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Des cancers du côlon humains développés chez la souris pour améliorer les traitements
Des cancers du côlon humains développés chez la souris pour améliorer les traitements
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11 janvier 2012
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Des cancers du côlon humains développés chez la souris pour améliorer les traitements

Des cancers du côlon humains développés chez la souris pour améliorer les traitements

Des travaux de recherche de l’équipe de chirurgie digestive du Pr Marc Pocard à l’hôpital Lariboisière (AP-HP) ont permis de mettre au point un modèle de greffe de tumeurs humaines du côlon chez la souris afin d’évaluer de nouvelles thérapies dans le traitement des cancers coliques à un stade avancé. Explications.

Un des cancers les plus importants en France

Le cancer du côlon touche 40 000 personnes par an. C’est un cancer grave qui nécessite le recours à des traitements lourds : intervention chirurgicale délicate, chimiothérapie prolongée, et dont les chances de guérison sont de l’ordre de 50%. La France figure parmi les pays européens où le taux de survie est un des plus forts, et sa prise en charge y est très bien organisée. La campagne de dépistage a été récemment renforcée, et dans le cas d’une détection positive de sang dans les selles, un examen complémentaire d’exploration directe du côlon est pratiqué, par coloscopie ou par scanner.

Des traitements lourds...

Lorsque le cancer est diagnostiqué, le traitement diffère selon son stade d’évolution. Dans le cas d’une forme localisée avec présence d’un polype anormal, le traitement peut être fait par le gastro-entérologue qui retire simplement le polype dégénéré. Dans le cas où une tumeur plus grosse est identifiée, la chirurgie constitue le traitement de base voire le seul traitement si la maladie reste localisée. Si des métastases sont détectées, en particulier des ganglions prélevés et analysés se révèlent être touchés par le cancer, il est alors préférable de traiter le patient par chimiothérapie pendant 6 mois pour augmenter les chances de survie.

... Au développement des thérapies ciblées

Si le cancer du côlon diagnostiqué à ce stade est aujourd’hui mieux traité grâce à des chimiothérapies plus efficaces, l’apparition des thérapies ciblées dans l’arsenal thérapeutique en cancérologie s’attaquant spécifiquement aux cellules cancéreuses permet une action plus précise avec souvent moins d’effets secondaires pour les patients. De nombreux traitements ciblés sont à l’étude pour les cancers coliques, cependant « il est très difficile pour les industriels de tester ces nouvelles molécules » indique le Pr Marc Pocard, qui précise en effet : « actuellement, nous ne disposons que d’une dizaine de lignées de cellules tumorales dérivées de cancers du côlon et cultivées en laboratoire, ce qui est très insuffisant pour tester les différentes sortes de cancers coliques. De plus, ces cellules reproduisent mal la maladie, une fois injectées chez l’animal. »

Un exemple de recherche translationnelle

Les travaux de recherche à visée translationnelle (destinés à transférer les résultats de la recherche vers des applications médicales au profit des patients), menés de longue date par l’équipe du Pr Marc Pocard, ont permis de mettre au point un modèle de greffe de tumeurs coliques humaines chez des souris, capable de créer chez l’animal un cancer du côlon identique à celui de l’homme. Pour ce faire, des fragments de tumeurs du colon sont prélevés au bloc opératoire, avec l’accord des patients, puis placés dans l’intestin de souris dépourvues d’immunité (ne pouvant donc pas rejeter la greffe). Une fois implantées là où elles sont nées, les tumeurs grossissent en quelques jours offrant ainsi la possibilité de tester des médicaments agissant contre la multiplication des cellules tumorales et leur dissémination (métastases). Les tumeurs sont alors prélevées et analysées pour identifier des marqueurs biologiques, en particulier les gènes, qui sont modifiés par les traitements, dans le but de mieux comprendre leur mode d’action. Également, il s’agit d’affiner les indications thérapeutiques en identifiant des profils de gènes prédictifs de la réponse aux traitements et de l’évolution métastatique. « Les chirurgiens ont ainsi pu donner la possibilité de tester de nouveaux traitements sur un matériel vivant, tout en respectant les règles éthiques pour les animaux, et en espérant aider au plus vite les patients. Les espoirs actuels portent sur la mise au point d’une thérapie ciblée des cancers coliques, adaptée à chaque forme de cancer, afin d’offrir aux patients une thérapeutique alternative efficace, et souvent mieux supportée, dans le traitement des cancers coliques à un stade avancé. Aujourd’hui, plus de 50 modèles de cancers du côlon humains sont développés chez la souris et disponibles pour la recherche pharmaceutique. » souligne le Pr Marc Pocard.

Véronique Dubernard
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