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Infarctus du myocarde : trop peu de français appellent le 15
Infarctus du myocarde : trop peu de français appellent le 15
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24 mars 2011
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La rédaction CareVox, 598 articles (Comité de rédaction)

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Infarctus du myocarde : trop peu de français appellent le 15

Infarctus du myocarde : trop peu de français appellent le 15

Moins de 50 % des Français appellent le 15 lorsqu’ils ressentent les symptômes de l’infarctus du myocarde (IDM). Par ailleurs, encore trop peu de patients présentant un IDM bénéficient du circuit thérapeutique optimal, sans intermédiaires.

C’est ce que révèlent les derniers résultats de l’observatoire Stent for Life organisé par la Société Française de Cardiologie. Ces résultats pointent du doigt un certain nombre de dysfonctionnements, notamment la persistance de patients non revascularisés en phase aiguë de l’IDM en France.

Voici un point sur les bons réflexes à adopter en cas d’Infarctus.

Mauvais réflexes des patients

La douleur thoracique, signe révélateur de l’infarctus, est ressentie dans 93,5 % des cas et elle est bien reconnue comme telle pour la quasi-totalité des patients.

Toutefois, face à ces douleurs, 1/4 des patients ne passent pas d’appel pour obtenir de l’aide et moins de 50 % ont le réflexe d’appeler le 15 pour une intervention du SAMU – ce qui est le premier geste recommandé pour une prise en charge optimale.

« Encore trop de patients ont le réflexe d’appeler leur médecin généraliste, SOS-Médecins ou leur cardiologue. Le “réflexe” du 15 n’est pas encore entré dans les moeurs. Il faut que cela soit systématique lorsque des douleurs à la poitrine sont ressenties », explique le Pr Martine Gilard, coordinatrice du projet en France, Présidente sortant du Groupe Athérome et Cardiologie Interventionnelle (GACI) et membre de la Société Française de Cardiologie.

Qu’est-ce qu’un infarctus du myocarde (IDM) ?

L’infarctus du myocarde (IDM) correspond à la mort (nécrose) d’une partie plus ou moins grande du muscle cardiaque (myocarde). Il résulte d’une obstruction (caillot, thrombose ou spasme) des artères coronaires qui irriguent le myocarde. Celui-ci ne reçoit plus d’oxygène, les cellules qui le composent ne peuvent plus se contracter et meurent en quelques heures. La gravité de l’IDM tient essentiellement à son étendue.

Le traitement de l’IDM a pour objectif de désobstruer l’artère bouchée responsable. Deux méthodes sont possibles : l’angioplastie coronaire ou la thrombolyse.

Infarctus du myocarde : savoir reconnaître ses symptômes

L’IDM se manifeste le plus souvent par une douleur brutale qui apparaît la nuit ou au repos. Cette douleur se situe dans la poitrine, en arrière du sternum. Il s’agit d’une douleur intense qui serre la poitrine « en étau », pouvant se propager jusqu’aux mâchoires, dans le bras gauche (ou les deux bras), aux deux derniers doigts de la main gauche et parfois dans le dos ou le ventre.
Sont souvent associés à cette douleur un malaise général avec sueurs, pâleur, sensation d’évanouissement, voire syncope et, parfois des difficultés respiratoires et des troubles digestifs (nausées, vomissements), qui peuvent être au premier plan.
Habituellement, la douleur d’IDM sure plusieurs heures, voire 24 à 36 heures.

Adopter les bons réflexes

Ce qu'il faut faire :

  • Appeler le 15
  • S’allonger ou s’assoir
  • Rester immobile en attendant l’arrivée des secours
  • S’assurer que l’on peut ouvrir la porte
  • Ne plus se servir de son téléphone pour pouvoir être rappelé par les services de secours
  • Envoyer quelqu’un chercher un défibrillateur automatique si disponible à proximité

Les erreurs à ne pas commettre :

  • Appeler le cardiologue, le généraliste ou SOS-Médecins
  • Bouger, marcher ou faire tout autre effort
  • Aller aux urgences soi-même
  • Prendre un médicament avant l’arrivée du SAMU ou des pompiers

Deux techniques de prise en charge : thrombolyse et angioplastie

La thrombolyse

La thrombolyse consiste à administrer des médicaments (thrombolytiques) par voie veineuse, capables de « dissoudre » le caillot qui obstrue l’artère coronaire responsable de l’IDM.
Elle doit être réalisée le plus rapidement possible afin de limiter l’extension de la nécrose myocardique, au mieux dans les 3 heures suivant l’apparition des premiers signes de l’IDM.

L’angioplastie coronaire

L’angioplastie consiste à introduire une sonde (cathéter) munie d’un ballonnet gonflable à son extrémité dans l’artère coronaire bouchée, afin de la dilater mécaniquement. La sonde, avec le ballonnet gonflable et un petit ressort (stent) sertie sur le ballonnet, est introduite soit au pli de l’aine (artère fémorale), soit au niveau du poignet (artère radiale), et amenée dans l’artère coronaire au niveau de la zone rétrécie. Une fois gonflé, le ballon agrandit le diamètre de l’artère, puis il est dégonflé et le stent, déployé à la bonne dimension pour rétablir la circulation sanguine, reste en place.

L’angioplastie coronaire est réalisée, sous anesthésie locale, par un cardiologue spécialisé en cardiologie interventionnelle dans un centre de soins disposant d’un plateau technique adapté (USIC : Unité de Soins Intensifs Cardiologiques).

Après un IDM, l’angioplastie doit être pratiquée dans un délai inférieur à 12 heures après le début des premiers symptômes.

Angioplastie ou thrombolyse ?

La technique de référence est l’angioplastie coronaire.
Cependant, dans les trois premières heures de la douleur, si le temps de transfert du patient vers un centre pouvant réaliser l’angioplastie dépasse les 120 min, il faut réaliser la thrombolyse.
Au-delà de 3 heures et en dehors de quelques exceptions, il faut choisir l’angioplastie.

Encore trop d'intermédiaires

En 2009, une étude de l'observatoire montrait que les pays où la méthode de prise en charge dominante était l’angioplastie primaire plutôt que la thrombolyse avaient les meilleurs taux de revascularisation. En outre, les pays qui ont eu les meilleurs résultats étaient ceux qui pratiquaient plus de 600 angioplasties primaires par million d’habitants et qui étaient équipés d’un maillage de centres capable de pratiquer ces interventions 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

Cependant, en France, près d’1/3 des patients (29 %) des patients passent par un centre périphérique. Dans ce cas, 227 min s’écoulent entre la première intervention médicale et l’angioplastie – ce qui équivaut à un délai médian plus que doublé par rapport à un passage direct en salle de cathétérisme. Les recommandations européennes précisent que ce délai ne doit pas excéder 120 min.

Un taux d’angioplastie primaire encore trop faible

Si l’angioplastie primaire, traitement de choix de l’IDM, est pratiquée dans plus de 2/3 des cas, près d’1/4 des patients bénéficient d’une thrombolyse, et encore 14 % ne bénéficient d’aucune de ces techniques de reperfusion.

Un circuit optimal unanimement reconnu

Les experts présents ont rappelé que le circuit optimal est bien celui au cours duquel tous les intermédiaires sont supprimés. Ils recommandent donc aux professionnels de santé impliqués dans « La course pour la vie » de suivre le circuit optimal suivant :
Appel du 15 → Intervention du SAMU/SMUR → Admission directe en salle de cathétérisme

Il est donc indispensable que les professionnels de la santé soient également mobilisés pour améliorer la prise en charge de l'Infarctus de myocarde en France.


L’infarctus du myocarde : quelques chiffres

  • Chaque année, en France, 100 000 personnes sont atteintes d’infarctus du myocarde.
  • 13 000 personnes décèdent chaque année en France d’un infarctus du myocarde.
  • 80 % des victimes d’un infarctus du myocarde avant 45 ans sont fumeurs.
  • L’infarctus du myocarde n’est pas une maladie « d’hommes » : le risque d’infarctus du myocarde augmente rapidement chez l’homme à partir de 55 ans et, chez les femmes, à partir de 65-70 ans.
  • Le petit matin, un risque accru d’infarctus du myocarde : entre 6 h 00 et 12 h 00 du matin, le risque d’infarctus du myocarde augmente de 40 %.

Téléchargez le Kit D'Urgence en appli I-Phone ( Gratuit) pour reconnaître les symptômes d'un éventuel IDM et les bons réflexes à adopter. Scannez le flash-code ci-dessous :

La rédaction CareVox

SOURCES

  • Dossier de Presse "La course pour la vie Infarctus du myocarde : résultats de l’observatoire français" , 22 mars 2011, Observatoire Stent for Life
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