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Etude CANTO : les effets secondaires des traitements du cancer du sein enfin pris en compte
Etude CANTO : les effets secondaires des traitements du cancer du sein enfin pris en compte
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9 février 2011
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Catherine Cerisey , 45 articles (Rédacteur)

Catherine Cerisey

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Etude CANTO : les effets secondaires des traitements du cancer du sein enfin pris en compte

Etude CANTO : les effets secondaires des traitements du cancer du sein enfin pris en compte

Chacune d’entre nous sait bien que les effets secondaires des traitements du cancer du sein ne sont pas à prendre à la légère. Pour tout le monde, la chimiothérapie est synonyme de nausées et de perte de cheveux, de radiothérapie, de brûlures, et l’hormonothérapie est malheureusement taxée de beaucoup de maux… Mais quid des effets à long terme ? Se sentir vieille avant l’âge, subir des douleurs musculaires permanentes, une fatigue qui ne s’envole pas, ne pas voir ses cheveux repousser aussi épais qu’avant, souffrir de pathologies graves comme la cardiopathie … sont des plaintes que l’on entend malheureusement trop souvent et ce, longtemps après la fin des soins. Parce que si le cancer tue moins (80% des femmes seront encore en vie au delà de 10 ans), la qualité de vie des patientes n’est pas toujours au rendez-vous.

En effet, il a été évalué que près de 30 000 femmes par an se plaignent à distance de maux divers qui jusqu’ici étaient rarement pris en compte par le corps médical et les proches. Or comment vivre correctement, comment oublier la maladie quand on subit encore des années plus tard des séquelles loin d’être anodines ? L’étude CANTO (pour CANcer TOxicities) va peut-être changer la donne. Un peu moins de 14 millions d’euros ont été alloués à ce projet d’envergure dirigé par l’Institut Gustave Roussy et coordonné par la Fédération Nationale des Centres de Lutte Contre le Cancer (FNCLCC). Cette étude va inclure 20 000 femmes qui ont été traitées pour un cancer du sein stade I à III afin de constituer une base de données sur les toxicités liées aux traitements impactant la qualité de vie, le statut social mais aussi, il faut bien le dire, les deniers de l’Etat.

Quels en sont les objectifs ?

  • Le centre François-Leclerc de Dijon (sous la direction du Professeur Patrick Arveux) va recueillir les résultats des informations concernant la toxicité chronique des traitements récoltés sur des femmes étudiées dans 10 centres français de lutte contre le cancer.
  • Le Docteur Fabrice André de l’IGR sera chargé d’établir la liste de ces toxicités et leurs caractéristiques.
  • A l’IGR toujours (Dr Sarah Dauchy et Dr Philippe Amiel) seront évalués l’impact sur la qualité de vie de ces patientes et sur l’économie.
  • Enfin, et c’est sans doute le plus important et porteur d’espoir, au centre Léon Bérard de Lyon (Dr Gilles Thomas) et à l’IGR (Dr Fabrice André), des marqueurs biologiques vont être étudiés afin d’en établir une cartographie pour la mise au point future de tests génétiques ou sériques permettant de dépister les femmes à risque et donc d’anticiper ces effets secondaires.

Ce dernier point mérite qu’on s’y arrête. En effet, s’il est indiscutablement très important d’établir une base de données sur la toxicité chronique des traitements – base de données qui permettra à la fois de les prendre en charge médicalement et financièrement – il est essentiel de pouvoir connaître en amont les femmes qui seront candidates à ces effets secondaires. Le savoir permettra sans aucun doute à terme de les soigner dès l’apparition des troubles mais surtout de les éviter.

Cette étude qui s’inscrit parfaitement dans le programme du Plan cancer II sur l’après cancer est une avancée notable dans la prise en charge des patientes. On ne peut que se réjouir de la prise de conscience des médecins et des pouvoirs publics du manque de qualité de vie et de bien-être des femmes à long terme. Espérons que les résultats de cette étude nous apporte un confort légitime qui nous permette de nous sentir, ce que nous souhaitons toute, un peu guéries !

 

Catherine Cerisey

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Catherine Cerisey

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