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De l’utilité des lois de bioéthique
De l'utilité des lois de bioéthique
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16 novembre 2010
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Knackie

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De l’utilité des lois de bioéthique

De l'utilité des lois de bioéthique

Il y a dans notre pays (terre de fracture sociale ?) quelque chose qui fait beau, propre et ne sert pas à grand chose : les lois de bioéthique. Ca sert tellement à rien et c’est tellement important qu’au lieu d’être révisées tous les 5 ans comme c’est théoriquement prévu, on les revoit quand on peut, vite fait avant la fin du mandat et on change rien comme ça c’est plus facile.

Alors, je ne vais pas faire un article de fond, la flemme. En gros, et dans le domaine de la reproduction, les lois de bioéthique ça sert à dire : ouh la la, non c'est pas bien de créer un embryon à partir de la fécule de pomme de terre, ça fait des obèses.

Sauf que, nos frontières sont ouvertes et si les enfants carottes sont interdits en France, rien ne m'empêche d'aller m'en faire fabriquer ailleurs et revenir ici me faire suivre. L'Espagne par exemple interdit toute interruption de grossesse (médicale ou volontaire) après 22 SA. On trouve alors quelques couples espagnols chez nous qui contournent leur loi nationnale. De même pour les IVG chez nous interdites après 14 SA et qui vont en Espagne.

Pour avoir une vraie utilité pratique les lois de bioéthiques doivent être réfléchies au niveau mondial. Comme personne n'est d'accord on restreint et on se gratte la tête déjà localement. C'est bien on fait savoir son opinion, mais ça va pas énormément plus loin.

Ainsi dans mon service je vois régulièrement des femmes enceintes grâce à la science, elles sont françaises et ont été faire un tour en Grèce, Espagne, Belgique, République Tchèque... pour avoir un gosse à elle car soit : trop vieille, trop seule, ou trop pas hétéro. En France l'assistance médicale à la procréation s'ouvre aux couples hétéro dont la femme ne va pas au delà de 42 ans. Bien des pays ne sont pas si regardants et quand on reçoit une patiente de 50 ans qui attend des triplés ça fait un peu suer... mais, on les prend en charge. A la limite si les lois de bioéthique voulaient vraiment faire les méchantes on pourrait les renvoyer en ex-URSS hein :-)

Du coup l'éthique, si ce n'est pas mondial, autant que ce soit personnel. C'est bien d'y réfléchir mais personne ne pourra jamais être d'accord, par définition. Ce qui importe c'est de prendre conscience de la valeur des choses. Ainsi, les mères porteuses, grand débat, interdites chez nous. Personnellement je trouve l'interdiction plutôt bien, la femme n'étant pas un utérus sur pattes mais fatalement un jour ça sera autorisé (vu que d'autres pays y sont), ce n'est qu'une question de temps et après tout pourquoi dire non ? Ceux qui en veulent trouveront le moyen d'en avoir, il parait plus enrichissant de réfléchir sur le problème plutôt que d'aboutir à la solution (l'autorisation ou l'interdiction) vu que quoi qu'on décide on pourra toujours contourner... mais au moins si on y a sérieusement pensé quoiqu'on fera ce sera en connaissance de cause.

Ensuite j'ai remarqué que dans le service, le "jeu" quand on voit une patiente ayant eu recours à l'Assistance Médicale à la Procréation étrangère c'est de savoir si c'est parce qu'elle est avec une fille ou non. Franchement je sais pas pourquoi. Mais à chaque fois interne, chef, aides soignantes on m'a posé la question. Et souvent j'ai eu à répondre "Euuh tu sais la femme là, elle a 45 ans, dans sa chambre j'ai toujours vu que ses parents, je pense que c'est surtout parce qu'elle est "vieille" et seule, en tout cas je m'en fout je ne lui ai pas demandé". C'est peut être une coincidence hein, en même temps moi aussi je me pose la question mais c'est parce que j'adore jouer à gay ou pas gay.

Ce qui me rassure c'est que ces patientes sont traitées comme tout le monde et c'est la moindre des choses, même si ça alimente les discussion en salle de repos, au moins c'est ptete plus constructif que le dernier Gala.

L'éthique, c'est donc avant tout quelque chose à partager autour d'un café lorsqu'on n'a plus de magasine people.

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Mots-clés :
Bioéthique