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Haïti, 12 janvier 2010 : Témoignage au coeur du séisme
Haïti, 12 janvier 2010 : Témoignage au coeur du séisme
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11 janvier 2011
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Réseau CHU, 258 articles (Réseau des CHU)

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Haïti, 12 janvier 2010 : Témoignage au coeur du séisme

Haïti, 12 janvier 2010 : Témoignage au coeur du séisme

En mission d’enseignement à Port au Prince le 12 janvier 2010, le Pr Olivier Armstrong, chirurgien au CHU de Nantes a vécu le tremblement de terre et participé aux premiers secours. Il publie aujourd’hui son « Témoignage au coeur du séisme* » vendu au profit de l’association loi 1901 « Aide et Partage dans le Monde (APM) ». Confronté au chaos absolu, il raconte les premiers soins, les secours, les recherches de blessés. Dans cette tragédie sans précédent l’auteur découvre des signes de lumière, d’espoir, d’aide et de partage.

Qu'avez-vous ressenti après les secousses, face à ce si grand désastre ?
Pr Olivier Armstrong  : Un sentiment d'impuissance total et ne pouvant que constater que nous étions les jouets de la nature. Nous voulions savoir l'ampleur des dégâts qui ont été découverts au fur et à mesure de la descente de Pétion ville vers Port au Prince. Et comment nous pourrions être avec le Dr Gérard Chevallier, les plus utiles possible.

Comment se sont organisés les secours et quel a été votre rôle ?
Pr Olivier Armstrong  : Le 13 janvier, l'Ambassadeur de France (que nous n'avions pas pu joindre ni retrouver juste après le séisme) à l'aube nous a confié les missions suivantes : Gérard Chevallier, Médecin de l'Ambassade devait s'occuper des blessés à la Résidence. Quant à moi, je devais me rendre en bas à la Chancellerie pour m'occuper des autres. Donc le 13 janvier j'ai consacré tout mon temps aux soins d'urgence (avec rien), à dispenser des conseils thérapeutiques, examens, aides psychologiques, et à dresser un bilan des blessés, des personnes à évacuer ; à rechercher des blessés, à participer aux évacuations dans la nuit (vers 3 heures du matin) des premiers blessés français par avions Casa vers les Antilles françaises.
14 janvier : sauvetage de trois personnes.
15 janvier : distribution de matériel médical arrivé, participé à l'installation de personnels : samu, gendarmes, architectes de l'urgence, et recherché un hôpital sûr pour les Samu et diriger les blessés
16 janvier : 5 enfants haïtiens souffrant de graves lésions d'écrasement ont pu être dirigés vers la Guadeloupe. Ils ont tous été opérés dès leur arrivée au CHU de Pointe à Pitre. Ce transport d'urgence les a sauvés.

Quelle scène d'espoir vous a le plus marqué ?
Pr Olivier Armstrong  : Le sauvetage des 2 fillettes et leur nounou sous les décombres de la maison de mon ami, Dr G. Chevallier, indemnes après presque 24 heures. Et ceci après avoir dégagé, creusé pendant presque 4 heures dès le jeudi 14/01 à l'aube. Ensuite les pompiers du Var sont arrivés. Ils ont pu les faire sortir. Que d'émotion lorsque au fond de ce tunnel de 4 mètres ma main a été saisie par celle de la nounou de l'autre côté de gravats... Et ensuite la joie de pouvoir les embrasser toutes trois à l'air libre !!
J'ai aussi en mémoire les mots très forts, plus que chaleureux de l'Ambassadeur de France au moment de partir avec les cinq blessés au bas de la passerelle.
Je retiens aussi les remerciements de certains haïtiens, médecins et blessés et la reconnaissance de la maman d'une petite fille de 7 mois prise en charge par le Samu à son arrivée à Pointe à Pitre.

Un an après la tragédie quel message souhaitez-vous relayer ?
Pr Olivier Armstrong  : Nous, les nantis des pays du Nord devons sortir de nos égoïsmes et regarder vers les autres, ceux que l'on peut aider. Nous avons tant à donner dans de nombreux domaines. Il ne faut pas attendre des tragédies pour enseigner, former, partager nos connaissances avec ceux qui en ont besoin. L'aide et le partage sont des valeurs inestimables, universelles.
A Haïti, les promesses doivent être tenues, les dons affectés et les projets lancés sans délai. Il nous faut agir pour qu'ils ne perdent pas espoir.

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