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L’anesthésie perturbe le cerveau
L'anesthésie perturbe le cerveau
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26 janvier 2011
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L’anesthésie perturbe le cerveau

L'anesthésie perturbe le cerveau

L’anesthésie, qui dispense le patient d’une horrible douleur, est une heureuse invention de la médecine. Il apparaît cependant qu’une anesthésie entraîne une modification de la perception du corps par le patient. De nombreux secrets ayant trait à cet état d’engourdissement pourraient être révélés. Les chercheurs aimeraient par exemple comprendre pourquoi une personne anesthésiée à l’impression que le membre endormi a doublé de volume ou ne se trouve pas au bon endroit.

A l’avenir, un médecin pourrait ne plus seulement se contenter de demander à son patient s’il ressent quelque chose au moment d’appuyer sur une région de son corps sujette à une anesthésie. Cette question, posée afin de vérifier l’endormissement de la partie traitée et donc de s’assurer que les nerfs n’y renvoient plus d’informations au cerveau, pourra désormais être posée en termes plus complexes. Selon Stein Silva, anesthésiste réanimateur et chercheur de l’Unité Inserm 825 à l’Université Paul Sabatier de Toulouse, un patient bénéficiant d’une anesthésie locale reste certes conscient, mais ses sensations tactiles et sa perception visuelle de son corps s’en trouvent modifiées : « Cette forme d’anesthésie modifie en profondeur l’activité cérébrale, de sorte que le patient n’est plus en mesure de se représenter un schéma corporel correct  ».

Mais alors que se passe t-il ? Selon Stein Silva, le cerveau perçoit indirectement les contrecoups de l’anesthésie : « Des sensations de gonflement sont ressenties, les tailles ne sont plus appréciées à leur valeur correcte, les formes et les postures sont bousculées, et les personnes ont des difficultés à différencier leur main droite de leur main gauche  ».

De fait, et à partir de ces constatations, l’équipe de l’Université de Toulouse s’échine à comprendre la réorganisation des circuits neuronaux afin de pouvoir, à l’avenir, les modifier. Le but serait en effet de pouvoir faire disparaître les douleurs des amputés, plus précisément celle des membres fantômes. En effet, les personnes amputées d’un bras ou d’une jambe ressentent des douleurs intenses dans ce membre disparu, une anomalie encore inexpliquée du cerveau. Y arrivera-t-on ? Pour Stein Silva, « lorsque nous aurons compris comment les circuits neuronaux se réorganisent lors de l’anesthésie, les mécanismes au niveau cérébral nous paraîtrons plus limpides ».
 

La rédaction CareVox
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