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L’affaire Contador
L'affaire Contador
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12 juillet 2011 | 1 commentaires
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jlhuss, 9 articles (Rédacteur)

jlhuss

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L’affaire Contador

L'affaire Contador

... toujours en suspens.
On va tenter de disséquer cette affaire que beaucoup évoquent sans la connaître, en instruisant à charge et à décharge et pas sur le mode accusatoire.

Les faits.
Contador a été contrôlé positif au clenbutérol, une substance anabolisante souvent d'usage vétérinaire, utilisée pour augmenter la masse musculaire, lors du Tour 2010. Le dosage était infime (le laboratoire a parlé de "traces"), mais pour le moment la loi est la loi : il n'y a pas de seuil, et dès lors qu'une substance prohibée est détectée le coureur devrait être automatiquement sanctionné.
Défense de Contador : Il nie s'être dopé intentionnellement, et attribue cette présence à une entrecôte mangée lors de la collation de récupération après l'étape du Tourmalet qui lui aurait été ramenée d'Espagne, pays dans lequel on administre (illégalement) assez souvent cette substance au bétail.

Éléments à charge.
C'est la première fois que j'entends dire qu'un cycliste, après une épuisante étape de montagne, ingère une grande quantité de protéines pendant cette collation qui a pour but de recharger d'urgence l'organisme en glucides lents (pâtes ou pommes de terre, en salade s'il a fait chaud, rissolées s'il a fait froid, pour amener un peu de lipides en plus) et de le réhydrater.
La charte précise en outre que le coureur est responsable de ce qu'il absorbe (justement pour éviter ces excuses de contaminations accidentelles). Au tennis, Gasquet a été contrôlé positif à la cocaïne en période de compétition et son excuse (retenue !) est que "la veille il avait roulé un patin en boîte à une fille qu'il ne connaissait pas, que ce devait être comme ça qu'il avait été contaminé". Cycliste, il aurait ramassé ses deux ans de suspension.
C'est pour cela que les équipes ont leurs fournisseurs et leurs cuisiniers ! (au temps de la haine Hinault – LeMond, pourtant dans la même équipe sous la férule de Tapie, l'Américain avait fait venir son staff alimentaire et refusait de boire si le récipient qu'on lui tendait n'était pas scellé d'origine... ambiance !) et vous ne verrez plus jamais un cycliste boire un bidon "offert" par un inconnu : ce serait facile de le rendre positif à l'insu de son plein gré.
Éléments à décharge.
Les traces détectées étaient infimes et ne pouvaient pas jouer de manière significative sur les performances. En outre les cadors qui ont intérêt à augmenter leur masse musculaire sont plutôt les sprinteurs. Contador, grimpeur et dans une moindre mesure rouleur, est un petit gabarit qui cherche plutôt à améliorer ses échanges respiratoires (Oxygène, CO2).
En outre, une "cure" de clenbutérol a de l'intérêt pendant l'intersaison, pas vraiment pendant une course : la "fabrique de muscles" gaspille de l'énergie. On pourrait imaginer une modification de la législation, qui tolérerait la présence fortuite (pas constante) de traces de telle ou telle substance prohibée afin de tenir compte des contaminations accidentelles. Mais dans ce cas il faut le dire et cela vaudrait pour tous les cyclistes, pas que pour Contador.
La suite de l'affaire.
L'UCI instruit et conclut à la culpabilité de Contador... Le "tarif" dans ce cas c'est d'une part le déclassement (C'est Schleck qui aurait été vainqueur du Tour 2010), d'autre part une suspension de deux ans (des exemples de gars qui ont écopé : Virenque , Millar, Rasmussen, Ricco récidiviste en plus, Valverde, Vinokourov, etc.) mais formellement, c'est à la fédération espagnole de trancher. Celle-ci tergiverse très longtemps avant de prendre une décision incompréhensible : un an de suspension. Ou Contador est coupable et dans ce cas, pourquoi pas le "tarif" normal, ou il est déclaré innocent au bénéfice du doute et dans ce cas, pourquoi une suspension ?
Affaire nationale : même Zapatero et le roi Juan Carlos s'en sont mêlés ! Et c'est là que tout déraille. Contador fait appel auprès du Tribunal Arbitral Sportif (TAS) ce qui est son droit, mais l'UCI décrète que cet appel sera suspensif... alors qu'elle a mis sur la touche des gars qui ont été innocentés après, comme Pellizotti privé d'une saison (erreur du laboratoire) ou Sanchez, dans la même situation. La société du Tour demande une réponse rapide, mais la fédération espagnole met des semaines à transmettre le dossier au TAS qui "dans sa grande sagesse" reporte sa décision... au mois d'août 2011, soit après le Tour de cette année (comme le TAS n'a sollicité aucune information supplémentaire, on se demande ce qu'il saura de plus en août qu'en juin)
Conclusion : le Tour se voit contraint (par un nouveau règlement de l'UCI) de prendre Contador dans son épreuve, alors qu'il risque d'être déclassé pour 2010 et que s'il est coupable, ses résultats pour 2011 vaudront peanuts.
En 2008 déjà, Contador était cité dans une affaire et le Tour avait pu dire que sa présence n'était pas souhaitée tant qu'il ne serait pas blanchi – ce qui a été fait. Là, on impose un coureur qui, s'il est condamné, aura anéanti deux éditions consécutives. On est obligé de constater que :
- selon que vous serez puissant ou misérable... pas mal de gars dans le peloton sont écœurés par cette différence de traitement ;
- une fois de plus, l'UCI cherche à casser l'épreuve reine du calendrier, pour des raisons très complexes ; son président, Pat Mac Quaid, en bon anglo-saxon, rêve de mondialisation et de déporter le vélo là où il y a plus de thune, d'artiche et de pépètes ; mais quel que soit le respect dû à ces pays (USA, Australie, Qatar, Bahreïn, etc.) il leur faudra un siècle pour constituer un patrimoine équivalent à celui du Tour, de la Doyenne, de Paris Roubaix, etc.

benjamin

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Commentaires
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par trape (IP:xxx.xx7.85.197) le 25 février 2012 a 11H59
trape (Visiteur)

La lutte contre le dopage, défend, plus l’industrie du sport qui brasse énormément d’argent que les sportifs, avec comme justification "marketing" la santé des sportifs. Pire cette lutte, empiète de plus en plus sur les droits dus à chaque citoyen. Le risque de contamination alimentaire est une réalité et les méthodes sont tellement sensibles que l’on peut trouver, chez des individus, des molécules "particulières" ; la dioxine, pour prendre un exemple questionnant, et traduisant une pollution chronique...etc. Le Clenbutérol est une forme de pollution alimentaire, au même titre que les antibiotiques. Quand on s’intéresse au dopage, on sait qu’un coureur, d’un sport en endurance, qui voudrait se doper avec des produits anabolisants, serait très mal conseillé s’il consommait du Clenbutérol puisque l’effet anabolisant est moindre que celui des stéroïdes anabolisants comme la testostérone mais surtout que ces derniers ont des effets potentialisant l’EPO. A ce niveau là, si Contador avait voulu se doper et prendre un risque, il aurait pris un risque qui en vaille la peine. Le cyclisme paye l’idée que c’est le sport le plus "dopé" mais c’est faux, et de loin : 2 à 3 fois moins que d’autres activités comme le bodybuiding. L’affaire "Contador" est présenté "pour laver plus blanc" ; les raisons réelles sont certainement plus obscures, moins louables, à commencer par l’AMA dont les membres veulent faire un exemple avec une célébrité et...justifier leurs salaires. Le politiquement correct, a aussi envahi le sport ce qui ne favorisera pas une approche raisonnable, efficace de la lutte contre le dopage ; contre le dopage "lourd" potentiellement très dangereux. Pour rester avec les anabolisants, sachez que des "sportifs" peuvent consommer des anabolisants stéroïdiens avec des doses représentant 20, 30, 40 fois la dose utilisée dans des traitements médicaux ! Là, il y a danger.