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Des lames virtuelles pour un diagnostic rapide à l’AP-HP
Des lames virtuelles pour un diagnostic rapide à l'AP-HP
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16 avril 2012
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Le Webzine de l'AP-HP, 323 articles (AP-HP)

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Des lames virtuelles pour un diagnostic rapide à l’AP-HP

Des lames virtuelles pour un diagnostic rapide à l'AP-HP

Très prochainement, les chirurgiens en train d’opérer pourront en trente minutes avoir les analyses anatomopathologiques même en l’absence d’un médecin pathologiste sur leur site hospitalier. Jusque-là rien d’extraordinaire, sauf que les lames devenues virtuelles seront analysées dans un autre hôpital… Retour sur l’expérience menée au sein des Hôpitaux Universitaires Paris-Sud (AP-HP).

Lors d’une intervention au bloc opératoire, il arrive que le chirurgien ait un doute sur l’étendue d’une lésion à retirer ou sur la nature d’une lésion de découverte préopératoire. Afin de lever ce doute et de guider son geste, il fait appel, en cours d’intervention, à des examens d’anatomie pathologique, examens dits « extemporanés ». Ils consistent à prélever et congeler un échantillon tissulaire, à en faire immédiatement des coupes qui sont colorées et examinées au microscope pour faire le diagnostic des lésions. Une fois cet examen réalisé, les résultats sont transmis au chirurgien qui peut alors poursuivre, modifier ou arrêter l’intervention. C’est pourquoi l’examen doit être réalisé dans les meilleurs délais, de l’ordre de trente minutes.

Un programme d’expérimentation de télépathologie proposé sous l’égide de la Collégiale des Anatomopathologistes de l’AP-HP est en cours de mise en place au sein des Hôpitaux Universitaires Paris-Sud (AP-HP) entre les hôpitaux de Bicêtre et d’Antoine-Béclère en collaboration avec le Professeur Sophie Prévot, PU-PH et chef du service d’anatomie pathologique à Antoine-Béclère. L’objectif de ce programme est de montrer l’équivalence des résultats entre cette organisation en réseau virtuel et l’organisation classique. La prochaine étape de cette expérimentation concerne l’hôpital Paul-Brousse et l’hôpital Bicêtre qui partagent le même service d’Anatomie Pathologique.

L’idée est de faire « comme si » le tissu analysé l’était à Paul-Brousse, mais en réalité, le médecin pathologiste se trouve à l’hôpital Bicêtre, à quelques kilomètres de là. Comment cela est-il possible ?

« Actuellement, les examens extemporanés à Paul Brousse sont réalisés par un technicien et un médecin présents sur place » précise le Professeur Catherine Guettier, PU-PH et chef du service d’anatomie pathologique Paul-Brousse/Bicêtre. Mais d’ici quelques mois, via une caméra et guidé par un médecin présent à Bicêtre, le technicien réalisera le prélèvement, sa coupe et sa coloration avant de numériser sa lame et de l’envoyer par réseau informatique en salle de lecture à Bicêtre ». Là-bas, le médecin pourra naviguer sur de grands écrans, pour examiner la lame virtuelle à différents grossissements, la déplacer, la montrer à des collègues, bref, il pourra la partager avant d’appeler le chirurgien pour lui donner les résultats dans le temps imparti. « Cet outil permettra de maintenir la continuité des soins tout en optimisant le temps médical, ce qui est essentiel dans le contexte actuel de pénurie des médecins pathologistes ; il permettra également un travail collaboratif, le médecin pathologiste n’est plus seul et peut bénéficier de l’appui d’autres collègues pour les examens extemporanés difficiles », ajoute Mme Guettier.

Les premiers essais concluants entre Antoine-Béclère et Bicêtre permettent d’être optimiste pour l’implantation de cette technologie. La suite en 2013.

 Jérémie Bazart

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Hôpital Chirurgie