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Hormones de croissance : Relaxe des deux scientifiques
Hormones de croissance : Relaxe des deux scientifiques
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5 mai 2011
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Patrick Rollo, 495 articles (Rédacteur)

Patrick Rollo

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Hormones de croissance : Relaxe des deux scientifiques

Hormones de croissance : Relaxe des deux scientifiques

Les deux derniers scientifiques qui comparaissaient en appel pour homicide involontaire et tromperie aggravée dans l’affaire de l’hormone de croissance, ont été relaxés le 5 mai. Il n’y aura pas de réparation financière. La décision intervient 26 ans après l’identification du premier cas en Californie et les 119 décès intervenus, au moins, dans l’hexagone.

Il semble cette fois que la page soit définitivement tournée pour les deux prévenus qui comparaissaient pour l’affaire des victimes de l’hormone de croissance, contaminées par la Maladie de Creutzfeldt-Jacob (MCJ) à cause d’un traitement destiné à les faire grandir. Fabriquée de 1980 à 1988 à partir d’hypophyses, glandes crâniennes prélevées sur des cadavres dans des conditions d’hygiène déplorables, l’hormone de croissance s’était en effet révélée porteuse de l’agent de la MCJ, qui entraîne une dégénérescence du cerveau. Cette hormone contaminée avait été administrée à 1 698 enfants. Vingt ans après le décès des premières victimes, les deux scientifiques avaient été rejugés à l’automne 2010. Mais il sont désormais lavés de tout « homicide involontaire ». La cour d’appel de Paris a jugé qu ‘« aucune faute n’a été commise » par les docteurs Fernand Dray et Elisabeth Mugnier.

Le tribunal a ainsi relaxé les deux prévenus du procès en appel dans le drame de santé publique de l’hormone de croissance. Cette décision leur est même plus favorable que celle rendue en première instance en 2008, puisqu’il n’est même plus question d’une éventuelle faute civile commise par les intéressés. Le tribunal n’a ainsi pu établir aucun élément constitutif permettant de sanctionner Fernand Dray, un ancien biochimiste (qui fut directeur de laboratoire à l’Institut Pasteur) de 88 ans, pour homicide involontaire, ni même pour tromperie aggravée. Il a également été jugé qu’Elisabeth Mugnier, une pédiatre de 62 ans, « n’avait aucun pouvoir de s’immiscer dans la gestion de la collecte organisée par l’association France Hypophyse ». La cour n’a pu lui reprocher le délit d’homicide involontaire ni celui de complicité. Le soulagement des prévenus tranchait bien évidemment avec la stupeur des familles des victimes, qui ne pouvaient dissimuler leurs larmes. Une salle, où attendaient des experts en aide psychologique, à été mise à leur disposition.

Mais la colère restait palpable sur le visage de la présidente de l’association des victimes de l’hormone de croissance (AVHC), Jeanne Goerrian, pour qui « ce jugement s’inscrit dans une page noire de la justice ». Elle a déclaré aux journalistes qui l’attendaient à la sortie de l’audience que « malheureusement, de tels drames sanitaires resteront inévitables si la justice ne remplit pas son rôle de sanctionner ». Le droit l’aurait-il emporté face à la souffrance des victimes et de leurs proches ? La cour n’a pu établir avec certitude que les prévenus agissaient en sachant qu’ils risquaient d’administrer un produit mortel à leurs patients. A noter dans cette affaire que deux autres prévenus sont morts avant d’avoir pu comparaître : Jean-Claude Job, ex-président de l’association France Hypophyse, et Marc Mollet, ancien responsable de la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH). Un cinquième protagoniste, Henri Cerceau, ex-directeur de la PCH, avait déjà été relaxé.
 

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