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Création d’un centre de traitement et de recherche sur la maladie d’Alzheimer
Création d'un centre de traitement et de recherche sur la maladie d'Alzheimer
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12 décembre 2012
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Création d’un centre de traitement et de recherche sur la maladie d’Alzheimer

Création d'un centre de traitement et de recherche sur la maladie d'Alzheimer

La ministre déléguée aux Personnes âgées et à l’Autonomie Michèle Delaunay et le directeur général du CHU de Bordeaux Alain Hériaud ont annoncé, lundi 10 décembre, la création d’un centre de traitement et de recherche hospitalo-universitaire sur la maladie d’Alzheimer. Cet EHPAD Alzheimer du CHU de Bordeaux réunira sur un même site, et à proximité immédiate du centre de gériatrie de l’hôpital Xavier Arnozan, des unités prenant en charge des patients dépendants et l’unité de géronto-psychiatrie délocalisée du CHS Charles Perrens. Pour permettre à ce projet de voir le jour, Michèle DELAUNAY a attribué un financement exceptionnel de 1,2 million d’euros.

« Le futur établissement sera un maillon important du parcours de prise en charge des âgés car il sera au cœur d’une filière gérontologique complète de haut niveau, mêlant unités de soins de suite, services de gériatrie, unités de géronto-psychiatrie, et services de soins palliatifs », souligne la ministre.
« Ainsi, un pôle gérontologique hospitalo-universitaire sera constitué dans la capitale Aquitaine, et Bordeaux positionnée comme une ville pilote de la recherche épidémiologique sur le vieillissement et la maladie d’Alzheimer, un domaine où elle s’est déjà illustrée via les cohortes PAQUID et des 3 Cités », se félicite Michèle Delaunay.
« Le CHU de Bordeaux doit devenir un établissement de référence en matière de recherche, de formation et d’évaluation, et le futur EHPAD doit être un centre de ressources pour tous les EHPAD du territoire », estime la ministre.
Au-delà, Michèle Delaunay souhaite que ce projet soit intégré à la création de la grande école de santé publique envisagée par l’université Bordeaux-Segalen, avec l’Institut de Santé Publique Epidémiologie et Développement (ISPED).
"Le projet EHPAD Alzheimer du CHU de Bordeaux constituera un élément important dans la lutte contre la maladie, un lieu privilégié pour permettre à la fois une activité de soins, d’enseignement et de recherche centrée sur la maladie d’Alzheimer." déclare Alain Hériaud, directeur général du CHU de Bordeau.

Ainsi, serait constitué à Bordeaux, de façon inédite en France, un pôle gérontologique doté d’expertises dans les domaines de la santé publique, de la formation, de l’éthique et de la santé durable.

Une reconnaissance de l'excellence de la recherche bordelaise
Le Centre de traitement et de recherche sur la maladie d’Alzheimer réunira sur même site, à proximité immédiate du Centre de Gériatrie de l’hôpital Xavier Arnozan, des unités prenant en charge des patients dépendants et l’Unité de Géronto-psychiatrie délocalisée du CHS Charles Perrens à l’hôpital Xavier Arnozan depuis 2007.
Bordeaux jouit déjà d’une une forte notoriété dans la maladie d’Alzheimer, grâce notamment aux cohortes épidémiologiques PAQUID (1988-), des 3 Cités (1998-) et AMI (2009-) de l’ISPED*/Inserm/CMRR. Plusieurs projets de recherche fondamentale y sont associés depuis 2010. De nombreux contrats industriels sont en cours.
Les projets de recherche menés depuis une dizaine d’années dans le cadre du Consortium Européen de la Maladie d’Alzheimer seront poursuivis. Deux cohortes de patients ont été étudiées pendant 20 et 10 ans et un plan de soins et d’aide a été validé. Une veille qui donné lieu à plus de 100 publications dans des revues internationales. Dans le cadre du plan national Alzheimer, une troisième cohorte de patients récemment diagnostiqués à un stade précoce (MEMENTO), est en cours de constitution avec des thèmes de recherche portant sur le diagnostic précoce de la maladie, les marqueurs biologiques et génétiques, les différentes formes évolutives et les réponses aux traitements.

Un grand essai multicentrique français porté par le CHU de Bordeaux, l’étude ETNA, a permis de valider l’intérêt des thérapies non médicamenteuses telles que la stimulation cognitive individuelle ou en groupe, la thérapie par réminiscence, l’art-thérapie et l’exercice physique au cours de la maladie d’Alzheimer. L’étape suivante que nous prévoyons est d’étudier leur effet en institution sur les troubles de l’humeur et du comportement, ce que l’unité de lieu créée par le projet rendrait possible.

La recherche en soins infirmiers sera également favorisée ainsi qu’une réflexion éthique multidisciplinaire.

Les structures d’accueil et de soins
Dans le prolongement des axes de recherche, les structures d’accueil et de soins ont été organisées pour satisfaire à un double objectif de qualité de prise en charge des patients. Elles s’organisent autour de 4 unités d’hébergement pour les patients Alzheimer, dont une Unité d’Hébergement Renforcé (UHR) pour ceux qui présentent les troubles du comportement les plus dérangeants.
Un Pôle d’Activité et de Soins (PASA) est prévu pour procurer aux patients des activités occupationnelles et des thérapies non médicamenteuses dans la journée. Chaque unité comporte un jardin thérapeutique ; des patios accessibles de l’intérieur séparent les 4 unités. 
Six lits seront réservés à des projets d’hébergement temporaire et un accueil de jour de 6 places permettra d’accueillir pendant la journée des patients vivant à domicile pour soulager leurs familles et soutenir le maintien à domicile.
Le projet prévoit la mise en place d’une équipe pluridisciplinaire bénéficiant d’une formation spécifique et continue.
L’ensemble des unités est relié au Centre de Gériatrie par des passerelles couvertes de manière à ce que les résidents puissent bénéficier du plateau technique du Centre de Gériatrie (radiologie, explorations fonctionnelles, consultations de spécialistes ORL, OPH, odontologie …) et du plateau de rééducation fonctionnelle.
Pour permettre une meilleure insertion de la structure dans le site de l’hôpital Xavier Arnozan et éviter sa marginalisation, une cafétéria et un magasin sont situés à l’entrée de manière à pouvoir accueillir non seulement les familles des résidents mais aussi les étudiants de l’IMS et les autres professionnels qui travaillent sur le site.

Une architecture où dominent le blanc et le bois
« Le bâtiment EHPAD prend la forme de parallélépipèdes minéraux, assemblés de façon à n’en faire plus qu’un. Des volumes simples et blancs, aux percements réguliers. Les maçonneries blanches sont ponctuées de parements en bois qui se retournent en équerre pour former une corniche, brise-soleil au Sud, à l’Est et à l’Ouest, simple couronnement au Nord. Une longue émergence d’une boîte en bois abrite la place du village et la cafétéria. La végétation transperce la nappe horizontale et superpose une dimension domestique et conviviale, à une image volontairement publique et institutionnelle du projet. » R. Boisserie, architecte

Soigneusement pensée pour s’harmoniser avec l’ensemble du site, l’architecture mettra en valeur les espaces boisés et végétaux. Elle tiendra compte des difficultés cognitives de liées à la maladie : orientation, vision, mémorisation et donnera lieu à une évaluation régulière de la qualité de vie des patients et de leurs aidants naturels.

POST-SCRIPTUM

  • Le centre de traitement et de recherche sur la maladie d’Alzheimer
    Données repères
    Maître d’ouvrage CHU de Bordeaux
    Maître d’œuvre Groupement SEG FAYAT Constructeur
    Architectes - Cabinet SEXTANT (Clermont-Ferrand) - AIR Architectes (Bordeaux)
    Budget de l’opération : 8,792 M€
    Financement
    Etat dont ARS 0,8 M€ et Ministère de la Santé 1,2 M€
    Conseil Général 0,65 M€
    Autofinancement CHU 1,672 M€
    Emprunt 4,470 M€
    Budget total filière gérontologique : 21 M€

    Prévalence de la maladie d’Alzheimer
    Avec 35 millions de personnes atteintes dans le monde, la maladie d’Alzheimer est la maladie neuro-dégénérative la plus fréquente. En 2010, en France, 860 000 personnes en souffraient et on estime, qu’en 2020, 2 millions de français seront atteints (source INSERM). L’affection touche davantage les femmes : au-delà de 75 ans, elle atteint environ 20 % d’entre elles pour 13 % des hommes ; et elle affecte 15 à 20 % de la population après 80 ans.

    La maladie d’Alzheimer est une pathologie d’évolution progressive et aléatoire ; les besoins des patients en termes de prise en charge sont donc fluctuants dans le temps et l’entrée en maisons de retraite médicalisées représente une alternative lorsque le niveau de dépendance de la personne âgée augmente (incontinence, troubles psychomoteurs, perte de mémoire, dénutrition,…) et qu’il devient trop difficile, physiquement ou psychologiquement, pour l’entourage, de la prendre en charge.

    Les difficultés du diagnostic et la prise en charge médicale des patients atteints de la maladie d’Alzheimer impliquent une véritable spécialisation du personnel médical et paramédical. De fait, dans des EHPAD (Etablissement d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes) «  non spécialisées », l’insuffisance de formation des professionnels à la prise en charge de patients Alzheimer peut être source de stress, d’épuisement et de tensions.

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