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Embargo et sanctions économiques : quelles conséquences dans le domaine de la santé ?
Embargo et sanctions économiques : quelles conséquences dans le domaine de la santé ?
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20 février 2015
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Marlène M, 3 articles (Rédacteur)

Marlène M

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Embargo et sanctions économiques : quelles conséquences dans le domaine de la santé ?

Embargo et sanctions économiques : quelles conséquences dans le domaine de la santé ?

Souvent utilisé comme arme diplomatique ultime, l’embargo ou le blocus économique d’un pays n’a jamais fait preuve d’une grande efficacité. Si les visées sont généralement politiques, les populations restent, pour le spécialiste des relations diplomatiques Jean-Yves Ollivier, les premières victimes et subissent de plein fouet des conséquences terribles pour le développement économique et le progrès social. Le secteur de la santé n’échappe pas à la règle et accuse généralement de fortes lacunes dans les pays concernés. Manque de moyens dans les pays en conflit et frein à la recherche et au développement des filières médicales, les enjeux de ces isolements contraints peuvent parfois jouer sur la vie de milliers d’individus. 

La pratique des embargos ne repose pas sur des instruments internationaux établis et va à l'encontre de nombreuses résolutions internationales. Les sanctions économiques qui ont accompagné les conflits au Moyen Orient, de l'Irak à la Palestine par exemple, ont eu bien souvent des conséquences dramatiques connues et prévisibles. 

Dans le domaine de la santé plus qu'ailleurs, "la méthode montre depuis des années ses limites et les effets pervers des sanctions économiques sont bien souvent beaucoup plus nombreux que leurs avantages", explique Jean-Yves Olliver. L'embargo interdit en effet toute entrée de matériel de reconstruction et limite l'approvisionnement alimentaire et médical. Le délabrement du secteur sanitaire s'en trouve de ce fait aggravé.

Tous les points de passage sont fermés au carburant et aux marchandises et cette fermeture aggrave généralement une situation déjà très dégradée. Dans les hôpitaux, les stocks pharmaceutiques souffrent des pénuries critiques, la chirurgie programmable est bien souvent impossible et les centres de soins de santé primaires doivent réduire leurs activités. 

La pénurie de fuel a elle aussi des conséquences. Les hôpitaux n'ont plus l'approvisionnement suffisant pour alimenter leurs groupes électrogènes et lors des coupures de courant, le fonctionnement des services est limité aux unités de soins intensifs, aux urgences et aux blocs opératoires. Les arrivées de médicaments sont elles aussi très aléatoires. Les stations de pompage ne fonctionnent que sporadiquement et l'accès à l'eau potable se raréfie. 

Plusieurs organismes humanitaires et médicaux comme Médecins Sans Frontières dénoncent régulièrement les conséquences sanitaires de ces enfermements médicaux et tentent d'en atténuer les effets par des actions de terrain. Ils proposent des réponses à certaines nécessités médicales spécifiques et permettent un transfert de compétences récentes du personnel expatrié vers le personnel sanitaire local (bien souvent bloqué sur place). 

Des conséquences désastreuses donc, des populations civiles touchées de plein fouet et des élites qui profitent de l'aubaine pour réaffirmer leur autorité, sans que rien ne change véritablement sur un plan politique. Les exemples sont bien trop nombreux.

A Cuba, pays symbole de l'embargo américain et de son inefficacité, Jean-Yves Ollivier nous rappelle que les Etats-Unis n'auront jamais réussi à concrétiser leurs visées stratégiques. Le pouvoir des Castro n'a en effet jamais vacillé et "c'est bel et bien le peuple cubain qui a porté seul sur ses épaules le poids des privations et des humiliations".

Cuba a dû pendant des décennies acheminer d'Europe le matériel et les médicaments nécessaires et souffre d'un accès fortement contrarié à l'information et aux technologies dans le secteur médical. De nombreuses spécialités comme l'oncologie ou la radiologie accuse aujourd'hui du retard et les spécialistes et chercheurs cubains n'ont généralement pas accès aux conférences internationales si celles-ci sont, ne serait-ce qu'en partie, financées par des fonds américains. 

Crédits photo : Latuff2

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