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Intoxication au monoxyde de carbone : vertiges, nausées, coma... Il faut agir vite
Intoxication au monoxyde de carbone : vertiges, nausées, coma... Il faut agir vite
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25 novembre 2015
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mackysanogo, 31 articles (Rédacteur)

mackysanogo

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Intoxication au monoxyde de carbone : vertiges, nausées, coma... Il faut agir vite

Intoxication au monoxyde de carbone : vertiges, nausées, coma... Il faut agir vite

Ce lundi 23 novembre à 10h35, un responsable de l’école privée Saint-Joseph, située dans le 7e arrondissement lyonnais et accueillant 240 élèves du primaire, a alerté les pompiers et le Samu de Lyon pour intervention d’urgence suite à des émanations d’oxyde de carbone, CO, dans ses classes de cours élémentaires.


Par prudence, la préfecture a alors déclenché un plan Orsec. Trois équipes du Samu et 40 véhicules de sapeurs-pompiers se sont rendus sur place.

Les chiffres des premiers rapports sur cet accident étaient inquiétants : près de 80 hospitalisations dont 60 enfants placés sous caissons d’oxygène hyperbare. Panique des parents !

Le danger a été découvert à temps

Deux jours de recul permettent l’obtention de données rassurantes : seulement 55 enfants et six enseignants ont été hospitalisés, sans aucun cas d’intoxication grave, avec seulement 27 cas présentant un taux de carboxyhémoglobine légèrement supérieur à la norme.

Ceci laisse à penser qu’en fait, très peu ou aucun patient n’ont été placés sous caisson, le traitement ayant été limité à six heures d’oxygénothérapie à haut débit pour 54 enfants (parmi lesquels 26 présentaient des symptômes modérés à type de nausées et de maux de tête) et les six enseignants.

Les émanations provenaient d’une chaudière à gaz mal réglée avec défaut d’évacuation dans les faux-plafonds. Les classes touchées ont été fermées hier mardi pour remise en état des locaux. Le calme est revenu.

La découverte précoce de ce danger a permis d’éviter tout risque mortel, toute complication à distance de cette intoxication potentiellement gravissime.

Première cause de mortalité par toxique

L’intoxication par CO est encore la première cause de mortalité accidentelle par toxique dans le monde, avant tout liée à un chauffage défectueux. Elle est responsable de près de 100 décès par an en France.

Dans notre pays, cette mortalité a pourtant été grandement réduite vers 1960 par le remplacement dugaz de houille par le gaz naturel, beaucoup plus pauvre en CO, dans le gaz de ville. Hélas, les poêles à bois, les appareils utilisant les gaz butane ou propane, des systèmes de ventilation ou d’évacuation défaillants, sont encore responsables d’intoxications aiguës ou chroniques.

Les gaz d’échappement des véhicules motorisés à combustion sont également causes d’émanations de CO, responsables d’une pollution habituellement modérée en milieux non confinés.

Il en est de même de la fumée de cigarette dont la toxicité myocardique est beaucoup plus liée au CO qu’à la nicotine. Cette toxicité, qui touche principalement le cerveau, est provoquée par une hypoxie tissulaire liée à la fixation préférentielle du CO sur notre hémoglobine sanguine lors de la respiration normalement chargée de transporter l’oxygène de l’air après échanges pulmonaires dans nos tissus. L’affinité du CO pour l’hémoglobine est 200 fois plus forte que celle de l’oxygène !

La vigilance s'impose

Le diagnostic d’intoxication au CO est difficile car ce gaz est incolore, inodore et non irritant. La vigilance et la prévention s’imposent. Une haute concentration de CO est responsable de manifestations aiguës (vertiges, nausées, fatigue musculaire, confusion mentale avec possibles convulsions, puis coma et décès) qui apparaissent en quelques minutes ou heures selon le niveau atteint.

Les formes graves, avec perte de connaissance, de traitement retardé, peuvent se compliquer deux à 28 jours après l’accident de troubles neurologiques : syndromes démentiels ou pseudo-parkinsoniens, états dépressifs.

L’intoxication chronique, à des concentrations plus modérées, souvent longtemps méconnue, lèse, surtout chez des personnes âgées prédisposées, le myocarde et le cerveau ; il faut y penser devant des syndromes pseudo-grippaux trainants, une fatigue, des céphalées, des nausées et des troubles comportementaux inexpliqués.

La confirmation biologique par un simple dosage sanguin de la carboxyhémoglobine est nécessaire afin d’induire les mesures de suppression de la cause d’intoxication. Le taux sérique normal est inférieur à 5% chez le non-fumeur. Il est de 5 à 9% chez le fumeur régulier à un paquet de cigarettes par jour et plus. Il dépasse 25% dans les formes graves, 70% dans les formes mortelles.

Des mesures préventives insuffisantes

Le traitement de cette intoxication est simple mais urgent pour éviter les complications mortelles aiguës et les séquelles neurologiques des formes graves. Il faut d’abord soustraire au plus vite les victimes de la source de CO, tout en protégeant aussi les sauveteurs, par une fermeture du chauffage et une aération immédiate du lieu de l’accident.

Dès que possible, les patients exposés sont mis sous oxygénothérapie au masque à haut débit ("100% d’O2") sur une durée de plusieurs heures, fonction des taux sanguins de carboxyhémoglobine initialement observés. La mise en caisson d’oxygène hyperbare est réservée aux formes graves avec troubles neurologiques et n’a pas démontré une efficacité supérieure à la simple oxygénothérapie.

Les mesures préventives sont encore insuffisamment appliquées afin de limiter le nombre d’intoxications aiguës mortelles, mais aussi de réduire les méfaits myocardiques et neurologiques de l’intoxication chronique au CO : surveillance attentive de nos moyens de chauffage et de la bonne aération de nos lieux de vie, contrôle de la pollution et de la qualité de l’air que nous respirons.

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