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Devenir « auteur » de sa santé…
Devenir « auteur » de sa santé…
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28 octobre 2015
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Giordan, 5 articles (Rédacteur)

Giordan

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Devenir « auteur » de sa santé…

Devenir « auteur » de sa santé…

La santé, ce n’est pas que le soin, au sens que ce mot a pris dans notre société… Le champ des gestes de soins est « absorbé » par les professions dites « de la santé » ( !). Difficile de s’en sortir ! Seul l’humoriste Devos pourrait nous y aider… Essayons de traduire ! En fait, ce qu’on nomme « la santé » traite essentiellement de la maladie : des pôles techniques au pôle thérapeutique de la cure ! Les soins sont devenus des « traitements » dont s’occupent les professions médicales ou paramédicales. On ne peut pas dire qu’ils nous fassent toujours du bien…

 

Il est un autre domaine, appelons-le « le soin de soi » qui existe, du moins qu’il s’agit de faire exister en lui-même, et non comme sous-produit de la médecine. Pour le distinguer, le terme de « souci de soi »[1] comme défini par le philosophe Foucault ou celui de « bien-être » s’il n’était pas autant galvaudé par les magazines féminins et les pseudothérapies à la mode seraient les bienvenus ! Alors parlons plutôt de « bien-aise » ou pourquoi pas « d’art de vivre », de « félicité » ou de… « sérénité » pour parler de ce qui nous fait du bien…



[1] On pourrait utiliser le terme « care » s’il n’avait pas dans le débat américain plusieurs acceptions : soin, souci, sollicitude, dévouement. Quelque part entre éthique, philosophie et projet politico-personnel, il devient difficile de le cerner.

Le « souci de soi » n’est en rien en lien direct avec la médecine, cette discipline peut seulement fournir qu’une partie des données –quand elles sont attestées- pour conserver ou retrouver la santé ou pour vivre en santé avec une maladie[1]. Le souci de soi ou mieux la sérénité, elle, est habituellement envisagée comme un état de calme, de tranquillité, de confiance sur le plan de l’esprit. Pourquoi ne pas l’étendre à l’ensemble du corps ? Elle est affaire de ressentis satisfaisants, de connaissance de soi, de travail sur sa personne et en particulier sur ses valeurs : « à quoi je tiens ? », « qu’est-ce qui me porte ?, qui m’habite ? ». La sérénité est également affaire de relationnel, l’humain n’existe pas sans l’autre, sans les autres dans une tribu, un groupe d’amis ou une société. Diverses autres référents ou ressources sont ainsi à convoquer pour la conforter : l’éthique, l’anthropologie, la psychologie, la biologie, l’épistémologie, l’écologie, la sophrologie, la didactique, les approches physiques de corps, sans oublier les massages, la respiration et pourquoi pas la méditation…

Dans l’instant, difficile de rencontrer un champ de recherche qui croise ces diverses approches. En écologie, quand un biotope est libre, rapidement des espèces opportunistes s’y installent. C’est également le cas ici, nombre de « maîtres », de gourous, de sachants s’emparent de la naïveté de demandeurs pour « refiler » leur panacée censée être omnipuissante. En lieu et place, essayons de l’envisager et de le faire exister autrement…

 

Une approche autre

 

La santé, pris dans cette idée de « souci de soi » ou de « sérénité » est à envisager comme un « savoir émergent », c’est-à-dire comme un savoir à inventer… parce qu’il n’existe pas de référent à l’université ou dans une corporation, un métier[2]. De plus et c’est sans doute cela le plus notable, il n’est pas question dans cette nouvelle approche d’apporter « la » vérité, la divine panacée. On trouve sur Internet, dans les magazines, trop de dictats : « faites ainsi pour… dormir », « pas comme cela pour choisir votre nourriture », « attention danger des… ! ». Chaque méthode « marche » en réalité pour celui qui la conçoit. Pourquoi vouloir l’imposer aux autres ?

Pas question par exemple d’en rester aux oukases de la diététique. En trente ans, les « bons » conseils ont changé 3 fois ! Il fallait supprimer le pain ou les sardines à l’huile. Les voilà réhabilités. Pour moi, contrairement à ceux qu’on trouve dans les articles bien pensants, je peux prendre un thé noir comme tisane pour m’endormir ! Je peux manger des pommes, des oranges le soir ou encore regarder un film dramatique à la télévision et m'assoupir ! Faisons de mêmes pour certains conseils des médecins ou des psychos. en tous genres, faute de formation suffisante… Demandons-nous d’abord quelle est leur légitimité ? Sont-ils attestés ou sont-ils le produit de quelques habitudes ou de quelques lobbies. Comme ces informations qui nous imposent de boire plus que de raison : « Buvez un litre et demi au quotidien », « Boire et éliminer », « Buvez pour maigrir », etc.. La bouteille d’eau permanente entraine des mictions, en d’autres termes des « pipis » trop fréquents ! Ce sont des pertes considérables en sels minéraux et oligoéléments ; autres sources de revenus pour l’industrie pharmaceutique qui vend par là, avec force battages dans les magazines, des alicaments ou autres compléments alimentaires, alors qu’on peut éviter de perdre sels et oligoéléments et que ces derniers se trouvent facilement dans les aliments habituels. Apprenons plutôt à mirer les urines comme au XVIIème siècle pour voir si elles sont trop concentrées ou trop claires ; et par là boire en conséquences. Ni trop peu, ni trop, juste pour que nos urines ne soient pas trop foncées !…  Ou fions-nous à notre simple ressenti : la soif !

Essayons ainsi de repérer ce qui nous convient pour notre propre équilibre… Chacun de nous est unique, il possède une génétique, une histoire immunologique, culturelle différente. Il vit dans un contexte spécifique. Le plus important n’est-ce pas de découvrir ce qui nous convient, ce qui nous fait du bien ? Non pas seulement sur l’immédiat, mais sur la durée. La proposition de cette nouvelle approche est simple : insuffler une démarche d’écoute et de recherche de soi.

En aucune manière, je ne souhaite imposer ma méthode, mais simplement partager, échanger mon expérience, mes questionnements, mes réussites et mes limites. Quand je parle de moi, c’est uniquement pour dire qu’autre chose est fort possible ou simplement faire des suggestions qui sortent de l’habitude. A vous d’essayer… et à prendre ou à laisser…

 

Mettre en pratique

 

Bien sûr, il existe des fondamentaux sur le corps à connaître. Tout n’est pas à rejeter dans les apports des disciplines classiques : bien manger, bouger, éviter les addictions, limiter les stress. Mais encore faut-il prendre du temps pour soi, se relaxer, se faire masser, ajouter du soleil avec modération, quelques plaisirs au quotidien et la fête de temps à autre. Principalement, notre sérénité dépend de notre capacité à nous traiter avec douceur et bienveillance.

Le moral tient une place considérable dans la santé, et dans la guérison éventuelle. Un « travail » sur soi est alors à entreprendre pour se donner une direction, un chemin –on parle plutôt de sens aujourd’hui- à notre existence. Certes on peut s’inspirer auprès de « maîtres » ou de professionnels, mais nous avons tout le potentiel neuronal, affectif, cognitif en nous pour y parvenir. Donnons-nous seulement un « peu » de temps et pratiquons seulement un « peu » d’épistémologie[3] pour repérer en nous ce qui nous porte et nous fait vibrer… et laissons-le s’exprimer et s’enrichir en interaction aux autres et à la culture !

 

Reste le passage de la théorie à la pratique… Il y a toujours un pas, parfois très difficile à franchir. Pour commencer, évitons la surconsommation de médicaments et n’hésitons pas à mettre à mal les grandes théories à la mode. Pour les bobos quotidiens, les remèdes sont le plus souvent inutiles et dangereux. Ils ne sont jamais inoffensifs, les effets collatéraux, comme disent les militaires, sont multiples. Quels bénéfices peut-on en tirer par rapport aux risques possibles ? Prenons pas exemple le paracétamol, un des médicaments les plus en usage et qui coûte 320,9 millions d’euro par an à l’assurance maladie. Une équipe de l’université de Leeds a rassemblé quelque 1 900 études publiées sur les « effets toxiques du paracétamol ». Cette compilation démontre que les personnes qui prennent chaque jour une dose de paracétamol, par exemple 3 comprimés de Doliprane 1 000 par jour ou 6 d’Efferalgan 500 – soit 3 grammes par jour – ont un risque de décès prématuré accru jusqu’à + 60 %. Elles ont une probabilité plus élevée d’avoir un accident cardio-vasculaire (+ 19 %), une hémorragie intestinale (+ 11 à 49 %) ou des atteintes rénales.

Pas d’intégrisme cependant, les médicaments sont indispensables pour les pathologies graves. Loin des injonctions du biomédical ou des panacées et des ouvrages prescripteurs pseudo-scientifiques louant un seul système, recherchons la voie qui nous convient le mieux pour devenir… « l’auteur » de sa santé[4]. Ecoutons notre corps, il nous parle ! N’attendons pas les symptômes de la maladie pour nous en préoccuper. Allons chercher notre potentiel caché, à mille lieues des diktats et des idées préconçues et prenons appui sur lui… Etre en phase avec soi-même, s'épanouir sont des passages obligés vers le bien-vivre. (Re)prenons confiance en nous, allons vers l’estime de soi. Le désir de savoir, notamment apprendre sur soi en action avec les autres est de même une approche efficace à essayer….

A suivre

Pour en savoir plus :

André Giordan, 30 ans sans médicament, Lattès, 2015

 

POST-SCRIPTUM


  • [1] A. Giordan et A. Golay, Bien vivre avec sa maladie, Lattès, 2013

    [2] A. Giordan, C. Héber-Suffren sd., Savoirs émergents, Ovadia, 2007

    [3] Le mot paraît toujours barbare, bien qu’il soit de plus en plus fréquent. Schématiquement, il s’agit de faire une réflexion sur… Par exemple, l’épistémologie des sciences est une réflexion sur l’histoire, le fonctionnement et la place des sciences. L’épistémologie de soi est une réflexion sur… soi, ce qu’on est, ce qu’on fait, ce qu’on aimerait être…

    [4] Pour nous, ce sera des oranges aux bienfaits d’une activité sexuelle, en passant par la recette de la vraie salade niçoise et la pratique du pilou.

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