Accueil du site
> Santé & Maladies > Les Actus
Mon logo CareVox
CareVox par RSS
CareVox sur Facebook
CareVox sur Twitter
Etre atteint du cancer et finir au chômage ?
Etre atteint du cancer et finir au chômage ?
catégorie
note des lecteurs
date et réactions
15 décembre 2010
Auteur de l'article
La rédaction CareVox, 600 articles (Comité de rédaction)

La rédaction CareVox

Comité de rédaction
note moyenne des lecteurs
nombre d'articles
600
nombre de commentaires
0
nombre de votes
3

Etre atteint du cancer et finir au chômage ?

Etre atteint du cancer et finir au chômage ?

« Il y a une perte d’employabilité des personnes atteintes d’un cancer. Les personnes qui travaillent et qui sont touchées par un cancer ont de plus fortes chances de ne plus être à plein temps deux ans après le diagnostic que les personnes du même profil non touchées par un cancer. Mais c’est plus large : ceux qui sont au chômage restent plus volontiers au chômage, ceux qui sont inactifs restent plus longtemps inactifs ». Bruno Ventelou, économiste de la santé à l’Université d’Aix-Marseille II, dans les colonnes du Monde.

Dans le contexte de la crise actuelle il est déjà difficile pour l’homme de tous les jour de se frayer un chemin dans la jungle du travail. Mais le tableau des personnes ayant eu un cancer est encore plus sombre. Et le problème est soulevé. Plusieurs chercheurs se sont réunis le 14 décembre dernier à Paris à l’occasion d’un colloque sur le sujet, « Cancer et travail, où en est-on ? », organisé conjointement par l’ARC (Association pour la Recherche sur le Cancer) et l’Inca (Institut National du Cancer). Ils ont pointé des inégalités sociales importantes dont sont victimes les personnes ayant eu un cancer, et qui sont déjà inégaux face aux risques d’exposition aux produits cancérogènes.

Avant de faire le tour de piste avec l’Inca, l’œuvre de Pierre A. Vidal-Naquet, « Faire avec le cancer dans le monde du travail », nous révèle déjà les grandes lignes : 65% seulement des personnes ayant fait le diagnostic de leur cancer ont un emploi au bout de deux ans, et parmi ceux-ci 18% des salariés de moins de 58 ans déclarent avoir subi des discriminations de leur employeur, toujours dans les deux ans après le diagnostic d’un cancer. Dominique Maraninchi, président de l’Inca, est ainsi monté au créneau pour prévenir que « l’après-cancer est un enjeu d’autant plus important que 350 000 personnes vont rencontrer le cancer en 2010, et que la moitié aura moins de 65 ans ».

L’Inca et l’ARC, qui ont présenté plusieurs études, ont constaté l’absence d’anticipation d’une réinsertion professionnelle : « Les salariés ont d’importantes difficultés à reprendre un travail après le cancer, une question négligée par les malades, les médecins et l’entourage professionnel ». Selon une enquête en 2004, déjà, deux malades du cancer sur dix avaient perdu leur emploi après leur diagnostic. Et Bernard Asselain, de l’Institut Curie, juge utile de préciser qu’actuellement « 20% des diagnostiqués s’estiment pénalisés au travail à cause de leur maladie (baisse des responsabilités, refus de promotion… ), et seulement 24% d’entre eux bénéficient d’une visite de pré-reprise, destinée justement à anticiper leur retour à l’emploi ».

Rien d’étonnant pour Anne-Marie Waser, sociologue au Centre d’études pour l’emploi qui déplore « l’échec des mi-temps thérapeutiques » en constatant que « la maladie n’est guère pensée dans l’organisation du travail, à aucun échelon de l’entreprise ». Ces conclusions sont, de plus, illustrées par un « cercle vicieux ». Il est en effet question d’une double inégalité selon Annie Thébaud-Mony, directrice de recherche à l’Inserm, qui affirme qu’ « il y a un risque plus élevé de développer un cancer chez les personnes ayant une position socio-économique défavorisée. On pense notamment aux cancers liés à l’amiante, aux solvants et aux poussières de bois qui menacent de nombreux métiers manuels ».
 

La rédaction CareVox
Les internautes qui ont lu cet article ont aussi consulté