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Je bégaie. Voici comment j’ai trouvé un travail
Je bégaie. Voici comment j'ai trouvé un travail
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23 janvier 2013
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Romain, 2 articles (Rédacteur)

Romain

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Je bégaie. Voici comment j’ai trouvé un travail

Je bégaie. Voici comment j'ai trouvé un travail

J’ai trouvé un travail récemment et je voulais en profiter pour en parler ensemble. Car, si tu bégaies comme moi, j’imagine que tu doutes ou a déjà douté sur ta capacité à t’épanouir professionnellement. Au travail, tu es obligé de parler (au moins pour discuter avec tes collègues). Parfois, tu es même obligé de défendre tes idées, de répondre au téléphone ou de faire une présentation. Bref, que de situations de communication génératrices de stress pour une personne qui bégaie. En tout cas, c’était et ce sont encore les miennes.

Fin des études et recherche de premier travail

Après avoir fini mon stage, il y’a quelques mois, et avec mon diplôme en poche, je me suis retrouvé sur le marché du travail. C’est une étape qui n’est facile à franchir pour personne. Et surtout pour une personne qui bégaie. Je me voyais en train d’envoyer des tonnes de CVs et lettres de motivation, passer des tonnes d’entretiens par téléphone ou en direct (et galérer à cause du stress que cela engendre) et surtout devoir apprendre à tenir un poste à responsabilité (bac+5 oblige). Bref, je dois te l’avouer : pour la première fois de ma vie, j’étais terrorisé. Presque tétanisé même. C’est pourquoi j’ai profité de l’occasion que m’offrait mon père de créer son site pour procrastiner à mort. J’ai donc tout remis au lendemain et je me suis concentré sur un projet personnel.

J’ai passé quelques mois sans faire de recherche. Je n’ai envoyé aucun CV, aucune lettre de motivation et je n’ai donc passé aucun entretien (ça tombe sous le sens). Et figure toi que ça m’allait bien. J’avais mon projet que je voulais mener à bien, je faisais les horaires que je voulais et j’avançais peu à peu. Avec le recul, c’est quelque chose que je te conseille de faire. Plutôt que de foncer tête baissée dans le premier poste qui vient, si tu as l’occasion (ce n’est pas toujours le cas malheureusement), profites-en pour te poser quelques mois. Pour ma part, ça m’a permis de m’occuper de mon bégaiement et de prendre un peu plus confiance en moi.

Comment j’ai trouvé mon travail ?

C’est la question que tu te poses sûrement. En fait, c’est plutôt lui qui m’a trouvé. Parfois, je me dis que j’ai eu de la chance… L’entreprise qui m’a recruté m’a contacté sur un réseau social professionnel. J’ai rappelé, j’ai passé un entretien et le lendemain, on m’a confirmé mon embauche. Je suis Rédacteur Web dans une entreprise spécialisée dans le référencement web. J’écris à longueur de journée des textes pour des sites. Avec ma musique dans les oreilles, je prends mon pied, je te l’avoue. Surtout que l’ambiance est très amicale et agréable. Tout le monde sait que je bégaie (je l’ai annoncé lors de l’entretien) et on m’a donné une demi-journée par semaine pour poursuivre mes thérapies. Bref, je suis super content de ce que j’ai trouvé.

Donc, oui, peut-être que j’ai eu de la chance. Mais peut-être aussi que j’ai provoqué cette chance. Sans mon activité en ligne, personne ne m’aurait contacté. Si j’en suis où je suis aujourd’hui, c’est grâce à mon passif. Grâce à ce blog, grâce au site que j’ai créé de A à Z, grâce à mes formations et grâce (peut-être) au bégaiement qui montre que je suis quelqu’un de combatif. Voilà d’ailleurs un message positif à faire passer : une personne handicapée est une personne qui est obligé d’être combative. Sinon, autant se tirer une balle et abandonner tout de suite.

Pendant un moment, j’ai songé à devenir travailleur handicapé. Et je l’aurai sûrement fait si je n’avais pas été embauché (bien que selon mon conseiller Pole-emploi, cela prenne de 6 à 8 mois pour que le dossier soit accepté… ou non…). Dans un contexte de récession économique et d’augmentation du chômage, je me disais qu’il est forcément plus difficile pour une personne handicapée de passer devant des personnes « normales » (je le mets entre guillemets car ces termes sont à nuancer). Et je suis persuadé d’avoir raison. Surtout pour des métiers où la communication orale est primordiale.

Alors, du haut de mes 26 ans (bientôt 27, attention !), s’il y’a un conseil que je peux te donner, toi lecteur qui cherche un travail, c’est de réfléchir au meilleur moyen de vendre ton bégaiement et comment le positiver. Et surtout, de réfléchir au métier que tu souhaites et que tu PEUX faire. Pour ma part, sortant de BAC+5 d’une Ecole de Commerce, je me destine à un métier où il faut parler, beaucoup parler. Et c’est ça qui m’empoisonnait. Le plus dur a été de me dire que ce n’est pas ce que je veux pour le moment. On verra plus tard, quand j’aurai pris de la confiance en moi, en mes capacités et compétences professionnelles.

Romain

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