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Elle réclamait sa mort : La culpabilité du choix
Elle réclamait sa mort : La culpabilité du choix
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18 mars 2011 | 2 commentaires
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Tichote, 28 articles (Rédacteur)

Tichote

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Elle réclamait sa mort : La culpabilité du choix

Elle réclamait sa mort : La culpabilité du choix

Voilà que le mot « FIN » s’est écrit pour MAMAN en ce 2 mars 2011.

Elle réclamait la mort, elle revendiquait le droit de cesser de souffrir.

 

Maman a quitté ce monde

Qu’a-t’on fait, dites moi, nous ses trois filles, lorsque le médecin de l’hôpital nous a appelé en nous disant qu’il pouvait encore tenter quelque choses : Sommes- nous des monstres d’avoir unanimement refusé ???

Entrée une semaine plus tôt pour une douleur au genou, l’infection n’a pu être traitée par les antibiotiques donnés à fortes doses

L’opération nécessaire s’est bien passée et l’abcès de pus était désormais résorbé, laissant une plaie impressionnante.

Seulement voilà maman ne parvenait plus à uriner, les reins se refusaient désormais à assumer leur fonction…

Le docteur nous proposait une dialyse, celle de la dernière chance… Aucune certitude que les reins se remettent en fonction, de nouvelles épreuves, de nouvelles souffrances…..

Maman, 86 ans, victime de la terrible maladie d’Alzheimer

Maman, 86 ans, ayant fait deux infarctus et souffrant d’hyper tension.

Maman, 86 ans, victime de la maladie d’Horton

Maman, 86 ans, soignée depuis des mois pour des escarres qui se refusaient à guérir.

Maman, 86 ans, victime d’une infection dermatologique qui l’avait couverte de boutons purulents

Maman, 86 ans, si coquette et pourtant n’ayant plus la force de se battre et de résister aux démangeaisons

Elle se grattait à sang, suppliant qu’on la soigne sans qu’il fût possible de trouver l’origine de son mal

Maman, 86 ans, belle femme, devenue cadavérique depuis qu’elle ne parvenait plus à se nourrir et à s’hydrater.

Alors, unanimement, nous avons dit non à l’acharnement thérapeutique ! Sommes-nous des monstres ?

Maman s’est éteinte calmement avec l’aide de la morphine. Elle ne réagissait plus à notre présence depuis deux jours déjà.

Pourtant, nous adressant à l’aumônerie de l’hôpital pour une extrême onction, nous avons pu bénéficier de la présence d’une personne si douce qui nous guidait dans l’au revoir. Nous avons prononcé ensemble le « Notre Père » puis le « Je vous salue Marie ».

Et là vint l’incroyable : la réponse à notre culpabilité face au choix, Maman dans un souffle nous disait « Encore » et nous avons ensemble continué à prier.

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Commentaires
1 vote
par Berger (IP:xxx.xx8.17.248) le 19 mars 2011 a 10H49
Berger (Visiteur)

Nous sommes tous tentés par la culpabilisation : aurions-nous dû faire autrement ? La mort de votre maman est un événement suffisamment éprouvant pour provoquer un poids d’émotion qui y rajoute. C’est là qu’on voit que parler de "mourir dans la dignité" est un slogan qui ne convient pas à la situation. La dignité est une attitude du coeur, elle n’est pas le résultat d’un aspect extérieur plus ou moins effrayant. Et votre maman a fait bien plus qu’être digne : elle s’est montrée soulagée par vos prières, heureuse de communier avec vous dans cet "au revoir" qui n’est pas un adieu, mais un "à bientôt", ensemble, dans le bonheur. Soyez en paix.

0 vote
par Tichote (IP:xxx.xx3.166.254) le 20 mars 2011 a 20H50
Tichote, 28 articles (Rédacteur)

Merci pour ces mots "la dignité est une attitude du cœur". Parfois les actes d’amour sont en eux même un paradoxe....