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Désert médicaux : accélérons la délégation de compétences
Désert médicaux : accélérons la délégation de compétences
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9 septembre 2014
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Désert médicaux : accélérons la délégation de compétences

Désert médicaux : accélérons la délégation de compétences


 

La rurbanisation n’y fait rien, et bien que l’exode rural se soit essoufflé, voire inversé dans certaines régions, la difficulté est presque partout la même : loin des villes, il reste bien peu de praticiens et d’acteurs de santé, à quelques exceptions près. Des solutions existent, mais elles sont cautères sur jambe de bois tant que le problème de démographie des professions médicales ne trouvera pas sa solution. La délégation de compétences est une piste préliminaire pour pallier cette difficulté.

 

Le stress, ce mal du siècle, est une maladie récurrente des grandes villes et des zones à forte concentration de populations. D’où la tentation de plus en plus forte pour certains de se « mettre au vert », de retrouver la nature, l’espace, et le silence pour restaurer un peu de calme dans des vies agitées. Bien rares sont les citadins qui refusent de céder aux charmes du week-end à la campagne, avec à la clé des dimanches-soirs et des retours plutôt lugubres. La vie en province, excentrée, éloignée, devient une espèce de mythologie du bonheur et de la quiétude pour les citadins, particulièrement les habitants de la grande banlieue parisienne. Mais dans ce paysage idyllique, ils oublient généralement les petits aléas de la vie courante, et les problèmes de santé, ceux qui font que l’on apprécie finalement d’être dans une ville bien dotée, médicalement parlant. La désertification médicale n’est pas un mythe, elle.

Les causes sont multiples : effet de ciseau entre la baisse du nombre de médecins (diminution de « l’offre »), vieillissement de la population (augmentation de la « demande »), absence d’infrastructures suffisantes en dehors des centres urbains (notamment transports et communications pour des populations de jeunes médecins bien plus mobiles qu’avant, à tous les sens du terme), attraits du confort de vie du « salariat » en ville, contre les permanences et parfois les réquisitions dans les campagnes les plus désertées… Les jeunes médecins, effrayés par la charge de travail du médecin isolé et par les difficultés d’une situation qui peut imposer énormément de déplacement, renoncent pour la plupart à s’installer en libéral.

Nombre de solutions sont envisagées par les gouvernements successifs pour mettre un terme à l’aggravation de cette tendance : télémédecine, mutualisation des services dans des maisons médicales, avantages fiscaux et salariaux, délégation de compétences… Concernant cette dernière, le Dr Loïc Etienne suggère « d’instaurer la délégation des tâches médicales pour les actes de dépistage, de prévention, voire plus dans le cadre de la télémédecine. Cette délégation des tâches entrerait dans une politique plus générale de « transversalisation de la santé » ».

Cette délégation est d’ailleurs un passage obligé dans bien des endroits, où seulement quelques professions de santé restent les seuls « prestataires de santé » de proximité. Alors que les généralistes se font de plus en plus en rares, que dire des spécialistes ? Chez un ophtalmologiste, le temps d’attente peut atteindre plusieurs mois pour obtenir un rendez-vous. Mais l’ophtalmo peut compter sur un acteur de proximité : l’opticien, professionnel de santé présent en nombre jusque dans les déserts médicaux identifiés. Acteur de santé publique, l’opticien est parfois le dernier professionnel de santé dans certains villages, raison pour laquelle nombre de chaines d’opticiens ont préféré, au développement international, la densité du maillage territorial national. Mais comme l’opticien peut suppléer sur certains actes l’ophtalmologiste, le pharmacien, pourrait très bien être un recours des médecins généralistes de plus en plus rares par endroit. « La désertification médicale figure parmi les plus grandes inquiétudes des Français. Les pharmaciens, directement impactés par les départs et les non remplacements de médecins, ont tiré la sonnette d’alarme et sont souvent au premier rang pour tenter de trouver des solutions localement » explique-t-on en marge du témoignage d’un pharmacien.

Alors que le débat sur les thématiques de délégation de compétences n’est pas encore clos, il sera temps d’accélérer le tempo législatif, avant qu’une situation déjà dégradée ne devienne problématique pour l’accès aux soins d’une part grandissante de la population.

Philippe Legrand http://fr.linkedin.com/in/philippelegrand1/
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Mots-clés :
Déserts médicaux