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Diabète : Faites-vous dépister !
Diabète: Faites-vous dépister !
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24 juin 2011
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Bien-être et santé, 172 articles (Magazine Santé)

Bien-être et santé

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Diabète : Faites-vous dépister !

Diabète: Faites-vous dépister !

On peut être diabétique sans le savoir… jusqu’au moment où surviennent les complications. Pour ne pas en arriver là, contrôlez votre glycémie dès l’âge de 40 ans.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 220 millions de personnes sont diabétiques sur la planète et au moins 3,2 millions en meurent chaque année. Chiffres qui, sans changement notable de notre alimentation et de notre mode de vie, pourraient doubler d’ici à 2030.
 
Comme les autres pays industrialisés, mais aussi de plus en plus de pays émergents, la France est concernée par cette « épidémie ». «  Avec plus de 3 millions de personnes touchées, nos prévisions les plus pessimistes sont dépassées, et c’est sans compter les 500 000 ou 600 000 autres Français qui ignorent leur maladie  »,a rappelé récemment le Pr Jacques Bringer, président de la Société francophone du diabète (SFD), à l’occasion de la parution d’un Livre blanc du diabète envoyé aux pouvoirs publics et aux décisionnaires*.
 
« Aujourd’hui, le diabète coûte 14 milliards d’euros chaque année, deux fois plus qu’il y a quelques années, et représente 10 % des dépenses de santé. Environ 40 % de ces dépenses sont liées aux hospitalisations, elles-mêmes dues aux complications et aux maladies associées. »
 

Diabète de type 2

Il existe deux diabètes à ne pas confondre, même s’ils présentent des caractéristiques communes et s’ils font courir les mêmes risques.
  • Diabète de type 1, ou diabète insulinodépendant. C’est une maladie auto-immune : le corps produit de manière anormale des anticorps dirigés contre les cellules du pancréas chargées de fabriquer l’insuline, l’hormone contrôlant la glycémie (taux de glucose dans le sang). Le pancréas finit par ne plus pouvoir la fabriquer ou de manière très insuffisante et il faut impérativement compenser ce manque. Ce type de diabète se déclare souvent brutalement dans l’enfance ou à l’adolescence chez des personnes prédisposées génétiquement (père ou mère souffrant de ce type de diabète), mais il résulte des effets synergiques avec d’autres facteurs, environnementaux et immunologiques : infection virale ou baisse des défenses immunitaires notamment.
  • Diabète de type 2, ou non insulinodépendant. Il représente 90 % des cas et apparaît en général après 40 ou 50 ans, de manière insidieuse, chez des personnes en surpoids ou obèses, d’où son ancien nom de diabète gras, encore employé. Le pancréas fabrique toujours de l’insuline, mais pas assez pour répondre aux besoins de l’organisme et, surtout, celle-ci est peu efficace.

L’hérédité et le vieillissement jouent un grand rôle dans la survenue de la maladie, mais l’augmentation actuelle du nombre de cas (+ 6 % chaque année) tient pour beaucoup à l’excès de poids, surtout localisé à l’abdomen, qui favorise la résistance de l’organisme à l’action de l’insuline. Les courbes de progression du diabète et de l’obésité concordent. Phénomène inquiétant, de plus en plus d’adultes jeunes et d’enfants sont touchés. En cause : la sédentarité et une alimentation trop riche et déséquilibrée.

 

Évolution insidieuse

Le diabète de type 2 est souvent découvert tard, quand la maladie a déjà évolué ou même au stade des complications.
  • Rétinopathie : atteinte des capillaires rétiniens qui retentit sur l’acuité visuelle, provoquant des troubles de la vision pouvant déboucher sur la cécité (perte de la vue).
  • Néphropathie : lésions des petits vaisseaux sanguins des reins qui peuvent entraîner une insuffisance rénale et rendre la dialyse, voire la greffe de rein, obligatoire.
  • Neuropathie : atteinte des nerfs, responsable notamment de douleurs aux jambes et d’une perte de la sensibilité au niveau des pieds, cause d’infections et d’ulcérations, parfois d’amputations, en particulier de doigts de pied.
  • Complications cardiovasculaires, majorées par l’existence d’autres facteurs de risque, tabagisme, hypertension artérielle, excès de cholestérol : infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral (AVC), artérite des membres inférieurs.
 

Doser la glycémie

Pour ne pas en arriver là sans vous en apercevoir, faites doser, à jeun, votre glycémie tous les deux ou trois ans, en même temps que votre cholestérol par exemple. Au-dessus de 1,26 g/l, vous êtes diabétique et un traitement est impératif, mais attention entre 1,10 et 1,26 g/l, c’est déjà un prédiabète et il faut réagir, notamment en modifiant votre régime alimentaire. Entre-temps, vous pouvez vous-même faire un test de glycémie par prélèvement capillaire (une goutte de sang au bout du doigt), c’est facile et indolore. Demandez à votre pharmacien.
 

Hygiène de vie

Diabétique de type 1, de type 2 ou prédiabétique, les mesures hygiénodiététiques sont essentielles pour abaisser la glycémie. Revoyez votre alimentation et bougez-vous ! Si votre diabète de type 2 a été diagnostiqué tôt, un changement de mode de vie peut suffire. Pas de médicament, ça vaut la peine d’essayer !
  • Mangez moins, moins gras et moins riche, bref équilibré, pour perdre vos kilos en trop, c’est capital.
  • Diminuez les sucres rapides (confiseries, gâteaux), mais ne supprimez surtout pas les sucres lents (pain, pâtes et riz complets, pommes de terre, légumineuses).
  • Marchez tous les jours au moins une demi-heure, pratiquez randonnées, sport en salle plusieurs fois par semaine, natation, vélo… toutes les activités physiques pourvu qu’elles soient régulières.
 

Perspectives d’avenir

Si nécessaire, le médecin vous prescrira en plus un médicament adapté. De nouvelles molécules ont été commercialisées ces dernières années, et la recherche est active et porteuse d’espoirs. Les travaux de l’équipe de Gilles Mithieux, directeur de l’UMR nutrition et cerveau (Inserm, faculté de médecine Lyon Est-Laennec), qui vient de bénéficier d’une aide financière de la Fondation pour la recherche médicale, pourraient révolutionner la compréhension du diabète de type 2 et déboucher sur des traitements d’un genre nouveau.
 
« Le foie et l’intestin fabriquent du glucose pour maintenir la glycémie à une concentration proche de 1 g/l en dehors des repas, cruciale pour le bon fonctionnement de l’organisme », explique le chercheur. Mais, « contrairement au foie qui peut augmenter la production de glucose et entraîner un diabète gras, l’intestin contrôle le taux de sucre dans le sang. Cet organe, jusqu’ici peu considéré, aurait donc un effet bénéfique et protégerait contre l’obésité et ce type de diabète. » La production de glucose active en effet un signal à la sortie de l’intestin, transmis par les nerfs au cerveau. Ce signal diminue la sensation de faim et, en même temps, diminue la production de glucose par le foie en améliorant l’action de l’insuline, hormone principale du contrôle de la glycémie.
 
Objectif de l’équipe : confirmer ces hypothèses chez des souris génétiquement manipulées pour, à partir de ces modèles, mettre au point un médicament capable de stimuler la production de glucose dans l’intestin pour bloquer le processus. En attendant, un seul mot d’ordre : dépistage et prévention !
 
Evelyne Oudry
 

Détecter les premiers signes

- Diabète de type 1

  • Besoin de boire souvent et beaucoup d’eau ou d’autres boissons rafraîchissantes, jusqu’à 3 ou 4 litres par jour.
  • Envies fréquentes d’uriner, dues à la concentration élevée de sucre dans le sang que l’organisme essaie d’éliminer.
  • Envie de manger fréquemment en grandes quantités, avec paradoxalement un amaigrissement.
  • Grande fatigue au moindre effort.
  • Ces symptômes très évocateurs imposent de consulter rapidement. La maladie peut aussi se révéler par une perte de connaissance brutale, dans ce cas direction les urgences.

- Diabète de type 2

Comme la glycémie s’élève progressivement, les signes sont moins nets et même absents dans 50 % des cas. Quelques symptômes discrets peuvent cependant alerter : infections urinaires (cystites) ou cutanées (furoncle, abcès, impétigo) à répétition, retard de cicatrisation.

Bon à savoir : Autosurveillance plus performante

 
Les lecteurs de glycémie permettent aux diabétiques de mesurer eux-mêmes leur taux de sucre dans le sang à partir d’une gouttelette de sang prélevée au bout du doigt. Le choix du modèle (par le médecin et le pharmacien) varie en fonction de l’âge et des besoins propres à chaque malade : utilisation simple, résultats visibles, état de santé… Ils sont de plus en plus petits, légers, fiables, rapides et performants (microprélèvement de 0,3 ml de sang, résultats en 5 secondes, alerte hypo ou hyperglycémie) et aident les diabétiques à mieux se prendre en charge. Les plus récents offrent de nouvelles fonctionnalités : distinction entre glycémies réalisées après un effort physique, à jeun ou après un repas, visualisation en un clin d’œil de leur évolution, et répondent particulièrement aux attentes des jeunes, habitués aux nouvelles technologies.
La Sécurité sociale rembourse aux adultes 1 stylo autopiqueur par an, 2 aux enfants et aux ados, et un lecteur de glycémie tous les 4 ans aux adultes, 2 aux enfants (un pour le domicile, un pour l’école).
 

Recherche : Mieux comprendre le diabète

La Fondation pour la recherche médicale (FRM), reconnue d’utilité publique, soutient les chercheurs depuis 64 ans grâce aux donateurs. Cette année, elle a sélectionné 17 projets de recherche, financés à hauteur de 3 millions d’euros, destinés à mieux comprendre les régulations métaboliques dont les défauts peuvent provoquer obésité et diabète de type 2. Aidez-la à poursuivre son action*, tout le monde est concerné.
 
* Par courrier : FRM, 54 rue de Varenne, 75007 Paris ou sur Internet : www.frm.org
 

Numéro Juin 2011

Le magazine Bien-être & Santé est un mensuel gratuit offert à leurs clients par les pharmaciens abonnés uniquement. Pour savoir si votre pharmacie est partenaire, rendez-vous sur le site dédié.

Cet article est extrait en exclusivité du magazine Bien-être & Santé - Tous droits réservés

POST-SCRIPTUM

  • * Sept propositions pour faire face à l’épidémie silencieuse du xxie siècle.

    Pour en savoir plus : Association française des diabétiques (AFD), 88 rue de la Roquette, 75544 Paris cedex 11. Tél. : 01 40 09 24 25. E-mail : afd@afd.asso.fr Site Internet : www.afd.asso.fr
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