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Infarctus du myocarde : mortalité moindre mais les femmes de plus en plus touchées
Infarctus du myocarde : mortalité moindre mais les femmes de plus en plus touchées
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26 novembre 2012
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Infarctus du myocarde : mortalité moindre mais les femmes de plus en plus touchées

Infarctus du myocarde : mortalité moindre mais les femmes de plus en plus touchées

Une étude montre que la population touchée par l’infarctus du myocarde rajeunit et se féminise alors que les traitements gagnent en efficacité. Retour sur les résultats à 15 ans de ce grand registre français des infarctus avec le Pr Danchin, cardiologue à l’hôpital européen Georges-Pompidou (AP-HP), à l’origine de ce travail présenté cet été à l’ESC 2012.

Quel est l’objectif de cette étude comparative ?

Depuis 1995, nous réalisons une enquête tous les 5 ans afin de savoir ce que deviennent les patients admis à l’hôpital à la suite d’un infarctus du myocarde dans sa forme la plus grave (STEMI). Nous recueillons les données des hôpitaux à ce sujet, qu’ils soient publics ou privés, à Paris ou en dehors de la capitale, CHU ou hôpitaux généraux. La dernière étude date de 2010 et les trois quarts des établissements français concernés par cette pathologie y ont participé. Nous travaillons sur les données de plus de 6 700 patients. Nos objectifs sont multiples. Il s’agit de connaître la conduite de chaque personne lorsque la première douleur apparaît, mais aussi les caractéristiques de sa prise en charge par les services d’urgence puis par le service où elle est hospitalisée, les complications éventuelles… Nous cherchons notamment à savoir si les recommandations officielles établies au niveau européen sont suivies par les équipes.

Quels sont les résultats les plus significatifs ?

Nous avons voulu savoir si la population touchée avait changé au fil des différentes enquêtes, en 1995, 2000, 2005 et 2010. C’est le cas en effet. Les patients sont plus jeunes, alors que nous nous attendions au résultat opposé. Une étude de l’Institut national de veille sanitaire (InVS) nous aide à comprendre cette évolution. Elle montre une baisse de l’infarctus du myocarde de 2,5 % en France, mais surtout chez les plus de 65 ans. Ceux-ci sont déjà suivis et soignés pour l’hypertension, le cholestérol… autant de facteurs de risque de l’infarctus qui sont donc surveillés et stabilisés. Alors que ces mêmes facteurs de risque ne sont pas encore repérés chez les plus jeunes, les moins de 65 ans. Notre étude va donc dans le même sens que celle de l’InVS, dans le constat d’un rajeunissement de la population concernée par l’infarctus du myocarde. Notre enquête montre aussi que cette pathologie a doublé chez les femmes de moins de 60 ans, notamment en raison de leur consommation de tabac. En 1995, on notait 37 % de fumeuses parmi les femmes souffrant d’un infarctus du myocarde. Elles étaient 73 % en 2010 ! Nous savons que la tabagie baisse en France, sauf chez les jeunes filles et les jeunes femmes. Il faudrait envoyer des messages ciblés auprès de cette population qui pense sans doute au cancer du poumon, mais pas au risque cardio-vasculaire.

Quels sont les autres résultats de ce travail ?

Les infarctus du myocarde étudiés ont un score de gravité moins élevé : les sujets concernés étant plus jeunes, ils souffrent là de leur premier épisode de maladie coronaire… Les patients attendent moins longtemps (moins d’une heure et quart en 2010, contre 2 heures en 2000) avant d’appeler les secours. Ce qui montre que les campagnes d’information autour du 15 ont bien fonctionné. Enfin, les traitements ont évolué : ¾ des patients ont maintenant un traitement destiné à déboucher l’artère responsable de l’infarctus, contre moins de 50 % en 1995 ; c’est essentiellement l’angioplastie coronaire, souvent avec la mise en place de stents, qui a progressé, passant de 12 % en 1995 à 61 % en 2010, remplaçant ainsi en partie les traitements intraveineux. Concernant les traitements médicamenteux, des progrès remarquables ont été accomplis dans l’utilisation dès les premiers jours des traitements recommandés, les statines sont prescrites chez 90 % des patients en 2010, contre 10 % en 1995, les antiagrégants plaquettaires sont utilisés chez pratiquement tout le monde et les IEC et les bêta-bloquants ont progressé. Avec des résultats très satisfaisants puisque les complications diminuent et que la mortalité précoce, à un mois, a baissé de 68 % en 15 ans, passant de 13,7 % à 4,4 %.

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Mots-clés :
Infarctus du myocarde