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Greffes de moelle osseuse : quoi de neuf en hématologie ?
Greffes de moelle osseuse : quoi de neuf en hématologie ?
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27 mars 2013
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Greffes de moelle osseuse : quoi de neuf en hématologie ?

Greffes de moelle osseuse : quoi de neuf en hématologie ?

A l’occasion de la 3ème journée nationale d’information et d’échanges sur les greffes de moelle osseuse, le Professeur Mohty, chef du service d’hématologie de l’hôpital Saint-Antoine (AP-HP) nous en dit plus sur les dernières avancées dans cette discipline.

L’allogreffe de moelle osseuse, l’un des seuls traitements curatifs de certaines hémopathies malignes

Un grand nombre de maladies cancéreuses de la moelle osseuse et du sang peuvent être soignées de façon efficace en remplaçant totalement la moelle osseuse du patient atteint par celle d’un donneur sain. Ce traitement, que nous utilisons maintenant depuis une quarantaine d’années, correspond à ce que l’on appelle une « allogreffe de moelle osseuse » ou « de cellules souches hématopoïetiques ». Il nécessite une compatibilité génétique entre le donneur et le receveur (donneur HLA compatible).

En France, plus de 1700 allogreffes adultes et pédiatriques ont été réalisées en 2012. Les patients bénéficient d’avancées, qui concernent à la fois les possibilités d’obtention des cellules souches et les techniques de préparation à la greffe.

Des sources de greffons plus nombreuses

Les avancées dans ce domaine nous permettent d’élargir le nombre de patients qui peuvent bénéficier d’une transplantation de cellules souches hématopoïetiques.

En pratique, pour les allogreffes, les premières personnes vers lesquelles nous nous tournons pour trouver un greffon 100% compatible sont les frères et sœurs. S’il n’y a pas de donneur « génotypiquement idéal » dans la fratrie, il existe des registres de donneurs non apparentés, avec actuellement environ 20 millions de personnes volontaires auxquelles on peut s’adresser pour avoir un greffon.

Nous avons également la possibilité, de recourir à des « donneurs alternatifs », lorsque nous ne trouvons pas de donneur familial ou sur les registres.

- les cellules de sang de cordon ombilical, qui ont les mêmes propriétés que les cellules de la moelle osseuse constituent une source importante de donneurs alternatifs. Les sangs de cordon sont prélevés à la naissance, et congelés puis conservés dans les banques de sang de cordon. Lorsqu’elles sont injectées, ces cellules sont capables de régénérer une moelle osseuse.

Ce type de greffe a d’abord été réalisé chez les enfants, le sang de cordon ombilical ne contenant que très peu de cellules. Pour l’adulte, il est possible d’utiliser le sang de 2 cordons, et des essais d’expansion se développent (on multiplie les cellules d’abord au laboratoire)

- les donneurs dits « haplo-identiques » sont la 2ème source de donneurs alternatifs. Il s’agit en fait de donneurs familiaux (frère, sœur ou parents) qui sont à moitié compatibles.

Des préparations à la greffe à toxicité réduite

Les techniques de conditionnement, c’est-à-dire de préparation à la greffe, se sont considérablement allégées pour les patients les plus fragiles, les plus âgés notamment. Nous disposons aujourd’hui de 2 types de préparations à la greffe.

Il y a le conditionnement classique : chimiothérapie et/ou radiothérapie massive. Il s’agit de détruire la moelle osseuse puis de greffer une autre moelle. Ce genre de procédure n’est toléré que par des malades jeunes.

Pour les sujets les plus fragiles, les conditionnements sont maintenant beaucoup plus légers. Il s’agit de délivrer des combinaisons de chimiothérapies dites « immunosuppressives », qui permettent, sans avoir détruit la totalité de la moelle osseuse, l’installation de la tolérance entre le donneur et le receveur.

La combinaison de ces progrès, en matière de sources de donneurs et de conditionnement, nous permet aujourd’hui de proposer ces greffes quel que soit l’âge et l’état physique des patients.

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