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Docteur, j’ai mal à l’épaule !
Docteur, j'ai mal à l'épaule !
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20 avril 2010 | 2 commentaires
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Docteur Olivier Léger, 3 articles (Chirurgien de la main)

Docteur Olivier Léger

Chirurgien de la main
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Docteur, j’ai mal à l’épaule !

Docteur, j'ai mal à l'épaule !

Les douleurs d’épaules constituent avec les lombalgies, l’un des motifs les plus fréquents de consultation en ce qui concerne le système ostéo-articulaire.

Autrefois dénommées « Périarthrites scapulo-humérales » et bien souvent considérées comme une fatalité liée à l’âge, elles étaient, au mieux, traitées de façon symptomatiques par antalgiques et infiltration.

Aujourd’hui, on sait que derrière ce symptôme se cache des entités précises, avec pour chacune un ou plusieurs traitement curatif spécifique. Une douleur d’épaule doit donc amener à consulter. Un bilan précis permettra un diagnostic et un traitement adapté.

Cas n°1 : Mme T. 46 ans consulte pour son épaule droite. Elles souffre depuis maintenant plus de 10 mois.

Le début a été progressif, sans circonstances déclenchante particulière, tout au plus évoque t’elle un faux mouvement en attrapant sa ceinture de sécurité en voiture. Les douleurs très vives et insomniantes au début ont peu à peu céder la place à une raideur importante de l’épaule et une gêne majeure pour toutes les activités de la vie quotidienne. Elle a bénéficié jusqu’à présent d’une infiltration et de quelques séances de rééducation sans grande amélioration. Une radiographie a été effectuée et s’avère normale.

L’examen de la patiente retrouve une altération majeure des différents mouvements de l’épaule, on parle d’épaule « gelée » et le diagnostic de capsulite est dès lors évident. La capsule est l’enveloppe qui entoure les articulations. Parfois dans le cadre d’une maladie intéressant un organe proche, par exemple une maladie pulmonaire, on assiste à une rétraction de la capsule de l’épaule, mais le plus souvent celle-ci survient spontanément.

Le traitement repose essentiellement sur de la rééducation pluri hebdomadaire, afin de gagner degré par degré la souplesse de l’épaule. Dans certains cas la distension capsulaire par injection intra-articulaire sous contrôle radiographique est possible. La mobilisation en force sous anesthésie est à proscrire car le risque de complication, en particulier fracture, est important. La place de la chirurgie (section capsulaire par arthroscopie) est encore discutée et doit rester exceptionnelle. Dans tous les cas l’évolution va se faire vers la guérison en 12 à 18 mois. Les enraidissements séquellaires restent rares.

Réeducation précoce en piscine après intervention sur l'épaule

 

Cas n°2 : Mr P. 56 ans peintre en bâtiment, consulte pour son épaule gauche.

Celle-ci le fait souffrir depuis 1 mois à tel point qu’il ne dort quasiment plus la nuit, car les douleurs augmentent dès qu’il est en position couchée. Tout aurait débuté à la suite d’un effort de soulèvement au travail, à tel point qu’une déclaration d’accident de travail a été faite. Il a eu une infiltration qui l’a un peu calmé. En l’interrogeant on s’aperçoit en fait qu’il a présenté par le passé, d’autres crises douloureuses.

L’examen montre une épaule souple mais la douleur se réveille aux alentours de 60° d’élévation. Différents tests, bien codifiés, et consistants à demander au patient d’effectuer certains mouvements contre résistance, permettent en quelques minutes de suspecter une rupture de la coiffe des rotateurs, et en particulier de l’un des tendons. Il s’agit de 4 tendons qui s’insèrent sur la tête de l’humérus et qui assurent la mobilité du bras (Infra-épineux en arrière, supra-épineux au dessus, sub-scapulaire en avant et long biceps). Ces tendons sont surmontés d’une partie de l’omoplate, l’acromion dont le caractère parfois agressif entraîne un frottement des tendons lors des mouvements d’élévation et une usure progressive. Un bilan associant radio et arthrocanner est prescrit. Quelques jours plus tard Mr T. revient muni de ses examens. La radio montre un acromion crochu.

L’arthroscanner confirme une rupture du tendon supra-épineux de taille modéré, sans rétraction tendineuse et avec un muscle de qualité correcte. Une intervention est donc possible. Elle s’effectuera en ambulatoire (hospitalisation d’un jour) sous anesthésie loco-régionale (anesthésie du bras) et par arthroscopie (une caméra est introduite dans l’épaule). Elle va associer deux gestes : un « rabotage » de l’acromion afin de supprimer le conflit avec les tendons sous-jacents, c’est l’acromioplastie ; et par ailleurs une réinsertion du tendon rompu sur l’os. L’intervention dure environ 45 minutes. Le patient devra ensuite conserver son bras en écharpe 45 jours, délai nécessaire à la cicatrisation tendineuse.

La rééducation est débutée dès le lendemain de l’intervention, en passif initialement (c’est le kinésithérapeute qui bouge le bras du patient), en actif à l’abandon de l’écharpe après 45 jours (c’est le patient qui bouge le bras). Un arrêt de travail d’environ 6 mois sera nécessaire compte tenu du travail physique du patient, délai au terme duquel il aura récupérer une épaule indolore et fonctionnelle.

Toutefois dans le cadre de cette maladie professionnelle, la reprise du travail mains au dessus du plan des épaules comporte un risque de rechute. Le devenir professionnel du patient devra donc être discuté à la reprise du travail, avec le médecin du travail et le médecin de la sécurité sociale, tenant compte du nombre d’années restant à effectuer, de la possibilité d’aménagement du poste de travail et de reclassement.

 

Cas n°3 : Mme A. 87ans souffre depuis de nombreuses années de son épaule droite qu’elle mobilise de plus en plus difficilement.

La gêne est importante chez cette patiente encore dynamique sans maladie particulière par ailleurs, malgré la prise de dérivés morphiniques. L’examen retrouve une épaule ankylosée en particulier en élévation et dans les mouvements de rotation. Les radiographies portées par la patiente montre une arthrose d’épaule évoluée.

La mise en place d’une prothèse d’épaule va permettre de la soulager durablement tout en restaurant des mobilités utiles qui vont lui rendre son autonomie. Dans un premier temps un scanner est prescrit afin de préciser les conditions d’implantation de la prothèse et de conforter le choix du type de prothèse. Une écharpe sera conservée après l’opération durant 3 à 6 semaines selon le type de prothèse mise en place.

Une hospitalisation de 5 jours avec rééducation en centre est envisagée. Les prothèses d’épaule sont maintenant bien connues avec un recul de plus de 40 ans.

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Cas n°3 : Résultat après intervention
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Cas n°3 : Radio après intervention

 

Cas n°4 : Mme G. 41 ans, secrétaire, consulte pour une « calcification de l’épaule ».

Elle souffre en fait depuis 2 mois et vraiment intensément depuis 15 jours. La radiographie que son médecin traitant lui a fait faire montre en effet un volumineux dépôt calcique au dessus de la tête humérale. Les tendinopathies calcifiantes restent mystérieuses quant à leur origine.

Le traitement repose dans un premier temps sur une ou deux infiltrations antalgiques, la réalisation éventuelle d’ondes de choc. En cas d’échec de ce traitement suffisamment prolongé, une ablation de la calcification par arthroscopie en chirurgie ambulatoire pourra être envisagée.

Aucune immobilisation n’est nécessaire dans les suites de l’arthroscopie et la rééducation est commencée précocement pour éviter tout enraidissement. Les douleurs vont disparaître complètement au plus tard au 3° mois après l’intervention.

Cas n°4

Docteur Olivier Léger
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Commentaires
2 votes
par AniKoreh (IP:xxx.xx1.208.195) le 20 avril 2010 a 15H51
AniKoreh (Visiteur)

Cas n° 4 : Tendinopathie calcifiante >> "Solanum malacoxylon", traitement homéopathique tout à fait concluant en 4, 5 mois. Pas besoin d’infiltrations, de traitement par chocs, de chirurgie !

Témoignage personnel. Nombreuses informations sur internet disponibles.

Bien cordialement à vous.

2 votes
par stephanemot (IP:xxx.xx2.40.102) le 21 avril 2010 a 02H22
stephanemot (Visiteur)

Il conviendrait d’evoquer les troubles lies a l’ordinateur, en particulier les laptops qui ne sont pas du tout ergonomiques (distance clavier - moniteur en particulier).