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Diabète de type 2 : L’épidémie silencieuse
Diabète de type 2 : L'épidémie silencieuse
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19 décembre 2013
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Bien-être et santé, 172 articles (Magazine Santé)

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Diabète de type 2 : L’épidémie silencieuse

Diabète de type 2 : L'épidémie silencieuse

Le diabète de type 2 est en augmentation constante et pourtant il reste mal diagnostiqué, donc traité trop tardivement. Résultat  : des complications graves qui pourraient être évitées.

En lien avec l’explosion de l’obésité, le nombre de diabétiques augmente en France de 5,7 % par an en moyenne. 400 nouveaux patients sont diagnostiqués chaque jour, si bien que d’ici à 2020 le nombre de patients traités aura doublé. En réalité, en l’absence de dépistage systématique et du caractère insidieux du diabète de type 2, le plus fréquent (90 % des cas), on connaît mal l’ampleur exacte du fléau. 600 000 personnes ignoreraient leur maladie. «  Cette maladie a un coût, et non des moindres, pour la collectivité  », explique Gérard Raymond, président de la Fédération française des diabétiques dans un livre récent écrit par un collectif d’auteurs connus, médecins, sociologues, anthropologues, philosophes… 
 
«  Les dernières estimations mentionnent la somme de 10 milliards d’euros auxquels viennent s’ajouter des coûts indirects de l’ordre de 7,5 milliards d’euros. Et cette dépense est loin de se stabiliser…  » Un argument qui plaide pour faire du diabète une Grande cause nationale. C’est ce qu’a réclamé, à l’occasion de la Journée mondiale du diabète, le 14 novembre dernier, la Fédération française des diabétiques qui propose une pétition en ligne sur son site.
 

Connaître les risques

Dans les deux types de diabète, la glycémie (taux de sucre dans le sang) est trop élevée, supérieure, à jeun, à 1,26 g/l, mais dans le diabète de type 2, elle monte progressivement. Les signes sont donc absents ou discrets pendant des années  : infections urinaires ou cutanées répétées, retard de cicatrisation…, d’où souvent un retard du diagnostic.
 
Génétique et surpoids
Le diabète de type 2, qui survient à l’âge adulte, est lié à une alimentation trop riche et au surpoids, alors que le diabète de type 1 dit insulinodépendant, beaucoup moins fréquent, se transmet génétiquement. Cela dit, les diabétiques insulinodépendants ne transmettent pas automatiquement leur maladie à leurs enfants. Et, on le sait moins, l’hérédité joue aussi un rôle
dans le diabète de type 2  : le risque augmente de 30 % quand un parent est diabétique de type 2 et de 70 % quand les deux le sont. Mais ici, on peut malgré tout limiter les risques en adoptant une bonne hygiène de vie.
 
Complications multiples
Le diabète de type 1 est rapidement pris en charge, car il apparaît dans l’enfance ou à l’adolescence et ses symptômes sont très révélateurs  : besoin de boire souvent et de manger beaucoup, avec paradoxalement un amaigrissement et une grande fatigue, ou perte de connaissance brutale. Mais sans traitement adapté et une bonne hygiène de vie, les deux diabètes, de type 1 ou 2, affectent les artères, les petits vaisseaux et les nerfs, et provoquent des complications graves à plusieurs niveaux.
Appareil cardiovasculaire
Infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral (AVC).
Membres inférieurs
Artérite des jambes, gangrène, perte de sensibilité des pieds d’où infections et ulcérations, amputations.
Yeux
Rétinopathie, perte de la vue d’un œil, cécité totale.
Reins
Insuffisance rénale pouvant nécessiter dialyse ou même greffe.
 
Équilibrer l’alimentation
S’il est impossible d’agir sur la génétique, on peut diminuer le risque de devenir diabétique de type 2 en mangeant équilibré et en bougeant.
Eau à volonté, doucement
sur les boissons sucrées et alcoolisées.
Fruits et légumes à chaque repas, pain et produits céréaliers, pommes de terre, légumes secs  ; produits laitiers peu gras et peu salés (lait, yaourt, fromage blanc)  ; viandes peu grasses, volailles, poissons.
Réduire les graisses animales (beurre, crème…) et adopter huiles d’olive, de colza, de noix.
Attention aux bonbons et aux aliments à la fois gras et sucrés  : pâtisseries, crèmes dessert, glaces, barres chocolatées…
Saler sans excès, limiter fromages, charcuteries, produits apéritifs salés.
Pratiquer chaque jour une activité physique, pas nécessairement du sport  : marcher, monter les escaliers, faire du vélo…
 

Se surveiller pour bien se traiter

 
Manger équilibré, c’est très bien, mais ça n’empêche pas de surveiller sa glycémie. Dès l’âge de 40 ans, tout le monde devrait se poser la question de savoir s’il est diabétique. Pour en avoir le cœur net, faites doser votre taux de sucre dans le sang. Demandez à votre médecin, par exemple à l’occasion d’une recherche de cholestérol. Mais aussi en cas de fatigue, d’amaigrissement ou de prise de poids, d’infection qui traîne et impérativement chaque année en cas de forte hérédité, de surpoids, d’excès de cholestérol ou d’hypertension artérielle. Et aussi, de temps en temps, si vous avez souffert de diabète gestationnel (pendant une grossesse) ou si vous avez donné naissance à un gros bébé (plus de 4,5 kg).
 
Médicament ou insuline  ?
Si votre glycémie est égale ou supérieure à 1,26 g/l, vous avez vraisemblablement un diabète, mais avant de prescrire un traitement, le médecin demandera une autre prise de sang pour confirmer ou infirmer le résultat. Un changement de mode de vie (alimentation équilibrée + exercice physique) peut suffire si votre diabète est récent, ça vaut la peine d’essayer. Sinon, il faut se traiter sans attendre, en prenant des médicaments antidiabétiques par voie orale, seuls ou en association  : metformine, sulfamide hypoglycémiant, incrétines, analogues du GRP-1, inhibiteurs des alpha-glucosidases, inhibiteur de la dipeptidyl peptidase-4, bientôt inhibiteur du cotransmetteur sodium glucose de type 2… Si, malgré le traitement, la glycémie n’est pas contrôlée, des injections d’insuline sont souvent nécessaires au bout d’un certain temps, variable selon les personnes. D’où l’intérêt de surveiller régulièrement sa glycémie.
 
Automesure de la glycémie
Les lecteurs de glycémie permettent de mesurer soi-même son taux de sucre dans le sang à partir d’une gouttelette prélevée au bout du doigt pour adapter ensuite la dose d’insuline à injecter. Les lecteurs actuels sont à la fois plus faciles à utiliser et plus performants, ce qui améliore l’autosurveillance et diminue le risque de problèmes (hypo ou hyperglycémie). Les plus récents ressemblent à de petits téléphones mobiles et sont tout-en-un, sans bandelettes réactives à manipuler. La contrainte est minime et chaque contrôle ne prend que quelques secondes.
Evelyne Oudry
 

RÉPONSES D’EXPERT

Thibault Martin, Orthoptiste et coordinateur du dépistage de la rétinopathie diabétique à l’URPS-Médecins libéraux de Bourgogne.« Le dépistage de la rétinopathie diabétique a prouvé son efficacité. »
 
En quoi consiste le dépistage itinérant de la rétinopathie diabétique dont vous vous occupez en Bourgogne  ?
Nous avons lancé la 10e campagne en octobre 2013. C’est un projet pionnier et unique qui permet aux personnes atteintes de diabète sans le savoir, vivant dans les zones rurales en manque de médecins spécialistes et sans moyens de locomotion, de bénéficier d’examens de dépistage ophtalmologique. L’objectif est de déceler à temps les symptômes non visibles de la maladie et de prévenir ainsi son évolution. En pratique, nous sillonnons les cantons les plus isolés de Bourgogne dans un camion équipé d’un matériel médical perfectionné. Les mairies nous prêtent un local qui fait office de salle d’attente, et dans lequel des bénévoles membres de l’AFD accueillent les patients. Je réalise les photographies du fond d’œil ainsi qu’une prise de la tension oculaire et les clichés sont envoyés par télétransmission pour interprétation.
Quel est le bilan de votre campagne de dépistage 2012-2013  ?
1 100 diabétiques ont été dépistés gratuitement, 38 % d’entre eux avaient une anomalie oculaire et ont été orientés vers un ophtalmologiste. 7,2 % étaient déjà atteints de rétinopathie diabétique. 
 
 

RÔLE DU PHARMACIEN

 
Même si les pharmaciens donnaient déjà des conseils aux diabétiques, depuis la loi Hôpital, patients, santé et territoire (HPST) ils jouent maintenant un vrai rôle dans le suivi de certains patients atteints de maladies chroniques, dont les diabétiques de type 2.
- Rappel des mesures de prévention aux personnes à risque  : alimentation équilibrée, activité physique, perte de poids…
- Dépistage  : les officines peuvent organiser des opérations de dépistage à l’officine.
- Informations  : sur les mécanismes du diabète, ses complications, les examens de surveillance, les changements d’habitudes de vie…
- Suivi du traitement  : explications sur les modes d’emploi, les effets indésirables, les résultats des analyses biologiques…
- Aide lors du passage à l’insuline  : pour l’autosurveillance glycémique, le choix des stylos injecteurs…
 
 
À savoir
Les cures thermales conventionnées de 18 jours pour les maladies de l’appareil digestif et métabolique sont utiles. À Contrexeville, Vittel, Vichy, Val-les-Bains. Les Thermes Valvital de Thonon-les-Bains proposent un module complémentaire Savoir vivre avec son diabète.
 
Vaccin antigrippe
Indispensable car l’organisme des diabétiques est plus exposé aux complications respiratoires de la grippe. La grippe peut aussi déséquilibrer le diabète et aggraver ses complications si celles-ci sont déjà installées.
 
 

Aidez-vous des nouvelles technologies

 Parce que l’alimentation reste souvent problématique pour les diabétiques traités par insuline, notamment quand ils mangent à l’extérieur, Roche Diabetes Care a lancé une application smartphone (Gluci-Chek) qui permet d’évaluer facilement les valeurs nutritionnelles des aliments, en particulier les glucides. Disponible sur Apple Store et Google Play.
 Autre nouveauté, «  la cuisine virtuelle  », site interactif et ludique qui s’adresse à tous les diabétiques, de type 1 ou 2. En quelques clics, vous accédez à une base de plus de 250 aliments et pouvez composer votre repas en calculant l’apport en glucides. Accessible depuis www.diabeteaufeminin.fr ou directement via l’URL
www.cuisinevirtuelle.fr
 
ASSOCIATION
La Fédération française des diabétiques, association de patients reconnue d’utilité publique, regroupe 105 associations locales et compte plus de 130 000 membres.
88 rue de la Roquette, 75544 Paris cedex 11. Tél.  : 01 40 09 24 25.
www.afd.asso.fr&nbsp ;&am... ;
 
À lire
LE DIABÈTE, UNE ÉPIDÉMIE SILENCIEUSE
Ce livre rassemble les analyses d’un collectif de cliniciens et chercheurs connus, médecins, sociologues, économistes, anthropologues, philosophes… centrées sur le diabète.
Gérard Raymond et le collectif, soutenu par Novo Nordisk. Les droits d’auteur de l’ouvrage sont versés à la Fédération française des diabétiques, 2013, 22 €. 
 

 Le magazine Bien-être & Santé est un mensuel gratuit offert à leurs clients par les pharmaciens abonnés uniquement. Pour savoir si votre pharmacie est partenaire, rendez-vous sur le site dédié.
Cet article est extrait en exclusivité du magazine Bien-être & Santé - Tous droits réservés
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