre senior de l'Académie Nationale de Médecine : il est possible, nous dit-il (en 2004 !), de régénérer un coeur défaillant sans transplantation. Un coeur fatigué peut récupérer sans transplantation... Enorme, n'est-ce pas ? Vous n'étiez pas au courant ? C'est que les lobbies des laboratoires pharmaceutiques leaders sur le marché des médicaments antirejet font bien leur boulot... Dans l'hypermarché mondial du Don d'organes, la transplantation cardiaque constitue la tête de gondole...

Si j'étais lobbyiste, je parlerais de cette étrange omerta sur l'alternative existante (depuis plus de 10 ans !) à la transplantation rénale... Vous savez que le rein est l'organe le plus demandé dans le monde. 80 pour cent des transplantations effectuées à l'échelle internationale concerne le rein. En France, plus de 15.000 patients attendaient un organe fin 2010, les deux tiers attendant un rein... Or une alternative à la transplantation de rein existe (voir). Pourquoi les chirurgiens gaulois ne veulent-ils pas l'implémenter en France, pourquoi n'est-elle pas plus utilisée aux USA ? La pénurie de reins à greffer dans tous les pays entraîne une véritable crise de santé publique à échelle mondiale ... et un odieux trafic d'organes (Inde, Chine, Pakistan, Europe de l'Est, Israël, Etats-Unis, Suisse, etc.)... Si j'étais lobbyiste, cette alternative à la transplantation rénale constituerait une pièce importante (si ce n'est la pièce maîtresse) de mon dossier...

Si j'étais lobbyste, j'aurais du boulot à convaincre tous ces députés... Mais avec l'émergence des biotechs, le séquençage du génome, les imprimantes d'organes 3D, le coeur artificiel (Carmat) etc. nul doute que j'aurais du soutien...

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