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Il transmet le Sida à son amie : 3 ans de prison ferme
Il transmet le Sida à son amie : 3 ans de prison ferme
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28 mars 2011
Auteur de l'article
Henri de Miebenthal, 476 articles (Kinésithérapeute)

Henri de Miebenthal

Kinésithérapeute
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Il transmet le Sida à son amie : 3 ans de prison ferme

Il transmet le Sida à son amie : 3 ans de prison ferme

Emmanuel Baudard a été condamné le 25 mars dernier à cinq ans de prison dont deux avec sursis et mise à l’épreuve. Il a en effet été reconnu coupable d’avoir sciemment transmis le virus du Sida à son ancienne compagne il y a de cela bientôt 12 ans. Il a été écroué à l’issue du verdict.

L’affaire remonte à octobre 1999. A cette époque Emmanuel Baudard, qui a aujourd’hui 40 ans, entame une relation sexuelle non protégée avec sa compagne, qui restera a ses côtés durant quatre ans. Tous deux sont alors toxicomanes. Cette dernière, aujourd’hui âgée de 38 ans, tombe malade deux mois suivant ce rapport non protégé. Elle découvre qu’elle est séropositive en mars 2000, mais ce n’est que six ans plus tard, séparée d’Emmanuel, qu’elle apprend que ce dernier se savait déjà atteint par le VIH depuis 10 ans au moment de leur rencontre. Elle réalise ainsi avec horreur qu’il en était pleinement conscient au moment de leur relation. Elle porte plainte. L’affaire éclate au grand jour.

Devant les jurés, la victime, défendue par Maître Yannick Pheulpin, se tourne vers Emmanuel Baudard : « Au nom de l’amour, tu m’as condamnée à perpétuité ». C’est finalement le 25 mars dernier que la cour d’assises du Bas-Rhin, à Strasbourg, a rendu sa décision. Emmanuel Baudard, qui comparaissait libre pour « administration de substance nuisible suivie d’infirmité permanente par concubin » avait déjà été condamné à cinq reprises par le passé pour des affaires de vol et de stupéfiants. Ce qui ne l’empêche de nier énergiquement les faits : « Je savais que j’étais séropositif, certes, mais je pensais que ma copine l’était également. A l’époque on avait tous les deux des petits problèmes de drogue ». Nul ne sait pour l’heure s’il compte faire appel. L’avocat général, Claude Palpacuer, avait requis cinq années de prison, renvoyant dos à dos la défense et les associations de lutte contre le sida, pour qui il est question de « responsabilité partagée » entre deux partenaires lors d’une relation sexuelle.

Les avocats d’Emmanuel Baudard, notamment Maître Catherine Matarin et Maître Hervé Bégeot, avaient plaidé l’acquittement, estimant qu’ « il n’y a pas d’élément intentionnel constitué pour parler d’infraction. Dans le cas présent l’insouciance a pris le pas sur la prudence ». Aux dires de Barbara Wagner, présidente de l’Association Femmes positives, formée en 2003 pour venir en aide aux victimes de contamination volontaire, cette affaire serait la deuxième à passer devant une cour d’assises. En 2008, en effet, une femme avait été condamnée à cinq ans de prison avec sursis dans le Loiret pour avoir contaminé son mari.
 

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