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Greffe d’organe : Que se passe-t-il lors d’un rejet ?
Greffe d'organe : Que se passe-t-il lors d'un rejet ?
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16 août 2012
Auteur de l'article
Vincent Bourquin, 33 articles (Néphrologue)

Vincent Bourquin

Néphrologue
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Greffe d’organe : Que se passe-t-il lors d’un rejet ?

Greffe d'organe : Que se passe-t-il lors d'un rejet ?

La principale complication de la greffe d’organe est le phénomène de rejet. Ce rejet va dépendre essentiellement de la réaction immunologique du receveur contre l’organe greffé.

Il faut se rappeler que le système immunitaire comporte deux composantes :

  • La réponse immunitaire innée ou naturelle (non spécifique) est médiée par les macrophages et les cellules tueuses naturelles (NK). Ces cellules reconnaissent les éléments constitutifs d’un nombre limité d’antigènes qui sont communs à de nombreux agents pathogènes. Le système immunitaire inné est ainsi en mesure de réagir rapidement aux infections en détectant une cellule étrangère et en la détruisant via une cascade enzymatique (le système du complément).
  • La réponse immunitaire acquise ou adaptative (spécifique) est médiée par les lymphocytes B et T. Ces cellules possèdent une très vaste gamme de récepteurs, chaque récepteur étant très spécifique. Elles doivent se multiplier avant de pouvoir répondre efficacement et après cette multiplication, elles sont alors capable de réagir rapidement en cas de nouvelle attaque de l’antigène. Cette fonction du système immunitaire adapatif est appelée “mémoire immunitaire” et est assurée par les lymphocytes B et T mémoire.

 

Lors d’un rejet, le système immunitaire adaptatif joue un rôle central et c’est pourquoi la plupart des médicaments immunosuppresseurs ciblent ce système.

Le rejet hyperaigu

Le rejet hyperaigu est provoqué par des anticorps préexistants qui se fixent aux cellules endothéliales du greffon et activent le système du complément. Cela entraîne des modifications au niveau de l’endothélium avec coagulation intravasculaire, thrombose rapide des vaisseaux sanguins et infarctus du greffon. Il doit être prévenu par la pratique systématique d’épreuve de compatibilité lymphocytaire entre les antigènes du greffon et les anticorps du receveur (“cross-match”) avant la greffe.

Survenue Cause Manifestation clinique
Minutes à heures Anticorps anti-HLA anti-donneur déjà présents et complément Perte immédiate du greffonProcessus irréversible

Le rejet aigu

Le rejet aigu peut être divisé en deux catégories :

  • Le rejet vasculaire aigu avec nécrosent des vaisseaux sanguins du greffon. Ce sont des anticorps anti-IgG dirigés contre les antigènes endothéliaux qui vont entraîner les lésions vasculaires.
  • Le rejet cellulaire aigu avec nécrosent des cellules du parenchyme du greffon. Ce sont des lymphocytes T cytotoxiques, des macrophages ou des cellules tueuses naturelles (NK) qui induisent la lyse cellulaire dans le greffon.
Survenue Cause Manifestation clinique
Jours à semaines Activation primaire des lymphocytes T ; anticorps anti-IgG Perte rapide de la fonction du greffonProcessus réversible grâce aux immunosuppresseurs

Le rejet chronique

Le rejet chronique se caractérise par le remplacement des structures normales du greffon par du tissu conjonctif. On avance principalement deux explications :

  • Les macrophages activés libèrent des facteurs de croissance qui vont stimuler les cellules mésenchymateuses et ainsi déclencher un processus de fibrose.
  • Il fait suite à une ischémie prolongée provoquée par des lésions vasculaires. On peut également retrouver des thromboses vasculaires induites par la prolifération de cellules musculaires. Ce processus est également appelé artériosclérose accélérée ou artériolosclérose du greffon.
Survenue Cause Manifestation clinique
Semaines à années Macrophages activées, processus de fibrose, anticorps ou réactio cellulaires lentes contre les vaisseaux sanguins Perte lente, mais progressive de la fonction du greffon

Les symptômes possibles lors d’une réaction de rejet sont une sensation de faiblesse, une fatigabilité, une perte d’appétit et un état sub-fébrile. Au niveau rénal, on peut noter une diurèse diminuée, l’apparition d’oedèmes en particulier dans les jambes et une douleur au niveau du greffon. Toutefois, les rejets aigus ne s’accompagnent souvent d’aucun symptôme perceptible et c’est les analyses de laboratoire régulières qui permettent de le suspecter.

Un traitement médicamenteux supplémentaire est instauré lorsque le diagnostic clinique ou histologique (biopsie du greffon) de rejet aigu est posé. Un rejet aigu peut être très bien traité et ne représente pas un grand risque pour le patient. L’important est qu’il soit décelée de manière précoce.

Dr Vincent Bourquin

SOURCES

  • Vademecum de la transplantation d’organes
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Mots-clés :
Greffe d’organe